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La visite de Sir Geoffrey F. Clay conseiller agricole à Londres

12 décembre 2004, 20:00

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Sir Geoffrey Clay, K.C.M.G., O.B.E., conseiller agricole du secrétaire d?Etat anglais aux Colonies, arrive à Maurice par l?avion d?Air France du 26 novembre 1954. Le lendemain, il visite le département de l?Agriculture en compagnie du Liaison Officer, le Dr Edgar Millien. Le 29 novembre, il visite le MSIRI, l?usine à maïs et la station expérimentale de Richelieu. Il séjourne à Maurice jusqu?au 9 décembre et aura le temps de visiter les principales installations agricoles des secteurs privé et public. Âgé de 59 ans, il a servi successivement en Ouganda, au Tanganyika, au Nigeria, en Rhodésie du Nord (Zambie), au Nyassaland, en Corée pour le compte des Nations Unies et enfin à Londres. Le nouveau directeur de l?Agriculture, M. N. Lucie-Smith, est à Maurice depuis le 22 novembre 1954. Il nous arrive de la Côte d?Or (aujourd?hui Ghanna).

Sir Geoffrey Fletcher Clay est né en 1895. Il fait ses études au Bury Grammar School dans le Lancashire ainsi qu?aux universités de Cambridge et d?Edimbourg. Il vient à Maurice pour étudier les moyens d?organiser les recherches et les travaux agricoles sur une base plus moderne et plus performante. Il est favorablement impressionné par le niveau d?excellence atteint par les services agricoles mauriciens et plus particulièrement, par les progrès réalisés par l?industrie sucrière. Le début de mécanisation des travaux agricoles dans les champs de cannes à sucre lui paraît particulièrement prometteur. Les investissements conséquents dans l?achat de bulldozers puissants et modernes rapporteront de gros dividendes à l?avenir. Il est d?avis que le sucre produit à Maurice se compare favorablement à celui des meilleurs pays producteurs. Les Mauriciens ont d?autant plus de mérite qu?ils doivent cultiver la canne sur des terres rocailleuses et vallonnées. Il ne pense pas que l?érosion des sols constitue une menace particulière à Maurice.

Les possibilités d?exporter le thé de Maurice le surprennent agréablement. Il le déclare comparable aux meilleurs thés ex-Ceylan. Le prix du thé sur le marché mondial est plutôt élevé et prometteur en cette fin d?année 1954. Il est moins loquace en ce qui concerne le tabac produit à Maurice. Cette industrie souffre d?une variété de feuilles trop restreinte. Il recommande la variété Virginie qui doit progressivement remplacer les tabacs de moindre qualité.

La surpopulation oblige les Mauriciens à transcender une production sucrière pourtant excellente pour ne pas dire optimale. Il y a encore de la place pour un surcroît de perfectionnement grâce à une amélioration des fertilisants. Il est possible de cultiver un plus grand choix de légumes et en plus grandes quantités. Maurice dépendra toujours toutefois d?une part d?importation pour combler ses besoins en denrées alimentaires.

Bickramsingh Ramlallah interroge le visiteur venant de Londres sur les hectares occupés par les chasses de cerfs. Il répond que toutes les terres ne conviennent pas à la culture de la canne. Il est bon que des terres marginales soient ainsi judicieusement utilisées à l?élevage du cerf. En revanche, il recommande la plantation de fourrage sur les pas géométriques le long du littoral. Il s?étonne de l?absence de culture d?agrumes à Maurice. Les cyclones et le coût du fret ne permettent pas aux Mauriciens de concurrencer le Cameroun et les Antilles en matière d?exportation de bananes. Alfred North-Coombes intervient alors pour préciser qu?avant la guerre mondiale 1939-45, Maurice parvenait à exporter une partie de sa production de letchis et de mangues. Depuis 1946, celle-ci suffit à peine à la consommation locale. M. N. Lucie-Smith partage cet avis et souligne que le principal obstacle au développement agricole et industriel de Maurice est son éloignement des grands marchés de consommation européen et nord-américain.

