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L?ambassade de France s?interroge sur l?orientation économique du pays

17 février 2006, 00:00

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Le chef de la mission économique de l?ambassade de France à Maurice, Eric Noitakis, semble perplexe, voire sceptique, face à l?orientation de la politique économique du pays.

Dans un éditorial qu?il signe dans L?Echo des Iles, une lettre d?information économique sur Maurice, les Seychelles et les Comores, Eric Noitakis, note d?abord que des réformes profondes visant, entre autres, à pallier l?insuffisance de productivité de la main-d??uvre et son manque de flexibilité, se font attendre. ?De même, l?ouverture tant prônée de l?économie à la main-d??uvre étrangère afin de compenser la pénurie temporaire d?expertise qualifiée a été totalement occultée?, déplore le conseiller économique de l?ambassade de France. Or ces réformes sont très attendues par les opérateurs économiques tant locaux qu?étrangers?, précise-t-il.

Selon lui, l?appel du Fonds Monétaire International (FMI) pour des réformes en profondeur ?a été partiellement entendu par le ministre des Finances?.Rama Sithanen s?attelle en priorité à la réduction du déficit budgétaire et à la diversification du tissu économique du pays ?tout en écartant pour le moment toute idée de lancement de grandes réformes de fonds?, poursuit Eric Noitakis.

Ce dernier s?interroge d?ailleurs sur les chances de succès de la stratégie de diversification économique prônée par le ministre des Finances et qui vise à atteindre des taux de croissance supérieurs de 7 à 8 % dans trois ans. ?Si Maurice n?a pu maintenir de tels taux de croissance pendant que les régimes des préférences lui étaient totalement favorables (jusqu?à fin 2004) comment pourrait-il mieux réussir maintenant qu?ils se diluent considérablement et sans réformes de fonds?, s?interroge Eric Noitakis.

Par ailleurs, le chef de la mission économique estime que l?énergie dépensée par Maurice pour défendre les régimes préférentiels pour le sucre et le textile aurait été plus utilement utilisée si elle avait été consacrée à la recherche active de vraies solutions pour ces secteurs.

<B>Réveil brutal</B>

?L?énergie dépensée par les Mauriciens tout au long de l?année écoulée (NdlR : l?année 2005) à mener un combat d?arrière-garde visant à maintenir coûte que coûte des régimes préférentiels en faveur du sucre et du textile a été en grande partie peine perdue?, estime Eric Noitakis.

Cette approche défensive a surtout eu pour résultat que la recherche et la mise en ?uvre de solutions alternatives telles que la diversification ont été reléguées au second plan.

Le chef de la mission diplomatique de l?ambassade de France rappelle que les principaux indicateurs économiques du pays se sont dégradés en 2005. Se référant aux observations négatives de Moody?s et du FMI, Eric Noitakis déclare que le réveil a été brutal en début d?année pour le pays.

Moody?s avait revu à la baisse les perspectives concernant les notations du pays. La note sur le risque-crédit était passée de ?stable? à ?négatif ?. Pour sa part, le FMI avait exhorté le gouvernement à engager immédiatement des réformes en profondeur notamment concernant les lois du travail et le système de pension.

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