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L?amour du fait maison

27 octobre 2008, 01:00

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C?est dans les livres de comptabilité que la Curepipienne Priscille Desvaux de Marigny, 37 ans, née de Fondaumière, avait entrevu sa vie professionnelle. Cela explique pourquoi, elle s?est rendue en Afrique du Sud pour se spécialiser en comptabilité à l?issue de son cycle secondaire au collège de Lorette de Curepipe et qu?elle ait travaillé pendant plusieurs années à la Compagnie d?exportation agricole.

Mais au fur et à mesure qu?elle a avancé, cette femme, mariée à Gilbert Desvaux de Marigny, directeur financier, et mère des petits Damien et Ugo, 12 et 10 ans respectivement, s?est rendue compte que c?est au contact des gens aimant faire bonne chère, comme elle d?ailleurs, qu?elle préférait être.

Elle a donc pris de l?emploi au sein du département marketing et administration du fournisseur de vins Noscana. «Michel et Sébastien Leclézio, les propriétaires de Noscana m?ont vite communiqué leur passion au plaisir de la table», raconte Priscille Desvaux de Marigny. Lorsque cette entreprise a été rachetée par la sucrerie Médine, elle a été prêter main forte à Philippe et Anne Leclézio, propriétaires de «Les Gourmandises d?Anne» et du restaurant «La Flore mauricienne» à Port-Louis.

Basée dans ce dernier établissement cité, Priscille Desvaux de Marigny a vraiment découvert sa voie dans le service traiteur.

Elle y serait probablement restée si Françoise Boullé, nièce d?Olga d?Arifat, fondatrice du restaurant La Potinière, qui était en quête d?une retraite bien méritée, ne lui avait proposé de racheter ce restaurant curepipien qui a bâti sa réputation sur son soufflé de palmiste aux crevettes, sur sa pintade au champagne et sur son dessert appelé le bougrement bon.

Priscille Desvaux de Marigny a repris La Potinière le 1er juillet dernier. «J?ai dit oui pour plusieurs raisons», explique Priscille Desvaux de Marigny. Il y a d?abord le fait que feu son père, Robert de Fondaumière, a toujours caressé le rêve de devenir restaurateur un jour mais la mort lui a enlevé ce plaisir alors qu?il n?avait que 51 ans. «Quelque part, je voulais lui dédier cette reprise». Ensuite, ajoute-t-elle. «C?était une occasion qu?on ne retrouve pas tous les jours. La Potinière est synonyme de qualité et de traditions et je veux que cela reste ainsi car aujourd?hui, la cuisine a tendance à s?égarer.» Elle veut dire par là que la tendance culinaire de nos jours est à la modernité.

«Tous les gratins, les soufflés, les recettes de grands-mères, en d?autres termes, le cachet fait maison, va rester. Et pour pousser plus loin dans le côté traditionnel,
j?ai embauché un pâtissier qui fera nos propres petits-pains maison, nos amuse-gueules, mignardises, gâteaux d?anniversaire et autres recettes d?antan».

Pour ne pas faire comme tous les autres, elle entend conserver le côté traditionnel européen et mauricien qui prévalait déjà à La Potinière et qu?elle a affiné avec l?apport d?un pâtissier. «Tous les gratins, les soufflés, les recettes de grands-mères, en d?autres termes, le cachet fait maison, va rester. Et pour pousser plus loin dans le côté traditionnel, j?ai embauché un pâtissier qui fera nos propres petits pains maison, nos amuse-gueules, mignardises, gâteaux d?anniversaire et autres recettes d?antan».

Mais elle ne va pas se reposer sur ces acquis ayant fait les beaux jours de La Potinière depuis 40 ans. Elle veut dynamiser la carte et attirer une clientèle jeune en lui proposant de découvrir des mets en accord avec des vins, «sans qu?ils aient besoin de dépenser une fortune», précise-t-elle.

Jusqu?à présent, La Potinière tourne à 75% avec son service traiteur. Priscille Desvaux de Marigny veut faire en sorte que le restaurant fonctionne tout aussi bien. Par conséquent, elle a embauché Jean-Claude Supparayen, qui a une longue expérience dans l?hôtellerie, pour la remplacer en tant que manager des opérations lorsqu?elle ne pourra être présente. Et pour attirer les cadres travaillant dans les Plaines-Wilhems à midi et les personnes qui n?ont pas forcément envie de déguster des plats cuisinés, elle va proposer un menu fraîcheur comprenant des grillades, des pâtes et des salades.

La nouvelle carte de La Potinière qui fait l?équilibre entre le traditionnel et la nouveauté, entrera en vigueur à la mi-novembre. Dans les années 70, rappelez-vous, l?acteur Peter Wingard et feu sir Gaëtan Duval s?étaient fait refouler de ce restaurant parce qu?ils n?étaient pas en tenue de ville. «Le port de la cravate n?est certes plus d?actualité mais je tiens à ce que La Pôtinière conserve son côté chic».

La concurrence ne fait pas vraiment peur à cette jeune femme qui aime l?authenticité. «On gagne la bataille de la concurrence en persévérant dans la qualité et en misant sur la simplicité?»

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