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L?Algérie vit au rythme de violences quotidiennes

20 août 2004, 20:00

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Le nouveau chef d?état-major de l?armée, le général Salah Ahmed Gaïd, qui a pris ses fonctions début août, estime que le combat contre le terrorisme constitue toujours la priorité des forces armées.

Malgré un imposant quadrillage sécuritaire, renforcé pour la période estivale, les violences sporadiques se poursuivent en Algérie, faisant chaque mois des dizaines de victimes, tant parmi les forces de l?ordre et les islamistes armés que la population civile.

Faux barrages sur les routes, assassinats et attentats à l?explosif continuent, bien qu?ils aient diminué par rapport aux années précédentes. Les forces de sécurité sont régulièrement engagées dans des opérations de ratissage contre les maquis islamistes encore actifs.

Selon un décompte établi d?après des bilans officiels et de presse, 330 personnes ont été tuées dans les violences en Algérie depuis le début de l?année.

Le nouveau chef d?état-major de l?armée, le général Salah Ahmed Gaïd, qui a pris ses fonctions début août, estime que le combat contre le terrorisme constitue toujours la priorité des forces armées. «Il ne subsiste plus que des groupuscules réduits au brigandage et à la rapine, de plus en plus insignifiants, mais encore capables de nuisance contre nos populations isolées et sans défense», a-t-il déclaré à ses troupes, leur demandant de «redoubler d?efforts» pour «éradiquer définitivement ce fléau».

Les islamistes armés, dont les effectifs ont fondu sous l?effet de l?offensive militaire et de la politique de réconcilation nationale du président Abdelaziz Bouteflika, offrant une amnistie aux islamistes repentis, donnent néanmoins toujours du fil à retordre aux autorités.

<B>SUR LA ROUTE NATIONALE 5</B>

Dans plusieurs régions, plus particulièrement la Kabylie, à l?est d?Alger, des éléments du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), le mieux structuré et le mieux armé des mouvements islamistes algériens, entretiennent toujours l?insécurité, malgré un déploiement sécuritaire massif.

Installés dans les endroits reculés des vastes massifs montagneux et forestiers des régions de Tizi-Ouzou (120 km à l?est d?Alger) et Boumerdès, ils continuent à lancer des attaques sporadiques et à perpétrer des assassinats, n?hésitant pas à porter des coups jusque sur la route nationale 5, principal axe routier, très fréquenté, entre la capitale et l?est du pays.

Une vingtaine d?entre eux, portant des uniformes des forces de sécurité, ont ainsi dressé un faux barrage il y a une semaine, en début de soirée, et abattu deux personnes, dont un militaire, à une cinquantaine de kilomètres d?Alger. Sur cette même route, où deux gendarmes avaient été égorgés le 14 juillet, un groupe armé a également mitraillé une patrouille de gendarmerie, faisant deux blessés, alors que la circulation était particulièrement dense, avec de nombreux estivants.

<B>CRAINTE SUR ALGER </B>

Des explosions de mines et d?autres engins ont fait plusieurs victimes ces dernières semaines en Kabylie et dans la région côtière de Jijel, à 350 km à l?est d?Alger, où trois agents de sécurité privés ont été tués dans une embuscade.

Appuyée par des hélicoptères, l?armée a mené en juillet des opérations de ratissage dans la région de Boumerdès et celle, voisine, de Zemmouri, où plus d?une dizaine d?islamistes armés ont été tués.

Redoutant un nouvel attentat dans la capitale, la police y a renforcé ses effectifs, effectuant des contrôles routiers incessants aux entrées d?Alger et sur ses principales artères. Cette mesure a été prise après un attentat au véhicule piégé, revendiqué par le GSPC, contre la plus importante centrale électrique d?Alger, qui avait fait onze blessés le 21 juin.

Fin juillet, la sûreté d?Alger a annoncé avoir abattu, dans les faubourgs est de la capitale, deux islamistes armés qui projetaient «d?entreprendre des actions criminelles en milieu urbain».

Depuis, la police a installé des caméras à Alger pour surveiller les points stratégiques, tenter d?empêcher toute tentative d?attentat, et lutter contre les vols et agressions, en nette augmentation. ■

<B>Dans le désespoir ils se suicident </B>

Signe évident d?un profond malaise social en Algérie, le suicide est devenu, depuis une dizaine d?années, un véritable fléau qui touche notamment les jeunes et suscite l?inquiétude des parents et des spécialistes. Il n?existe pas de statistiques officielles sur le suicide dans ce pays mais la presse rapporte quasi-quotidiennement des cas de jeunes de 16 à 30 ans qui se sont donné la mort. La Kabylie, région pauvre et montagneuse, s?y taille la part du lion, avec plus d?une quarantaine depuis le début de l?année, selon des journaux. ■

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