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L?absence d?arguments de Dharam Gokhool

3 février 2006, 20:00

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par Patrick HILBERT

Si effectivement le gouvernement veut faire marche arrière sur l?atroce formule qu?il s?apprêtait à appliquer, c?est un geste qui s?applaudit. Reconnaître ses torts est une qualité incontestable.

Un système élitiste, tel que pratiqué dans le passé, consiste à donner toute l?attention à ceux qui ont les meilleures aptitudes à mémoriser des sujets, laissant sur la touche ceux qui ont des difficultés d?apprentissage. Or, la pédagogie moderne veut que ce soit ces derniers qui bénéficient de l?accompagnement nécessaire. La notion de compétition telle que nous l?avons connue est totalement dépassée.

Tant que nous parlerons d?élitisme et de forte compétition sur les bancs de l?école, ceux qui suivent difficilement n?auront d?autre choix que de regarder le train passer, comme au temps du «ranking». Le développement global de l?enfant restera également exclu de notre système éducatif.

Ce «grading» revisité et la création de neuf collèges nationaux ? si cette formule reste ? corse un peu plus les règles du jeu. A l?époque du ranking, qui jouissait du surnom fort mérité de «rat race», les «bons collèges» offraient 4 000 places pour les meilleurs du CPE. La présente formule de M. Gokhool n?en offre que 1 260.

Mais bon, faire partie de «la crème de la crème», cela se mérite. Il faut cravacher dur pour mériter sa place ! D?ailleurs, le gouvernement n?avait-il pas indiqué dans son programme électoral qu?il allait introduire une forme de compétition dans l?éducation. Ce que le ministre de l?Education feint cependant de ne pas comprendre, c?est que compétition rime avec exclusion.

Dans une classe l?on ne peut se consacrer à la fois aux meilleurs en espérant les propulser parmi les 1 260 élus et aux «autres». De manière naturelle, l?on crée une éducation à plusieurs vitesses qui est cruellement injuste.

Si le ministre Gokhool ne se trouve pas, ou très peu, d?alliés pour défendre sa réforme actuelle, c?est bien parce que celle-ci ne répond ni de près ni de loin à ce que l?éducation devrait être. D?ailleurs, l?on n?a pas encore entendu Dharam Gokhool avancer publiquement des arguments de poids pour défendre son projet. Devant les syndicalistes qu?il avait réunis jeudi après-midi, il n?a pu convaincre personne.

Et pour cause. Il est difficile de défendre ce qui n?a pas de sens. Lorsque même la Commission des droits des enfants, un organisme des Nations unies, dit « être inquiet que la réforme proposée puisse introduire un élément de classification injuste dans l?accès aux collèges nationaux à travers un pointage élevé (high cutt-off mark)», il y a peu de choses à ajouter.

Au lieu de «viser à favoriser l?épanouissement de la personnalité de l?enfant et le développement de ses dons et de ses aptitudes mentales et physiques, dans toute la mesure de leurs potentialités», comme le stipule la Convention des Nations unies relative aux droits de l?enfant, la réforme actuelle aura un résultat contraire. Plus que jamais, l?école de Gokhool divise dans tous les sens du terme. Et il faut en tirer leçon...

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