Le rapport du département de l?agriculture pour l?année 1953 indique que 766 arpents sont occupés par le tabac, dont 605 pour la seule variété Amarello. La production s?élève à 495,6 tonnes de feuilles. La manufacture des cigarettes utilise 390,9 tonnes de feuilles locales et 151,6 tonnes de feuilles importées. Le tabac produit et importé est vendu à la B.A.T. sauf 396 kilos réservés aux malades mentaux de Barkly. ( N.B. cet asile recevra le nom de Brown-Sequard en 1957). Les planteurs reçoivent Rs 3.68 par kilo d?Amarello et Rs 3.92 par kilo de Virginie.

Voici, par ailleurs, d?autres nouvelles et informations d?il y a un demi-siècle, car relevées sans les journaux de novembre et de décembre 1954. Me Rampersad Neerunjun, O.B.E., est nommé juge puîné. Il succède à ce poste au juge Georges Espitalier-Noël qui fait valoir ses droits à une retraite bien méritée. Me Neerunjun est né le 15 août 1906. Il est called to the Bar en 1929. Il est nommé magistrat de district en 1937. Il est nommé substitut au procureur général en 1949. Il conservera ce poste jusqu?au retour du chef juge vers juin 1955.

Hommage à Robert Edward Hart

Le mardi 23 novembre 1954, le secrétaire colonial, Robert Newton, explique la raison du double hommage rendu, le 6 novembre, à Robert Edward Hart. La nouvelle du décès du grand poète parvient aux MBS (Mauritius Broadcasting Services) sept heures plus tard, soit à 16 heures. Le directeur prie aussitôt Louis Leconte de rendre l?hommage dû à l?auteur du Mémorial de Pierre Flandre, sans savoir que son collaborateur, Max Moutia, entreprend une démarche similaire auprès de Joseph Le Roy. Les conférenciers ayant tous deux été mis à contribution à la demande des MBS, ces derniers peuvent difficilement faire autrement que de leur permettre de passer sur leurs ondes. Il ne s?agissait en aucun cas d?un hommage officiel. Newton est sûr de pouvoir compter sur l?indulgence des membres du conseil législatif pour comprendre ce qui s?est passé, certain qu?il est que tous regrettent autant que lui la disparition prématurée de ce distingué poète et écrivain. Les MBS sont aussi en présence d?une requête d?un programme radiodiffusé, consacré à l??uvre de Hart. Ce programme est en cours de préparation. Il sera diffusé à la fin de décembre 1954 ou au début de 1955.

J. Edouard Tarby, garagiste, avise le public que son garage est transféré au No 58 de la rue Mère-Barthélemy, Port-Louis, tout près du Cinéma des Familles. Son travail demeure soigné et ses prix modérés. Il obtient l?autorisation du conseil municipal d?abattre un mur se trouvant sur son terrain à la rue Mère-Bathélemy.

Après sept ans d?absence, M. H. Chan Pong, fils de l?industriel port-louisien bien connu, rentre au pays comme chirurgien-dentiste. Diplômé de l?université d?Edimbourg en 1953, il a ensuite dirigé deux cabinets dentaires à Slough et à Londres. En 1953, pour une population de 524 867 habitants, l?île Maurice compte 1 528 lits d?hôpital et 73 lits d?hôpital pour les prisons. En 1935, ces chiffres sont respectivement de 396 267 habitants, de 1 128 lits d?hôpital et de 48 lits d?hôpital dans les prisons. Le ratio est donc passé de 351 habitants pour un lit d?hôpital en 1935 à 343 habitants par lit en 1953.

Les boursiers de l?Alliance française pour l?année 1954 sont Mlles Florence d?Arifat, Ivy Blackburn, Odile de Spéville, Monica North-Coombes, Brigitte Momplé, Marie Desvaux et MM. Pierre Guiot-Pascau, Jean-Claude Fayd?Herbe, Maurice Piat, Luc Leguen, Serge Maurice et Christian Harel. Le prix d?histoire en classe de Ve (filles) revient en fait à Chantal Thévenau. Philippe Goupille décroche le prix de récitation en classe de Ve (garçons). En classe de 1re (filles), Monique Deville obtient le prix d?histoire et non de géographie. Des parents de Quatre-Cocos félicitent Mme R. Vollaire, institutrice chargée de la classe de VIe. De ses neuf élèves prenant part aux examens de fin d?études primaires, huit sont reçus brillamment. L?un d?entre eux se qualifie même pour la petite bourse.

