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L?Architruc à l?heure locale
L?Architruc, la pièce de Robert Pinget, revue et corrigée à la sauce des îles. Voilà ce que proposent le metteur en scène Ahmed Madani et ses comédiens, Erick Isana, de la Réunion, Roméo Hasivelo Légo, de Madagascar et Miselaine Soobraydoo, que l?on ne présente plus, à partir du 3 février.
Un projet aussi étrange et ambitieux que le titre de la pièce. Où comment unir les forces théâtrales de chaque île de l?océan Indien pour monter une pièce que personne n?attendait. ?On est convaincu que l?on tient quelque chose d?exceptionnel et qui va vivre longtemps et au-delà de l?océan Indien?, dit le metteur en scène.
L?Architruc, de Robert Pinget, ?l?Objet Théâtral non identifié?, selon Ahmed Madani. Une pièce aussi loufoque que profonde, sans artifices, sur le sens de la vie et de la mort. Un roi, un ministre, un cuisinier, qui tente de combler le vide et le temps en se distrayant, du mieux qu?ils peuvent, juste pour continuer à vivre. Grave, impertinent, léger, l?Architruc promet de belles surprises.
Cela sent l?onirisme et le grain de folie, les questions existentielles sur fond d?accordéon lancinant. Mieux vaut se préparer dès maintenant à un choc frontal. Objectif Piger Pinget. Son propos, ?ne manque pas de gravité. Mais parfois, plus c?est grave et plus c?est drôle? comme l?explique Erick Isana, qui joue le ministre Baga. Ce dernier, comédien réunionnais est plus connu du public comme un acteur comique et s?investissant aussi dans le théâtre social. De même que Miselaine Soobraydoo, fer de lance de la troupe Komiko à Maurice.
<B>Vraie création</B>
?C?est une grande aventure. Pour moi, c?est la première fois que je change de registre, tout en retrouvant certains ingrédients. J?ai vraiment beaucoup appris de cette expérience?. Les deux comédiens se sont lancés à corps perdu dans cette aventure régionale, et bientôt internationale, interprétant des rôles aux antipodes de ceux qu?ils tiennent habituellement, ?pour démontrer qu?ils sont capables de sortir d?un genre, capables d?une vraie création d?un personnage?, ajoute Ahmed Madani.
Création d?autant plus de composition pour Miselaine Soobraydoo, puisqu?elle interprète, un homme, et pas n?importe lequel, le Roi. Idem pour le musicien malgache Légo, qui joue Le cuisinier et apporte une touche musicale à la pièce. ?J?ai voulu faire quelque chose de nouveau, mélanger les musiques traditionnelles de tout l?océan Indien?.
L?idée étant d?attirer plusieurs types de public à assister à une même représentation, de sortir des clichés dits pièces populaire et pièce intello pour ne créer qu?un seul spectacle, une adaptation d?un auteur jugé inaccessible et la rendre accessible à tous.
<B>Réinventer</B>
En alliant les efforts de chaque île, Réunion, Maurice, Madagascar et Mayotte pour l?assistant metteur en scène Alain Kamal Martial, les artistes réussissent à combiner, talent, ingéniosité, volonté et font s?envoler toutes les contraintes qu?ils rencontrent d?ordinaire. Au final, une création légère comme un soupir, qui s?envolera dans pas longtemps. Chacun a dû inventer, à son niveau pour donner la vie à cette création, démarrée en juin dernier, après une formation de théâtre qui eu lieu à La Réunion et donner aujourd?hui à cette pièce ?du Nord?, un caractère ?du Sud?.
?Pinget aurait sauté au plafond en apprenant que des artistes des îles reprenait sa pièce. Parce que l?on ne s?y attend pas, ça va marcher?, poursuit Ahmed Madani. La pièce prévoit déjà de tourner dans tout l?océan Indien, l?Afrique de l?Est et l?Europe. Grande première, la pièce sera présentée à plusieurs reprises, en français et en créole mauricien. L?Architruc ayant été adapté par l?écrivain Barlen Pyamootoo.
«Ahmed a pris contact avec moi il y a quelques mois. Je connais un peu Pinget, un auteur moins connu que Beckett mais de la même trempe. Je ne connaissais pas L?Architruc, c?est une très belle pièce. Au niveau de la traduction, je n?ai pas eu vraiment de difficultés, sauf peut-être pour le titre, que j?avais traduit en Arsisoz, mais qui n?a pas été gardé pour des raisons techniques».
La pièce coproduite par le Centre Charles Baudelaire, l?Alliance Française et Immedia, sous l?égide du centre dramatique de l?océan Indien et du Téat La Kour, sera présentée les 3, 4, février pour des représentations scolaires en français, le 10 février pour une représentation scolaire en créole. Puis le 5 février, tout public en français, les 6, 11 et 12 février, tout public, en créole.
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