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La « bombe sale » est à la portée d?Al-Qaïda

28 novembre 2004, 00:00

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Enrayer la prolifération de composants et de technologies permettant la fabrication d?armes de destruction massive s?avère de plus en plus difficile et la multiplication des sources d?approvisionnement possibles fait que la confection d?une « bombe sale » radioactive est à la portée d?Al-Qaïda et d?autres groupes, affirme un rapport de la CIA (Agence centrale de renseignements) au Congrès américain.

Rendu public le 23 novembre, ce rapport, que l?Agence est tenue de transmettre au Parlement deux fois par an, résume les informations disponibles au cours du second semestre 2003. Il indique que l?exploitation de documents obtenus en Afghanistan à l?été 2002 permettent de penser que le réseau Ben Laden possède « les moyens rudimentaires de fabriquer des agents moutarde, sarin et VX » et qu?il est « intéressé » par des procédés de dispersion de matériaux radioactifs, ou « bombes sales ». « La construction d?une bombe sale est à sa portée, les matériels radiologiques nécessaires à sa fabrication étant relativement faciles à acquérir auprès de sources industrielles ou médicales », affirme le rapport.

« Al-Qaida a conduit des recherches sur des agents biologiques, ajoute la Centrale. Nous croyons que le programme d?armes biologiques d?Al-Qaida est principalement concentré sur l?anthrax pour une attaque massive, bien que le groupe cherchera plus vraisemblablement les moyens de produire et d?utiliser d?autres agents biologiques dans des attaques à plus petite échelle. »

La CIA insiste sur la facilité croissante avec laquelle, selon elle, on peut aujourd?hui se procurer le savoir-faire et les matériaux nécessaires pour confectionner des armes de destruction massive.

« Alors que les technologies applicables aux armes nucléaires, biologiques, chimiques et aux missiles balistiques sont de plus en plus accessibles à travers le monde, de nouvelles sources d?approvisionnement sont apparues, qui rendent encore plus complexes et difficiles les efforts engagées pour enrayer leur prolifération. »

Cette accessibilité accrue fait que, « techniquement », un État qui voudrait aujourd?hui se doter de l?arme nucléaire « pourrait être en mesure de produire du matériel fissile suffisant et de le militariser », relève l?Agence.

Les fournisseurs de technologie preoccupant

Le rapport affirme en particulier qu?à côté des États traditionnellement « proliférants », « les fournisseurs commerciaux de technologie ? civil et militaire -? qui cherchent systématiquement à contourner les régimes de contrôle des exportations pour approvisionner en équipements et matériels utilisés dans les armes de destruction massive des pays aspirant à en fabriquer sont aussi un grave sujet de préoccupation.»

La CIA relève d?autre part que l?Iran « continue vigoureusement de chercher à produire des armes nucléaires, chimiques et biologiques. » Quant à l?Irak, l?agence reconnaît ne pas être « encore en mesure de tirer des conclusions complètes ou définitives sur l?étendue du programme d?armes de destruction massive d?avant-guerre. »

2004 Le Monde ? AFP Distribué par The New York Times Syndicate

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