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?L?Amérique doit conduire le monde?, affirme Bush
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?L?Amérique doit conduire le monde?, affirme Bush
?Tyrannie?, ?liberté?, ?idéologie de la terreur?, les mots habituels y étaient mais pas le ton. Comme s?il avait pris la mesure des réalités, le président George Bush a prononcé, mardi un discours programme assez éloigné des discours sur l?état de l?Union des années précédentes.
Les commentateurs avaient prévu que, dans un contexte de déficit budgétaire et de stagnation en Irak, le président s?en tiendrait à des généralités sur le rôle de l?Amérique dans le monde, ce que le sénateur démocrate Charles Schumer avait appelé la ?valse de George Bush?, composée de ?platitudes et d?idéaux élevés?.
Ils ne se sont pas trompés. En lieu et place de la révolution, promise en 2005, par exemple, du système des retraites, le président a lancé des idées plus modestes ? l?amélioration de l?enseignement scientifique pour faire pièce à la concurrence de l?Inde et de la Chine, l?interdiction de toutes les formes de clonage, une mesure susceptible de ravir la base chrétienne conservatrice.
<B>L?appel de l?histoire pour délivrer les opprimés</B>
Mais il n?en a pas moins défendu bec et ongles sa stratégie ?internationaliste?, n?hésitant pas à se placer, à l?occasion, dans la ligne soutenue en leur temps par le président Abraham Lincoln ou le leader noir des droits civiques Martin Luther King. ?Allons-nous faire demi-tour ou terminer correctement ?? a-t-il demandé.
Alors que les démocrates lui reprochent de précipiter le processus électoral au Proche-Orient avant même d?y avoir établi la stabilité, George Bush n?a rien concédé sur le fond : pas question de se satisfaire du ?faux confort de l?isolationnisme?, qui finit dans ?le danger et le déclin?. L?Amérique doit ?conduire? le monde. C?est un impératif de sécurité.
?L?alternative au leadership américain, c?est un monde beaucoup plus dangereux et anxieux.? Selon lui, l?Amérique doit donc continuer à ?agir hardiment en faveur de la liberté?. Comme en 1945, quand elle a libéré les camps de la mort, elle doit accepter ?l?appel de l?histoire pour délivrer les opprimés?. La moitié du monde vit en démocratie, a-t-il dit. ?Nous n?oublions pas l?autre moitié, dans des pays comme la Syrie, la Birmanie, le Zimbabwe, la Corée du Nord et l?Iran parce que les exigences de justice et la paix du monde requièrent aussi leur liberté.?
Le succès du Hamas aux élections palestiniennes n?a pas changé ses vues. Simplement, a-t-il dit, si les élections sont ?vitales?, elles ne sont que ? le commencement?. Il faut aussi un ?État de droit? qui ?protège les minorités?.
George Bush a épinglé l?Égypte et l?Arabie saoudite pour leur timidité dans les réformes. Le gouvernement du Caire ?devrait ouvrir des voies pour une opposition pacifique qui réduira la séduction du radicalisme?, a-t-il conseillé. Quant à l?Arabie saoudite, elle a ?fait les premiers pas de la réforme?. Reste à les ?accentuer?.
Sur l?Iran, le président n?a pas été aussi tranchant que les néoconservateurs le souhaitaient. Il a clairement réaffirmé son opposition à un Iran doté de l?arme nucléaire, en estimant que la ?communauté internationale ne doit pas le permettre?.
Parallèlement, il a lancé un appel très direct à l?opposition iranienne, mais n?a pas assorti son discours de mises en garde. ?Il y avait quelque chose de retenu, a commenté l?éditorialiste Thomas Oliphant, du Boston Globe. Rien qui se rapprochait du langage passé sur le changement de régime.?
Sur l?Irak, Bush a répété qu?il ne pouvait s?engager sur une date de retrait, mais qu?un repli soudain ?abandonnerait nos alliés à la mort et à la prison?. L?Amérique n?a pas le choix : ?Nous devons tenir notre parole.? Et, a-t-il ajouté : ?Nous sommes en train de gagner.?
À quelques minutes du début de son discours, la militante pacifiste Cindy Sheehan, la mère d?un soldat tué en Irak, a été arrêtée dans l?enceinte même du Capitole. Elle avait été invitée par une représentante de Californie. La police lui a reproché d?arborer un t-shirt provocateur. Il portait le chiffre 2 245, le nombre de morts de la guerre depuis mars 2003.
La principale annonce a été dans le domaine de l?énergie. Le pétrole est comme ?une drogue? pour l?Amérique, a dit George Bush, qui a fixé comme objectif une réduction de 75 % des importations du Moyen-Orient d?ici à 2025.
Corine LESNES
© 2006 Le Monde News Service.
Distribué par The New York Times Syndicate</B>
TERRORISME
<B>Le numéro deux d?Al-Qaida menace les Etats-Unis
■ Le numéro deux d?Al-Qaida, Ayman Al-Zawahiri, est apparu dans un enregistrement vidéo diffusé par la chaîne qatarie Al-Jazira. Dans le document vidéo, Al-Zawahiri, vêtu de blanc sur un fond noir, s?adresse directement à la caméra. La vidéo est diffusée avec des sous-titres en anglais. Le bras droit d?Oussama Ben Laden y traite le président américain George Bush de ?boucher? et menace les Etats-Unis d?une nouvelle attaque. Il souligne que les Etats-Unis ont ignoré l?offre de trêve lancée le 19 janvier par le chef d?Al-Qaida. Parlant avec force et colère, il déclare : ?Le lion de l?islam, le cheikh Oussama Ben Laden, que Dieu le protège, vous a offert une issue décente... Mais vos dirigeants, qui sont portés à accumuler les richesses, insistent pour vous jeter dans des batailles et à tuer vos âmes en Irak et en Afghanistan et, que Dieu le veuille, sur votre propre territoire.?Dans cette vidéo, Al-Zawahiri affirme aussi avoir échappé à un raid américain le visant au Pakistan. ?Les avions américains ont lancé un raid contre le village de Damadola (...) sous prétexte de vouloir me tuer ainsi que quatre de mes compagnons.? ?Le monde entier a découvert l?étendue des mensonges américains et de leur déroute?, affirme-t-il dans ce message. ?Je mourrai de la manière que Dieu aura décidée [pour moi], mais si mon heure n?est pas encore arrivée, ni toi ni aucune force sur terre ou même tous les humains ne pourraient l?avancer d?une seconde?, lance-t-il à George Bush.
?Bush, sais-tu où je me trouve ?? ajoute-t-il. ?Je suis parmi la foule des musulmans, jouissant de leur appui, leur attention, leur générosité, leur protection et leur participation au djihad jusqu?à ce que nous vous vainquions avec l?aide et la force de Dieu?, assure le numéro deux d?Al-Qaida. Le 13 janvier, une attaque aux missiles ? attribuée à la CIA bien que Washington n?en ait pas officiellement revendiqué la responsabilité ? avait détruit plusieurs maisons du village de Damadola, dans le nord de la zone tribale pakistanaise, à quelques kilomètres de l?Afghanistan. Selon des sources proches de la CIA citées par des médias américains, le raid visait Al-Zawahiri, mais avait fait officiellement dix-huit morts parmi les villageois et déclenché une vague de manifestations anti-américaines dans tout le Pakistan.
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