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Lakshmi Mittal continue sa tournée

3 février 2006, 20:00

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Les dirigeants de Mittal Steel ont poursuivi jeudi leur tournée européenne pour expliquer leur projet d'offre sur Arcelor mais l'opposition politique à ce projet ne faiblit pas. Le P-DG du leader mondial de l'acier, Lakshmi Mittal, et son fils Aditya, directeur financier, ont rencontré à Madrid le ministre espagnol Pedro Solbes, qui a fait savoir qu'il alignerait sa position sur celle de la France et du Luxembourg.

Ces deux derniers ont exprimé leur hostilité à l'offre bien que la France ne soit pas au capital d'Arcelor contrairement au grand-duché, qui a 5,62 %. La région wallone n'a pas encore fait connaître sa position sur le sort de sa participation de 2,3 %.

La Commission européenne a fait savoir que ses pouvoirs étaient limités à l'aspect légal dans ce dossier.

A Paris, le ministre français de l'Economie et des Finances, Thierry Breton, a cherché à corriger l'impression de ses premières déclarations sur l'offre, la presse étrangère comme les milieux d'affaires y ayant vu une forme de nationalisme.

Il a assuré jeudi que l'affaire serait tranchée par les actionnaires et a affirmé que son traitement du dossier n'avait «rien à voir avec l'Inde», d'où est originaire la famille Mittal. Il a également dit sur Europe 1 ne pas avoir demandé aux banques de chercher un «chevalier blanc» pour Arcelor.

L'après-midi au Sénat, Thierry Breton a déploré qu'il n'y ait pas de projet industriel. «Dans ce combat qui est engagé, car il s'agit d'un combat puisqu'il a été déclaré hostile par l'une des parties prenantes, je rappelle qu'in fine ce seront les actionnaires qui décideront lorsqu'ils auront j'imagine connaissance du projet, projet que nous ne connaissons pas à ce stade comme je l'ai rappelé et je m'en suis un peu étonné».

La cible d?une offre

Il a redit son étonnement de voir Mittal lancer une OPA hostile «sans avoir pris le temps préalable, comme c'est la coutume dans la quasi-totalité des grandes affaires, et bien de se parler et de voir effectivement si ceci peut créer dans l?intérêt de toutes les parties prenantes une situation positive et favorable. Je pense évidemment aux actionnaires mais je pense aussi aux salariés, je pense aux clients, je pense à tous ceux qui sont concernés par cette affaire».

Lakshmi Mittal a déclaré à Madrid qu'il n'avait pas l'intention de relever le partie cash, qui ne représente que 25 % total, le reste étant en actions. «Nous n'avons aucune intention de faire ça», a-t-il dit. «Nous pensons que c'est une proposition très attrayante».

Il a également rejeté l'idée qu'il s?agisse d'une offre faite par une société étrangère sur une entreprise européenne. «C'est une fusion entre deux sociétés européennes, pas avec une société étrangère», a-t-il assuré. Du côté des chefs d?entreprise, Serge Tchuruk, président d'Alcatel, a jugé de son côté «parfaitement normal» qu'une entreprise européenne puisse être la cible d'une offre.

«Je crois que nous sommes dans une économie de marché et qu'il faut l'accepter comme tel. Quand on fait des offres publiques ailleurs, on peut imaginer que la contrepartie existe pour la France», a-t-il estimé jeudi soir sur LCI.

«Nous sommes dans un marché ouvert. Je n'ai pas à me prononcer sur l'approche particulière de Mittal en ce qui concerne Arcelor mais je trouve que le phénomène est parfaitement normal», a-t-il ajouté.

Une source proche de Mittal a déclaré à Reuters que le groupe devrait déposer dans les jours qui viennent auprès des autorités de régulation concernées le prospectus de son offre.

Le numéro un mondial de la sidérurgie les a déjà informées par une note de son intention de leur adresser le document, a-t-on ajouté de même source. Mittal Steel doit déposer son prospectus auprès des autorités de marchés belges, luxembourgeoises, françaises, néerlandaises et espagnoles en raison des cotations multiples des deux groupes.

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