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L?après-Claudette : les Français à l?oeuvre et les Mauriciens au cinéma

10 janvier 2005, 00:00

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L?industrie sucrière fait ses comptes et ses projections. Elle sait avoir perdu 20 000 tonnes de sucre déjà mis en sac et abîmés lors du passage de Claudette. Ce cyclone pourrait, en outre, lui coûter 140 000 autres tonnes. C?est, en effet, le manque à gagner pressenti sur la récolte de 1980. Ces prévisions ne tiennent pas compte, bien sûr, des dégâts que causeront les cyclones diluviens Hyacinthe. Pour l?instant Flore pointe le bout de son nez à 450 milles au nord-est de Saint-Brandon. Et l?on ne sait toujours pas quoi faire, après la rentrée des classes, avec les ?réfugiés de la misère? qui occupent toujours plusieurs salles de classe. Deux bonnes nouvelles pour le sucre. L?espoir renaît après la ratification de l?accord sucrier international par le sénat américain. Le gouvernement de SSR adopte le rapport de René Noël sur la production de l?éthanol. Un quart de siècle après, nous sommes en droit de nous demander à quoi a servi au juste l?adoption de ce rapport. Un peu de poussière en plus au fond d?un placard. Les planteurs veulent bien augmenter leur production vivrière à condition toutefois d?obtenir les terres dont ils ont besoin pour passer à l?action.

Les nuages s?amoncellent à l?horizon de la santé publique : 26 cas de malaria sont détectés à Triolet et trois autres à Port-Louis et à Mont-Ida. Ces cas s?ajoutent aux cas de bilharziose et de lèpre détectés en décembre 1979.

Il faut aussi signaler l?attitude peu honorable de certains Mauriciens. Le titre de l?express parle de lui-même : ?les Français travaillent à l?après-Claudette et les Mauriciens vont au? cinéma !? Des passants se moquent des techniciens à l??uvre à Goodlands pour rétablir la fourniture de l?énergie électrique. Ils n?ont droit à aucune aide de la part des badauds. Ils ont à subir les quolibets des cinéphiles faisant la queue avant d?entrer dans la salle de cinéma King?s.

Il n?y a hélas pas que l?incurie et l?irresponsabilité mauriciennes après Claudette. Il s?agit de fléaux permanents que même un cyclone ne parvient pas à éradiquer. Ainsi au nouveau collège d?Etat aux Pamplemousses, six nouvelles salles de classe ne seront pas livrées à la rentrée de janvier 1980, avec pour résultat que 60 élèves devront se contenter de salles de classe à ciel ouvert et sous un soleil de plomb. Cela n?est toutefois rien par rapport au Registrar Building que la presse gouvernementale elle-même qualifie de ?bâtiment de la honte?. Faute de classeurs et d?étagères, les registres d?état-civil jonchent le sol sur des milliers de pieds carrés et sur un mètre de hauteur.

Et voilà qu?on apprend que Fortification Bridge a besoin de? fortification. Ce pont est construit en 1924 à hauteur de la route Militaire, tout près de la jonction de la route des Pamplemousses et celle menant à la Vallée des Prêtres. Il est en principe interdit à la circulation car il menace de s?effondrer d?une minute à l?autre. Des automobilistes imprudents déplacent les entraves posées par les autorités pour circuler à nouveau sur ce pont en dépit des risques qu?il représente.

Au sein du MMM, les remous, suivant la réaction de Vijay Venkatasamy, continuent à faire des vagues. Le mécontent ferme les portes de son collège, le New Eton, à son parti. Il obtient le soutien de Swalay Kasenally. La presse gouvernementale prend son pied à reprendre une information du très sérieux Times de Londres à l?effet qu?aux Seychelles, un bateau soviétique contient à son bord une cargaison d?armes destinée à la gauche mauricienne. La presse gouvernementale admet que les élucubrations du journal londonien, en date du 22 décembre 1979, pourraient être diffamatoires à l?encontre de Paul Bérenger. Ce dernier se trouve alors à Madagascar avec Kader Bhayat. Amédée Darga est, pour sa part, en France. Ne quittons pas les Seychelles sans faire mention de la présence d?experts chinois venus conseiller nos? dalons en matière d?artisanat.

Terminons par Michel Debré qui insulte les Mauriciens, revendiquant leur possession de l?île Tromelin, en les accusant de se laisser manipuler par des étrangers. Comme si nous avions besoin des Russes, des Chinois ou des Américains pour savoir que le banc de sable de Tromelin fait partie du territoire mauricien, au même titre que les Chagos, Diego Garcia compris, que ces îles aient ou non été submergées et peut-être même anéanties par le raz de marée du 26 décembre 2004.

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