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L?Abolition vue par les artistes

3 février 2006, 20:00

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Au travers des différentes expositions proposées, l?on ne peut que constater qu?il ne s?agit pas d?une simple commémoration. Les sentiments sont très forts lorsqu?il s?agit de la question de l?esclavage et les artistes en témoignent en même temps qu?ils inspirent à la réflexion.

«Pour beaucoup, rien n?est véritablement aboli, tant que l?on souffre encore des séquelles de l?esclavage», dit Faizal Dilloo, du collectif R-Zot. «De nos jours, on entend encore parler de souffrance, de cicatrice jamais refermée, de réparation? C?est tout cela que l?on a essayé de mettre en image».

Une trentaine d??uvres du collectif R-Zot exposées au Caudan jusqu?à demain, vient confirmer ce sentiment. En effet, les tableaux et installations proposés par R-Zot, sont généralement sombres et inspirent la souffrance.

Regards tournés vers la souffrance

Encore des chaînes et des grilles, personnages enfermés, prisonniers de leur condition et de leurs sentiments. «Le 1er février, ce n?est pas une fête, je ressens beaucoup de tristesse,» poursuit le jeune artiste. Idem dans les autres expositions organisées en marge du 171e anniversaire de l?Abolition de l?esclavage. Si l?on fête la liberté, les regards des artistes sont encore tournés vers la souffrance

Au Musée de Port-Louis, jusqu?au 15 février, les sculptures miniatures sont aussi portées sur les séquelles et les souffrances de l?esclavage. Les statues, peintures, sont encore prisonnières de chaînes ou barreaux, ancrées à un sol qui n?est pas le leur. Partout, le fer est enchaîné, le bois est coupé avec violence.

Quant aux rares mains tendues, elles cherchent une identité, cherchent à comprendre. Mais n?ont rien trouvé encore.

L?espoir, la réussite, le rêve, vient d?ailleurs, de l?ombre du hall du théâtre de Port-Louis, où se tenait cette semaine une exposition sur Martin Luther King. Histoire d?un homme et d?un rêve.Une exposition proposée par l?ambassade américaine, sur la vie, l??uvre et le legs du révérend King, leader dans la lutte pour les droits civiques et espoir, exemple.

A Rose-Hill, à la Galerie Max Boulé, l?artiste peintre et sculpteur Jocelyn Louise propose une exposition en demi-teinte, un exposé de fer et de bois, dur et doux, selon la matière et les mots choisis. Amers souvenirs et scènes de vie du temps de l?esclavage, jusqu?au 8 février.

A Curepipe, à la Galerie Malcolm de Chazal revient sur l?histoire de l?esclavage à travers les âges, à travers une série de posters qui parlent des conditions de vie, simples, difficiles, atroces, de tous les esclaves de l?histoire.

S.K.

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