Publicité

L?anthurium dans l?impasse

7 février 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La culture d?anthuriums peut-elle enfin souffler ? L?Agricul-tural Research and Extension Unit (Areu) en est persuadée. Elle estime que la production d?anthuriums s?améliorera cette année, en raison de la levée de l?interdiction sur l?importation de nouvelles variétés. Maurice est la deuxième exportatrice d?anthuriums dans le monde, selon l?Areu, avec une moyenne de 12 millions de tiges par an. Pourtant les producteurs d?anthuriums affichent peu d?enthousiasme. Certains se disent être dans l?impasse.

Le volume de tiges exportées a connu une baisse drastique. En 1995, 16,5 millions de fleurs avaient été exportées alors qu?en 2000 ce chiffre avait atteint 13 millions. Une des principales raisons qui expliquent cette baisse, selon l?Areu, est une maladie dévastatrice, la Xasthomonas campestris pv dieffenbachiae, qui a prévalu depuis 1997 chez la plupart des producteurs. L?indisponibilité de nouvelles variétés, particulièrement en provenance de la Hollande, avait également aggravé la situation.

Après la levée de l?interdiction en décembre 2002, de nouvelles variétés ont été importées de Hollande, sous la forme de plantules cultivées in vitro. Elles n?ont cependant pas pu être mises en terre immédiatement étant donné les mesures strictes de quarantaine imposées par le Plant Quarantine Service du ministère de l?Agriculture. Ce n?est qu?au bout de six mois que les producteurs ont pu redémarrer la production. La plupart des fleurs sont exportées vers la France, l?Italie et le Japon. Une bonne partie est écoulée localement chez les fleuristes, les marchés, les grandes surfaces et les hôtels. Les variétés verte, saumonée, orange, marron, blanche et bicolore sont les plus demandées pour l?exportation. « On peut espérer une amélioration dans la production cette année », affirme Hiranee Gowree-sunkur, Research Scientist à l?Areu.

Pourtant les horticulteurs ne partagent pas l?enthousiasme de l?Areu. Leur réaction est très mitigée. « C?est quelque chose de très positif d?avoir pu lever cette interdiction. Nous n?avons pas eu de nouvelles variétés depuis sept ans. Et ce n?est que dans un an ou un an et demi que nous pourrons récolter les premières fleurs. Difficile de rattraper un tel retard », souligne Christophe Noël, le directeur de Fleurs des Tropiques Export Ltée. D?autres exposent les difficultés auxquelles ils doivent faire face : coûts de production élevés et concurrence féroce de la part des producteurs asiatiques et européens. Parama Mardemootoo, directeur de Florales Production Ltée, affirme que Maurice a perdu depuis longtemps sa place de leader sur le marché. « Le secteur de l?anthurium n?a pas bougé. Maurice n?a pu saisir l?occasion de créer une variété propre à elle, qui aurait pu sauver le secteur. L?anthurium n?est plus viable et c?est malheureux », dit-il avec regret. On ne peut être plus pessimiste?

Publicité