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L?ange gardien des Casernes centrales

10 septembre 2008, 00:00

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«C?est quoi votre ambition ? Devenir chauffeur de taxi ?» s?écrie Gorah Goolamally, à un de ses élèves. Ce dernier, penaud, ralentit mais ne dit rien. Et Gorah Goolamally, plus connu comme Bye Gorah, moniteur d?auto- école depuis presque 40 ans, continue de donner ses instructions au chauffeur en herbe à qui il apprend les préceptes de la conduite.

«C?est une étape très importante, parce que ce que vous leur apprenez va faire toute la différence ; ils deviendront par conséquent de bons chauffeurs dans le futur ou face aux dangers de la route », explique-t-il,

Bye Gorah, qui est aussi le président de l?association des moniteurs d?auto-écoles qui regroupe 140 auto-écoles, règne en maître aux Casernes centrales, qu?il fréquente depuis bientôt 20 ans. Respecté par ses pairs à cause de sa longue expérience ? Bye Gorah est le seul moniteur qui a été qualifié en tant que driving instructor en Grande- Bretagne où il a pratiqué pendant une vingtaine d?années avant de retourner au pays. Le président de l?association des moniteurs d?auto-écoles, n?a pas sa langue dans sa poche.

Il reproche constamment aux officiers de la Traffic Branch leurs manquements, tout comme il reproche à ses élèves les leurs. «On demande aux élèves d?être professionnels mais j?attends la même chose des examinateurs» (NdlR : les policiers). Bye Gorah raconte un incident qui s?est passé il y a une semaine.

«Un des examinateurs demande à l?élève d?un autre moniteur de prendre ma voiture pour passer l?épreuve de la marche arrière. Imaginez ma surprise quand je vois une dame que je ne connais pas en train de conduire ma voiture. Entre-temps, mon élève ? un homme - est en train d?attendre. Ce qui me pousse à conclure que l?examinateur ne sait pas lire une plaque d?immatriculation, il ne sait pas faire la différence entre un homme et une femme et il ne sait pas lire les noms des candidats. Et après, ils se permettent de faire la leçon à nos élèves ! dit le moniteur, excédé.

«Le parc automobile augmente de 5 % chaque année mais les routes restent inchangées. 160 personnes sont tuées chaque année sur nos routes mais on refuse de moderniser, d?améliorer les infrastructures .»

Et les élèves, Bye Gorah en a eu beaucoup ! Invité à faire une estimation de leur nombre, il hausse les épaules. «Je ne sais pas ; il y a en a eu tellement !» Mais il estime cependant le chiffre à «plus de 2000».

Des gens qui deviennent des statistiques alors que pendant plusieurs mois, une relation de confiance se développe entre le moniteur et son élève. «C?est encore plus vrai quand vous avez des élèves qui n?ont aucune notion de la conduite. Il faut alors gérer leurs appréhensions, les rassurer ; c?est important de bien faire ce travail parce que vous êtes en train de leur donner une éducation qui leur servira leur vie durant et qui fera toute la différence sur la route.»

Ne se lasse-t-on pas de répéter la même chose chaque jour ? «Mais chaque élève est différent et c?est là où l?aptitude du moniteur à transférer sa connaissance à son élève entre en jeu», explique-t-il. Et contrairement à ce que les machos avancent, les femmes ne conduisent pas moins bien que les hommes, dit Bye Gorah.

«Les hommes apprennent plus vite mais les femmes sont plus prudentes ; malheureusement, c?est cette prudence qui cause parfois des accidents car elles ont tendance à trop se concentrer sur leurs voitures et ne pas penser assez aux autres automobilistes», explique Bye Gorah.

Le vétéran qu?il est, est désespéré quand il voit la façon dont certains automobilistes conduisent : «Je ne dirai pas que la majorité des conducteurs sont mauvais mais leur problème, c?est un manque de manières. Et les manières, vous ne pouvez pas l?apprendre aux gens malheureusement !» dit-il, en hochant la tête.

Est-ce vrai que les gens ont toujours leurs «lisans dan lenvlop ? » Bye Gorah esquisse un de ses rares sourires. «Non. C?est malheureusement une perception qui a la vie dure. 90 % de mes nouveaux élèves me demandent toujours si je peux les aider à obtenir un permis facilement. Et je m?évertue toujours à expliquer que mon rôle n?est pas de les faire avoir un permis mais de leur enseigner comment conduire. L?octroi des permis, c?est le département de la Traffic Branch».

Mais tous les moniteurs ne pensent de la même façon ? « Pas les moniteurs officiels. Mais il y a trois fois plus de moniteurs marrons que de moniteurs légaux et beaucoup de problèmes viennent de là », explique-t-il.

S?ensuit une longue liste de griefs contre le système, les routes et les autorités. «Le parc automobile augmente de 5 % chaque année mais les routes restent inchangées. 160 personnes sont tuées chaque année sur nos routes mais on refuse de moderniser, d?améliorer les infrastructures etc », regrette-t-il.

Un moniteur qui se soucie de vous : qu?y a-t-il de mieux ?

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