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L?appel d?Istanbul

3 mai 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

par Nazim ESOOF

Un peu plus d?un million de Turcs étaient dans les rues de la capitale turque, Istanbul, pour dire leur refus qu?un musulman pratiquant, de la mouvance islamiste, accède à la présidence de leur pays. En contrepartie, ils disent leur attachement aux traditions laïques du pays. Des pratiques introduites voici dix ans lorsque l?armée avait délogé du pouvoir un président islamiste.

A Maurice, après l?Union chrétienne, la Voix créole, la ?Voice of Hindu?, entre autres, il fallait bien s?attendre à ce qu?un mouvement similaire comprenant des musulmans voit le jour. C?est chose faite désormais avec l?apparition de l?Union musulmane sur la scène des revendications ethniques. Il n?est pas de notre propos ici de juger de la pertinence de l?existence de tels collectifs. Ce sont des individus qui, à tort ou à raison, estiment qu?il faut se regrouper sous une ombrelle ethnique pour défendre les intérêts de leurs communautés.

Mais il est quand même intéressant de relever ce qui constitue leur fond de commerce. Le principal argumentaire s?articule évidemment autour de la question de la sous-représentativité, que dit constater chaque ethnie, au sein de l?emploi public.

  1. Ile Maurice. ?Mauritius Ethnic Incorporated? fait son cinéma. Au sein de toutes les communautés ? les politiques diraient les différentes composantes de la population ? il se trouve des personnages abrasifs qui ont toujours pour ambition de défendre des femmes et des hommes dans leur identité ethnique. De défendre l?idée qu?il faut une représentation proportionnelle au sein de la fonction publique, entre autres. De dire que la République leur doit quelque chose du simple fait qu?ils appartiennent à une communauté. Des individus qui ont fait de la colère et du geignement leur marque de fabrique. Une hargne, une impuissance. Une plainte, du misérabilisme.

L?île Maurice a légitimé depuis longtemps ces acteurs de l?ombre. On les a même recouvert d?un vernis de champions de l?égalité. On s?en accommode. On en a fait une mode. Un code pour des politiques afin de jouer les uns contre les autres. Pourtant le malheur rôde. Il est dans la haine de tous ceux qui récusent la bigoterie, de tous ceux qui n?ont adopté Dieu que dans la transcendance, de tous ceux qui vivent l?absolu sans le mimétisme rituel et de tous qui rejettent ces constructions mentales qui font des relais humains de Dieu des agents de voyages qui promettent un ciel ciselé entre aversion et amour.

C?est dans ce contexte que l?appel d?Istanbul nous vient comme un bouquet de sagesse. Il nous dit que la foi ultime n?est pas soumise aux aléas de la vie publique. Qu?en opérant une séparation de l?état et de la religion, nous mettons en jeu à la fois les convictions religieuses et notre rapport avec la société. C?est une possibilité de réinvention de ce qui fonde notre absolu. Cet appel nous dit que l?acte de recueillement est une bath solitude où Dieu se révèle dans cette pureté qui ne sera jamais souillée par la colère des hommes.

Léger, libéré de son corps, de la matérialité de tous les sentiments, l?homme se laisse dès lors aller à un agréable engourdissement où il s?anéantit dans le souffle de la vie. Délivré de son propre corps, il peut sentir l?illusion de tout son être, cette fugace impression que la vie terreste est dans l?inexistence.

Du virtuel de leur personne, certains ont bâti des volcans de certitudes prêts à éructer des laves de fureur. Certes, il ne sert à rien de se cogner contre le paroi de l?insignifiance si ce n?est pour se rappeler sa propre nullité. Si ce n?est pour contourner la rituelle alchimie des bruyantes bondieuseries.

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