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L?Angleterre peut encore y croire
David Beckham est entré dans l?histoire, mais par la mauvaise porte. Le milieu de terrain du Real Madrid est en effet devenu, hier, à Old Trafford, le premier joueur à se faire expulser deux fois sous le maillot de l?Angleterre.
L?ancien chouchou mancunien a été renvoyé aux vestiaires à l?heure de jeu par l?arbitre espagnol Luis Medina Cantalejo, qui n?a que très peu apprécié sa double faute sur le très rusé Andreas Ibertsberger.
Résultat des courses, l?Angleterre a terminé la dernière demi-heure à dix, ce qui ne l?a toutefois pas empêché de réussir l?essentiel dans son match contre l?Autriche. En s?imposant 1 à 0, but de Frank Lampard à la 25e minute sur penalty, le onze de la Rose s?offre en effet le droit de disputer une « finale » mercredi contre la Pologne, toujours à Old Trafford. Une nouvelle victoire et les protégés de Sven-Goran Eriksson termineront à la première place du groupe 6 et pourront dès lors réserver leur billet pour le Mondial allemand de 2006.
Les Anglais pouvaient même espérer se qualifier tard hier soir en tant qu?éventuels meilleurs deuxièmes de la zone européenne, moyennant toutefois une victoire de la Hollande en République tchèque dans le choc du groupe 1. A l?heure où nous mettions sous presse, ce match n?avait pas encore commencé.
Pour le rendez-vous polonais de mercredi, l?Angleterre récupérera Wayne Rooney, qui était suspendu hier, mais devra maintenant composer sans son maître à jouer David Beckham, lequel sera probablement remplacé par Shaun Wright-Phillips.
Beckham a une nouvelle fois perdu la tête, ce qui aurait pu avoir eu de graves conséquences pour son pays, comme ce fut le cas en juin 1998 à St-Etienne lors d?un sulfureux quart de finale de Coupe du monde face à l?Argentine. Cette année-là, comment l?oublier, l?expulsion de Beckham avait privé les Anglais d?une qualification pour un dernier carré qui leur tendait pourtant les bras, ce qui valut au meneur de jeu mancunien d?être la cible d?une presse britannique déchaînée.
Terry, le maillon fort
Depuis son premier match officiel en 1872, l?Angleterre a vu seulement neuf de ses joueurs se faire expulser, ce qui est quand même plutôt flatteur.
Le maillon fort d?Eriksson, hier, contre l?Autriche aura été John Terry, auteur d?une performance pour le moins exceptionnelle en défense centrale. En petite forme ces dernières semaines, Rio Ferdinand a été laissé comme convenu sur le banc, mais le Mancunien fut toutefois appelé à remplacer le Gunner Sol Campbell, blessé en seconde période. Contre la Pologne, Ferdinand pourrait être associé à Terry.
En milieu de terrain, Frank Lampard s?est pour sa part montré une nouvelle fois digne de sa réputation. Ce n?est d?ailleurs pas un hasard si le maître à jouer de Chelsea s?est vu confier la responsabilité de transformer le penalty de la 25e en lieu et place de Beckham, lequel restait sur trois échecs d?affilée des onze mètres.
L?Angleterre a largement dominé une équipe autrichienne en pleine reconstruction, adepte d?un 4-5-1 qui ne lui sied pas et pâle copie hier de sa glorieuse devancière des années 80, qui dut sa renommée aux joueurs d?exception que furent en leur temps Hans Krankl et Herbert Prohaska.
Si l?Angleterre a produit un jeu d?une qualité appréciable, il est évident qu?elle devra hausser les enchères mercredi si elle ne veut pas se faire surprendre par la Pologne, un adversaire autrement plus crédible que l?Autriche et qui s?est rassuré hier en dominant l?Islande 3-2 en amical.
Sven-Goran Eriksson, qui avait été suffisamment ridicule pour trouver du bon dans l?humiliante défaite concédée en Irlande du Nord le mois dernier, était hier euphorique après la victoire de son équipe : « En seconde période, nous avons défendu brillamment. Je ne me souviens pas avoir vu l?Autriche se procurer ne serait-ce qu?une seule occasion. C?est la victoire d?un collectif », a déclaré le Suédois à la BBC.
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