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L?angioplastie au secours du c?ur

20 février 2005, 00:00

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Allongé sur un lit, entouré d?appareils électroniques, Marc, la quarantaine, est serein. Il a l?impression d?avoir attendu ce moment toute sa vie. Dans quelques minutes, les médecins lui enlèveront littéralement un poids de sa poitrine. Ils vont lui dilater une artère coronaire obstruée par le cholestérol, grâce à l?angioplastie.

Si tout se passe bien, il pourra rentrer chez lui le lendemain et peut-être jouer avec ses enfants. Cela fait longtemps qu?il en rêve? Jusqu?à présent, son quotidien se résumait aux angines de poitrine, essoufflements et sueurs au moindre effort?

Placé sous anesthésie locale, il entend tout ce qui se passe autour de lui. « C?est très important qu?on puisse communiquer avec le patient pendant la durée de l?opération. S?il ressent quelque inconfort, il peut nous le signaler immédiatement », explique le Dr Uday Ramjuttun, directeur de la Cardiac Unit de l?hôpital Candos.

Les médecins s?affairent dans la salle d?opération, appelée « catheter lab ». Dans la salle de surveillance médicale, deux moniteurs reliés au patient, permettent de surveiller son état.

L?angioplastie est une intervention qui consiste à dilater les artères du c?ur sans ouvrir la poitrine. « C?est indolore. On ressent simplement une petite piqûre et puis rien », assure le Dr Ramjuttun.

Après une petite incision dans l?aine ou le bras, le médecin introduit une aiguille dans l?artère pour y insérer un guide. Ce dernier permet d?introduire un cathéter (une sorte de tige creuse), qui sera lentement dirigé vers l?artère du c?ur. La progression du cathéter est suivie sur un écran, jusqu?à ce qu?il arrive à l?endroit voulu. Un minuscule ballon de 2 millimètres, qui se trouve au bout du cathéter, est introduit dans l?artère bouchée. Pour la dilater, le médecin gonfle le ballon.

Le taux de sténose, c?est-à-dire un nouveau rétrécissement de l?artère désobstruée, se situe entre 15 à 20 %. Mais grâce aux progrès technologiques, des stents (ressorts) performants permettent de réduire cette éventualité à 10 %. Le stent va non seulement dilater l?artère du c?ur, mais également l?empêcher de se reboucher. « Il est possible que la présence de ce ressort provoque la formation de caillots. D?où l?importance de prendre les médicaments nécessaires. »

Avant cette intervention, comme c?est normalement la pratique au Centre cardiaque de Pamplemousses ou à la Cardiac Unit de Candos, le patient devra avoir subi une angiographie. C?est un examen qui permet de détecter une artère obstruée en utilisant la même technique que pour une angioplastie. Lorsque le cathéter arrive près du c?ur, un produit de contraste à base d?iode est injecté. Cette solution rend opaque les artères invisibles et permet de voir l?endroit où l?artère est bouchée. Dans les cas urgents, il est possible d?effectuer l?angiographie et l?angioplastie.

L?angioplastie comporte des avantages certains. Elle est moins traumatisante pour les patients. Elle est d?autant plus indiquée quand la maladie se déclare soudainement. De plus, l?âge n?est pas une contre-indication. « Entre des mains expertes, cette opération peut durer entre 15 et 30 minutes. Cela dépend bien entendu de l?état du patient », explique le Dr Oomar Uteem, cardiologue, tout en insistant sur le fait que cette opération comporte des risques. D?où l?importance de s?en remettre à des médecins ayant une parfaite connaissance et une longue pratique de cette technique.

Il y a peu de contre-indications. « La première, c?est l?absence d?indications. Il y a une tendance à effectuer une angioplastie à tout vent, explique le Dr Ramjuttun. Or, il faut qu?il y ait réellement une nécessité. »

L?angioplastie facilite la vie. Mais ce n?est pas une panacée. « Comme toute intervention, cette procédure comporte des risques. Elle doit être utilisée uniquement lorsque les autres méthodes thérapeutiques ont échoué. » Tous les médecins le maintiennent : rien de tel que la prévention.

En chiffres

■ Pour un malade sur trois.

A Maurice, seul un tiers des malades peut espérer bénéficier d?une angioplastie. Les autres doivent se tourner vers le bistouri à cause de l?état de leurs artères, ou vers un traitement médical.

■ 500 interventions par an.

Avec le nombre important de personnes souffrant de maladies cardiovasculaires, la pression est intense au Centre cardiaque de Pamplemousses et à la Cardiac Unit de Candos, où ces soins sont dispensés gratuitement. Il faudrait pouvoir faire 6 000 angiographies par an ; or, on n?en fait qu?un millier à Pamplemousses. Le nouvel appareil d?angiographie de l?hôpital Candos permettra de réduire la pression. Le Dr Ramjuttun prévoit 1 500 angiographies et entre 400 et 500 angioplasties par an.

■ Entre Rs 70 000 et Rs 80 000.

Dans les cliniques, le coût de l?intervention est cher : Rs 20 000 l?angiographie et, entre Rs 70 000 et Rs 80 000 l?angioplastie. Il faut aussi y ajouter, dans certains cas, le prix du stent (afin de diminuer le taux de sténose), dont le prix tourne autour de Rs 40 000. D?où le plaidoyer des médecins du privé pour que le coût de cette intervention soit mieux pris en charge par une assurance médicale.

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