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L?accord de Genève bénéfique pour Maurice
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L?accord de Genève bénéfique pour Maurice
Maurice peut pousser un soupir de soulagement. C?est en ces termes que le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Jayen Cuttaree, a résumé les retombées de la réunion du conseil général de l?Organisation Mondiale du Commerce (OMC) qui s?est achevée le week-end dernier.
De retour à Maurice après une longue semaine à Genève, Jayen Cuttaree, lors d?un point de presse, s?est dit satisfait que toutes les préoccupations de Maurice ont été prises en compte dans l?accord cadre issu de négociations ardues. Les intérêts du sucre et du textile ont été préservés.
Mais la plus grande satisfaction du ministre est que les discussions à Genève ont pu aboutir à un accord cadre. Le doute et le suspense ont duré jusqu?à la dernière minute. Les différences sur l?agriculture ont failli tout faire capoter.
L?échec de la réunion du conseil général de l?OMC aurait remis aux calendes grecques le cycle de Doha et l?avenir même de l?OMC. Le système multilatéral aurait été sérieusement remis en question. Dans un tel scénario les petits pays comme Maurice auraient été les grands perdants. La multiplication des accords de libre-échange entre les grandes nations industrielles et entre les grands pays en développement illustre, à elle seule, le risque de marginalisation des petits pays.
Selon Jayen Cuttaree, les initiatives de Maurice ont été ?décisives? pour faire progresser les discussions sur le dossier agricole et celui des tarifs industriels. La contribution mauricienne a été saluée par plusieurs acteurs clés de l?OMC, dont Supachai Panitchpakdi, le commissaire européen au commerce, Pascal Lamy, et son homologue américain, Robert Zoellick. Les représentants de pays tels la Nouvelle Zélande, le Canada, la Suisse et le Brésil ont aussi salué les initiatives de Maurice, poursuit le ministre Cuttaree.
L?accord cadre obtenu à Genève contient des provisions concrètes qui défendent les intérêts commerciaux et économiques du pays. Ainsi, au chapitre des questions de développement, le concept des petites économies vulnérables est pour la première fois reconnu. Mieux l?accord demande même l?élaboration d?un programme spécifique visant à aider cette catégorie de pays à intégrer le système commercial multilatéral. Ce programme devrait tenir compte des contraintes des petites économies comme Maurice, notamment, en termes de capacité de production.
Cette proposition avait suscité des oppositions même parmi le groupe africain et aussi de la part de certains pays d?Amérique latine mais elle a été finalement retenue. ?Nous avons eu à nous battre pour avoir cela?, commente Jayen Cuttaree.
Pour ce qui est des tarifs industriels, le résultat des négociations est également à la satisfaction de Maurice. L?objectif était d?empêcher une baisse généralisée des tarifs qui aurait affecté les industries d?exportation comme les industries locales tout en réduisant les revenus fiscaux.
A un moment donné, l?OMC voulait accélérer l?abolition des tarifs sur des catégories précises telles que le textile, la maroquinerie ou le thon ? la proposition Girard. Cette approche sectorielle est encore d?actualité mais il appartiendra à l?ensemble des pays membres d?identifier les produits où on pourra adopter cette approche.
Préférences vitals pour Maurice inclues
Par ailleurs, le ministre note avec satisfaction que l?on a pu inclure la question des préférences commerciales vitales pour Maurice dans le texte de l?accord de Genève. ?A Cancun, personne ne voulait entendre parler des préférences commerciales, cette fois on a pu intégrer un paragraphe entier dans le texte?, déclare Jayen Cuttaree.
L?accord cadre ?reconnaît les défis auxquels sont confrontés les pays bénéficiaires de préférences commerciales non-réciproques et demande au groupe de négociation de prendre cela dûment en considération et les besoins des pays concernés.?
Pour ce qui est de l?agriculture aussi, le texte adopté à Genève est favorable aux intérêts de Maurice. La question de la compatibilité du Protocole sucre avec les règles de l?OMC semble avoir été réglée. L?accord cadre ?reconnaît pleinement l?importance des long-standing preferences?. De plus, il ajoute que la question de l?érosion des préférences sera résolue. ?Avec ce paragraphe le protocole sucre devient compatible avec l?OMC.?
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