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L?argent fait le bonheur
Que c?est rageant ! Toute la nation avait les yeux rivés sur Stéphan Buckland, notre fusée rouge préférée, espérant la fameuse médaille d?or, hier. C?est l?argent qu?a récolté notre sportif de l?année 2005, avec un temps de 20?47? le même que le Jamaïcain Omar Brown.
Battu sur la photo-finish, Buckland n?est, hélas, que deuxième du 200m aux Jeux du Commonwealth 2006. L?île Maurice peut être fière de son gladiateur du sprint mondial, mais il passe tellement, tellement près du Graal (que seul Richard Sunee avait touché en 1998 à Kuala Lumpur) que nous sommes forcément déçus.
Car on savait, on sentait qu?il pouvait y arriver. Tout au long des qualifs, il avait assuré comme une bête, géré comme un pro, et a encore couru comme un champion en finale, dès le départ. L?espoir était grand. Enorme.
Et l?écart entre les deux hommes si infime. Si riquiqui? L?Express de Mangalkhan a fait la course quasi-parfaite. A deux mètres près, comme nous l?a expliqué, hier, Vivian Gungaram, secrétaire de la MAAA (NdlR : voir plus loin).
Et, justement, l?écart quasi-microscopique qui sépare ce jeune prometteur qu?est Brown de Buckland ? désormais considéré comme un vieux briscard du sprint africain ? doit nous remplir de fierté.
Après s?être rapproché sans cesse des podiums aux Jeux olympiques et aux Championnats du monde, il décroche enfin l?argent aux Jeux du Commonwealth et prend sa revanche sur la précédente édition, à Manchester, lorsqu?il s?était blessé en demi-finale.
Hier dans ce chaudron qu?est le Melbourne Cricket Ground, devant 115 000 spectateurs, Stéphan Buckland a prouvé qu?effectivement l?impossible était possible.
L?émotion est forte. Quelque part, au plus profond de chacun d?entre nous, on savait que cette médaille était sienne. Mais, conviction ou pas, cette émotion qui jaillit de tous ceux présents à Melbourne est indescriptible... car une médaille d?argent sur le demi-tour de piste demeure un exploit sans précédent pour l?athlétisme.
L?homme de demain se forge des batailles d?aujourd?hui, dit l?adage. Stéphan Buckland en a connu des batailles. Depuis plus d?une dizaine d?années, il écume les pistes d?athlétisme du monde entier en quête d?absolu : une médaille dans une grande compétition mondiale.
Finaliste aux Mondiaux d?Edmonton en 2001, de Paris en 2003, d?Helsinki en 2005 et aux Jeux olympiques d?Athènes en 2004, Stéphan Buckland n?avait jamais connu le bonheur de monter sur un podium de cette envergure. Mais il n?a jamais baissé les bras, et récolte aujourd?hui le fruit de son travail.
Au-delà de l?aspect sportif de la chose, Stéphan Buckland, à travers cette médaille d?argent, a lancé une fois de plus un message fort à toute l?île Maurice et sa jeunesse, qui connaît une certaine dérive ces derniers temps.
Grâce à notre as des pistes, ils ont la preuve que l?avenir leur appartient, qu?il n?y a aucune limite au rêve et que même les rêves les plus fous finissent par se réaliser. C?est la magie du sport, car il n?a pas fallu de grands discours pour Stéphan Buckland pour transmettre ce message fort à toute la nation mauricienne.
C?est à la force de son caractère de battant, de son abnégation, de sa hargne, de son courage et surtout de cette belle médaille qui scintille au soleil australien qu?il l?a fait. Grâce à des hommes de cette dimension, nous sommes fiers d?être Mauriciens aujourd?hui. Croyez-moi sur parole, dans ces moments-là, l?argent fait le bonheur !
<B>Reynolds QUIRIN </B> <I>(de Melbourne)</I>
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