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L?art oratoire maîtrisé
Elle sait parler. Il n?y a pas à dire. Anglais, français, créole, le débit est parfait et charmant. Et dire qu?il s?en est fallu de peu pour que Rakshita Mungur ne puisse pas participer à la Public Speaking Competition étant absente le jour des inscriptions. «Mais mon amie de classe, Rishna, s?est chargée de m?inscrire.» Elle sait que Rakshita raffole de tout ce qui est concours ou débat. Résultat : cette élève de 17 ans, en Form VI au Droopnath Ramphul State Secondary school participe et se retrouve grande gagnante du concours.
La Public Speaking Competition est un événement annuel organisé par la English Speaking Union depuis 1981. Son but est, entre autres, de promouvoir la langue anglaise dans des pays où cette langue n?est pas la plus utilisée. Elle donne aussi l?occasion à des étudiants de plusieurs pays de se rencontrer et d?échanger.
Pour revenir au déroulement de la compétition, Rakshita fait partie des cinq sélectionnées de son collège. Pour les quarts de finale et les demi-finales, les candidats pouvaient s?exprimer sur des sujets de leur choix. Rakshita choisit de parler sur les changements climatiques. Elle s?inspire d?Une vérité qui dérange (An Inconvenient Truth), un film documentaire américain traitant du changement climatique, plus particulièrement du réchauffement de la planète. Al Gore, ancien vice-président des États-Unis d?Amérique et nouveau prix Nobel de la paix 2007, y tient le premier rôle.
Pour la finale, le sujet est imposé. Les huit finalistes avaient deux semaines pour préparer le thème suivant : New Horizons, new frontiers. «Shazia, une autre fille de mon collège faisait aussi partie des finalistes. On n?était pas des concurrentes. Au contraire, on s?est entraidées.» ajoute-t-elle, entre deux questions. Décidément, on a l?esprit de famille au collège Droopnath Ramphul !
Rakshita oriente son thème vers la globalisation. Qui selon elle «élimine toutes les frontières entre les pays tout en ouvrant de nouveaux horizons.» Après l?intervention de chaque candidat, le public a droit à deux questions. Un membre du public voulait savoir si la globalisation amène l?inégalité. Rakshita a su le convaincre du contraire. « Au contraire, la globalisation nous aide à être connectés. Tout le monde est au même niveau. Grâce, par exemple à des organisations telles que les Nations unies ou Amnesty International qui sont concernés par le bien-être dans le monde entier. Chacun se sent plus concerné par son prochain?»
À savoir que les candidats sont jugés sur le contenu de leur texte, leur langage corporel, leur contact visuel, leur voix, car l?usage du micro n?est pas permis. « Il faut aussi être clair dans ses propos. Certains ont eu un contenu trop compliqué. Cela ne sert à rien. Il faut que le public comprenne votre message. Et il faut savoir captiver l?attention du public.»
<I>«La globalisation, nous aide à être connectés. Tout le monde est au même niveau. Grâce, par exemple, à des organisations comme les Nations unies ou Amnesty International.»</I>
Cela, elle dit le devoir à Beena Rahumbux, enseignante de General Paper au collège Droopnath Ramphul et en charge du projet. Et à Philip Wells, poète britannique qui a conduit une série d?ateliers dans le cadre de la compétition Power in the Voice en septembre de l?année dernière.
Parlons du futur maintenant. À la suite de sa victoire à ce concours, la jeune fille s?envolera pour Londres le 2 mai prochain. Pour participer à l?International Public Speaking Competition, qui se tiendra à l?ambassade des Etats-Unis à Londres. Elle défendra toujours le même thème. «Mais, je vais le retravailler et l?améliorer. »
En ce qu?il s?agit du futur un peu plus lointain, elle se voit bien poursuivre une carrière dans la diplomate, étant « passionnée par les problèmes mondiaux». Au fait, beaucoup de choses la passionnent. La littérature, l?actualité, le techtonik, le playstation, la famille. « Je suis très traditionnelle, dans le sens que ma famille passe avant tout.» Son rêve : «réussir dans tous les sens. J?aspire à être une bonne citoyenne, une bonne s?ur, une bonne mère, une bonne fille? »
Et qu?est-ce qu?elle n?aime pas dans la vie ? « L?hypocrisie et la négligence. Il faut toujours faire son travail du mieux qu?on peut.» Faisant référence aux pluies meurtrières de mercredi. «On aurait pu éviter tous ces drames», dit-elle courageusement. Elle n?a pu rentrer chez elle ce jour-là. Elle a dû rester chez sa tante à Khoyratty, parce qu?il n?y avait pas d?autobus pour retourner chez elle à Camp-Ithier.
Convaincue qu?il ne faut «jamais oublier les personnes qui vous ont permis de réussir», Rakshita dédie sa victoire à son grand-oncle, Bhurdwaz, à Santosh Mahadeo, son professeur de General Paper, à ses amis et à sa grande s?ur Vidushi, qui a «toujours été un modèle pour moi. Elle m?encourage à explorer toutes mes qualités, ma créativité?» La grande s?ur a visiblement réussi.
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