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La vérité sur les Rs 1,5 milliard de la MCB

10 mars 2005, 00:00

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Le voile commence à se lever sur l?allégation d?une fraude de Rs 1,5 milliard qui aurait été commise à la Mauritius Commercial Bank (MCB) au détriment de 16 clients, selon le leader de l?opposition Navin Ramgoolam.

Il s?agirait, selon de sinformations qui commencent à se préciser, d?un passement d?écriture pour contourner le credit ceiling imposé alors par la Banque de Maurice. Entre 1987 et 1991, la Banque centrale, dans le cadre d?une politique monétaire très stricte, imposait aux banques des plafonds au-delà desquels elles ne pouvaient continuer à prêter à leurs clients.

Le système établissait aussi des limites de crédit à ne pas dépasser pour chacun des principaux secteurs de l?économie : agriculture, sucre, industrie, tourisme, zone franche et ainsi de suite. Ce système rigoureux de gestion monétaire souffrait toutefois d?un manque de transparence dans la méthodologie pour la détermination du credit ceiling pour chaque banque.

A la MCB, on subodore que ce système a été accessoirement utilisé pour favoriser une autre institution bancaire. Il se peut effectivement que la MCB ait par un jeu d?écriture débité les dépôts de certains clients pour pouvoir faire des prêts à d?autres. La MCB pourrait arguer que, si cette pratique a existé, c?était pour être en mesure de pouvoir continuer à financer les projets de ses clients.

Dans ce cas, son tort serait d?avoir contourné une directive de la Banque de Maurice. Elle serait alors aussi à blâmer pour avoir commis ces jeux d?écriture à l?insu de ses clients. ?Si cela est vrai, personne n?a été lésé dans l?opération. L?argent n?a pas été détourné et volé comme cela a été le cas pour les dépôts du National Pensions Fund (NPF). L?argent n?a pas disparu. Ce n?était probablement qu?un jeu d?écriture. Les clients dont les dépôts auraient été utilisés ont retrouvé leur argent?, explique un proche du dossier.

Toujours est-il que, selon les rares privilégiés qui ont eu entre les mains le rapport de N?Tan Corporate Advisory, ce système a pu servir de modèle au détournement des dépôts du NPF. Le système a été perfectionné avec des couches d?office cheques qui étaient éclatés en plusieurs autres chèques et versés sur des comptes multiples.

Lors de sa Private Notice Question (PNQ) de mardi dernier, Navin Ramgoolam avait allégué, qu?outre le détournement des fonds au préjudice du NPF, une autre ?fraude massive? aurait été perpétrée à la MCB. Le montant ?exact? de la malversation s?élèverait à Rs1516480810. Il avait soutenu que ce scandale concernait les comptes de 16 clients de la banque. Cette ?fraude massive? aurait été révélée par le cabinet singapourien N?Tan Corporate Advisory, avait-il ajouté.

Jeudi, la Banque centrale a déclaré, par voie de communiqué, qu?elle n?a pas connaissance d?autres cas de malversations ou de détournements que celui figurant dans le rapport N?Tan, cabinet qui enquêtait uniquement sur les dépôts du NPF.

Le chef du gouvernement, Paul Bérenger, a pour sa part donné la réplique au leader de l?opposition samedi en arguant qu?il n?y a eu aucune autre plainte pour vol ou transaction frauduleuse à la police, sauf l?affaire MCB-NPF. Il laisse tout de même entendre que Navin Ramgoolam a pu donner, de bonne foi, une interprétation erronée à ce qu?il a pris pour un détournement de Rs 1,5 milliard. Affirmant avoir bien observé Navin Ramgoolam lors de sa PNQ, Paul Bérenger juge que celui-ci ?li ti paret krwar dan se ki li ti pe dir? mais que par ?naïveté? ce dernier a fait des allégations ?graves et irresponsables?.

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