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L?accord de paix affronte ses premières épreuves
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L?accord de paix affronte ses premières épreuves
L?heure de vérité a sonné en Côte d?Ivoire, coupée en deux depuis la tentative de coup d?état de septembre 2002. Dans la foulée de l?accord de Pretoria (Afrique du Sud), signé le 6 avril entre rebelles et loyalistes, une hypothèque capitale sur le chemin de la paix devait être levée, mercredi 13 avril, avec, selon des sources politiques ivoiriennes, l?annonce par le médiateur de la crise, le président sud-africain Thabo Mbeki, de sa décision concernant les conditions d?éligibilité à la présidence de la République ivoirienne.
Après avoir consulté le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, et le président de l?Union africaine (UA), le chef de l?Etat nigérian Olusegun Obasanjo, le médiateur va, conformément à l?accord de Pretoria, jouer les arbitres et trancher une querelle qui empoisonne la vie politique ivoirienne depuis des années. On saura alors si Alassane Ouattara, principal opposant au régime, pourra ou non se présenter à l?élection présidentielle prévue à la mi-octobre.
Il semble acquis que Thabo Mbeki va donner son feu vert à la candidature de Ouattara, ancien premier ministre du président Houphouët-Boigny, malgré l??ivoirité douteuse? qui serait la sienne, à en croire le camp du président Laurent Gbagbo. En pratique, le président sud-africain devrait annoncer que tous les responsables politiques ivoiriens signataires des accords de paix de Pretoria ou de ceux antérieurs bénéficient d?un droit incontestable à se porter candidat à l?élection présidentielle. Une autre astuce aboutissant au même résultat consisterait, pour le médiateur, à valider la candidature de Ouattara en s?appuyant sur une lecture libérale de l?article 35 de la Constitution, récemment modifié. De par son statut, Mbeki a la possibilité d?imposer son point de vue et de bloquer une interprétation restrictive de l?article par le Conseil constitutionnel, tout dévoué au président Gbagbo. Une autre échéance pour un règlement pacifique de la crise ivoirienne doit avoir lieu le lendemain, jeudi 14 avril avec, sauf contre-ordre, la rencontre à Bouaké.
A l?ordre du jour de la réunion, à laquelle assisteront le premier ministre ivoirien et des représentants de l?ONU : la remise en route du processus de Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), qui accuse plus d?une année de retard. Plus de 10 000 personnes sont concernées côté rebelle.
L?affaire est d?importance, notamment pour le régime du président Laurent Gbagbo, qui a fait du DDR son cheval de bataille et voit dans le démantèlement et le désarmement des rebelles le prélude à une réunification du pays sans laquelle il est vain d?espérer organiser une élection présidentielle.
Mais le processus ne concerne pas uniquement ceux qui se revendiquent des Forces nouvelles. Il touche aussi les groupes paramilitaires et les milices qui fleurissent à Abidjan, et davantage encore dans l?ouest de la Côte d?Ivoire, où ils jouent le rôle de supplétifs de l?armée régulière.
<B>Signaux contradictoires</B>
Il s?agit maintenant d?observer comment vont être accueillies les premières retombées pratiques du sommet de Pretoria, notamment par les éléments les plus radicaux de l?entourage présidentiel, à même de faire descendre dans la rue des dizaines de milliers de ?jeunes patriotes?. Depuis le retour de Laurent Gbagbo de la capitale sud-africaine, ils observent unsilence inhabituel. C?est vrai, en particulier, du président de l?Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly, et des meneurs des ?jeunes patriotes?. Le seul a s?être exprimé est le ?maréchal? Eugène Djoué, qui dénonce ?un accord aussi flou et bidon que les autres?.
Sur le terrain, les signaux sont contradictoires. Plus de 200 miliciens proches du régime ont quitté, mardi, leurs positions autour du principal émetteur de la radio- télévision à Abidjan. Ils l?ont fait en présence du chef d?état-major, le colonel-major Philippe Mangou.En revanche, quelques heures auparavant et à quelques centaines de kilomètres de là, d?autres ?jeunes patriotes? ont bloqué un convoi de soldats français de ?Licorne? qui quittait le port de San Pedro. Pour éviter un face-à-face dangereux, les militaires ont regagné leur base.
<B>Jean-Pierre TUQUOI</B> <I>© 2005 Le Monde News Service-Distribué par The New York Times Syndicate
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