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L?abstention pèse sur l?élection présidentielle
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L?abstention pèse sur l?élection présidentielle
C?est tout d?abord la première fois qu?un nombre aussi grand de candidats sont autorisés à concourir par le tout-puissant Conseil des gardiens de la Constitution, chargé d?éliminer les postulants jugés «islamiquement non conformes» .
Cet éventail de choix devrait avoir pour conséquence une dispersion des voix, notamment dans le camp conservateur, aux différents étages duquel appartiennent cinq des sept candidats et malgré le retrait annoncé, mercredi soir, de l?un d?entre eux, Mohammed Rezaï, ancien chef du corps des Gardiens de la révolution.
Ceux qui s?en détachent sur l?échiquier politique, Ali Akbar Hachémi Rafsandjani et Mostafa Moïn, se situent, le premier dans une sorte de centre pragmatique et le second du côté des partisans des réformes.
L?indécision et le dépit de nombreux Iraniens, à quelques heures du scrutin, contribuaient également à brouiller les projections. Ayant vécu au cours des huit dernières années une forme limitée d?alternance au sein de l?exécutif, avec l?accession à la présidence de la République, en 1997 et pour deux mandats consécutifs de quatre ans chacun, du réformateur Mohammad Khatami, de très nombreux Iraniens, jugeant le système politique bloqué par son mode de fonctionnement, n?excluent pas de s?abstenir.
Au point que les réformateurs eux-mêmes ont été saisis de doutes quant à l?opportunité de maintenir un candidat en lice, dans la mesure où ils sont, d?une part, conscients du dépit général et que, d?autre part, ils n?ont pu maintenir l?un de leurs candidats dans la course que par le fait du prince.
<B>Un sens des réalités</B>
C?est en effet l?ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême de la République islamique, qui a ordonné le «repêchage» de deux réformateurs, dont Moïn, éliminés par le Conseil des gardiens de la Constitution. Leurs états d?âme ont fini par déboucher sur la décision de concourir, avant que l?un des deux candidats repêchés ne décide de se retirer de la compétition. Un seul est finalement resté dans la course.
Dès l?âge de 16 ans, tout Iranien, homme ou femme, est électeur, et un peu plus de la moitié de la population a moins de 35 ans. L?incertitude qui plane sur le taux de participation, en particulier des électeurs proréformateurs, est grande. Prévu très bas il y a quelques jours encore, ce taux risque d?être relativement honorable, selon certains observateurs du cru, qui constatent un léger frémissement en faveur d?une participation plus importante de l?électorat réformateur, celui-là même qui avait assuré la victoire, à deux reprises, du président sortant. Ces observateurs se fondent sur les résultats des plus récents sondages qui, bien qu?il soit difficile d?en mesurer le sérieux, placent Moïn au deuxième rang des candidats préférés des Iraniens, l?ancien président Rafsandjani arrivant régulièrement en tête.
Outre les amis de Khatami, dont il est le candidat, Moïn s?est allié officiellement à deux mouvements interdits mais dont l?existence est plus ou moins tolérée, selon la conjoncture : le Mouvement de libération de l?Iran de feu le premier premier ministre de la République islamique, Mehdi Bazargan, et le mouvement dit des Forces nationales et religieuses.
L?alliance avec ces deux mouvements, qui contestent le principe du wali-e-faqih, c?est-à-dire de la suprématie du Guide, qui est au fondement de la République islamique, est porteuse d?un message : elle signifie que Moïn est déterminé à faire preuve d?une plus grande audace que le président sortant, auquel les électeurs reprochaient une certaine pusillanimité.
Toutefois, une partie des électeurs réformateurs déçus estimant désormais que le candidat Rafsandjani possède un sens des réalités plus aigu à leurs yeux que les doux rêveurs réformateurs, la carte n?en est que plus brouillée encore. Toujours selon les mêmes prévisionnistes, aucun des candidats ne franchirait la barre des 50 % au premier tour. Un deuxième tour, le 24 juin ou le 1er juillet, apparaît probable.
<B>@ 2005 Le Monde
Distribué par The New York Times Syndicate</B>
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