Marlon Brando promet d?épouser Josiane Bérenger, 19 ans, et dément vouloir se servir de ses fiançailles pour se faire de la réclame. Interrogé par la presse américaine au sujet de la nationalité non américaine de Mlle Bérenger, Marlon Brando assure que la nationalité de sa future épouse offre peu d?intérêt aussi longtemps qu?elle n?est pas la cousine d?un moustachu tel que Joseph Staline.

Le Mauritius Turf Club fait savoir qu?il a acheté six chevaux à? la Réunion. Ils sont Madina, Maître Verrier et Sarroise, Ligueuse, Vicky et Fancy. Hormis Maître Verrier, ils ne semblent pas avoir laissé un grand souvenir aux turfistes. Il en va autrement du lot de 24 chevaux français, achetés des Etablissements Tattersalls en France. Ce lot comprend, en effet, Delydor, Huppe, Charybde, Paco, Généreuse (une demi-s?ur de La Pépite et d?Aboukir), Kon Tiki II et Handicap.

Jacques Laurent remporte brillamment la course cycliste dotée de la Raleigh Challenge Cup, disputée sur une distance de 112 miles (179 km) et sur le parcours suivant : Port-Louis, Centre-de-Flacq, Mahébourg, Souillac, Baie-du-Cap, Rivière-Noire et Port-Louis. Ally Goolam Hossein enlève la première prime, offerte par le boutiquier Lee-Fye, route des Pamplemousses. À la croisée de Pamplemousses, Jacques Laurent enlève la prime offerte par Roger Dalais. À Maison-Blanche, Goolam Hossein s?arrête sur panne technique. Claude Marmarot, Lloyd Thatcher, Edward Morris et J. Mykoo sont à la peine. À Poste-de-Flacq, Hervé Bonnefin enlève la prime offerte par Jean Cugnet. À Ecroignard, Régis Selvon rejoint enfin le peloton qui l?a distancé à la rue Desforges en raison d?une crevaison.

Jacques Laurent, vainqueur de la course cycliste

À Beau-Champ, Hassam Goodhur ravit à Muslim Boodhoo la prime, offerte par Philippe Daruty de Grand Pré et qu?il convoitait. À Bois-des -Amourettes, de Robillard démarre. Selvon se lance à sa poursuite. Il est de nouveau crevé. De Robillard passe seul la ligne d?arrivée pour les coureurs de 2e catégorie. Il a parcouru les 45 miles (72 km) en 2 heures 11 minutes (moyenne horaire 33km/heure). Bravo ! Cyril. À Mahébourg, Bonnefin enlève sa 2e prime de la journée, offerte cette fois-ci par Me Alfred Montocchio. Boodhoo n?a toujours pas digéré la prime que Goodur lui a ravie à Beau-Champ. Il enlève coup sur coup celles de Plaisance (Lutchmun, Bhageerutty et Cie) et de Rivière-des-Anguilles (Issursingh). Goodur n?a pas dit son dernier mot.

Avant Chemin-Grenier, il tente de s?échapper, suivi difficilement par Laurent et Jacques Gouges. Mais Boodhoo parvient à enlever aussi les deux primes de Chemin-Grenier. À Bel-Ombre, Laurent rattrape successivement Boodhoo et Goodur. Son avance ne cesse de croître jusqu?à Port-Louis. Il franchit en vainqueur la ligne d?arrivée ayant parcouru la distance en 5 h 49 minutes, soit à une moyenne horaire de 30,8 km. Il reçoit pour une année la coupe challenge offerte par Electric and Motors Car Co Ltd et deux primes totalisant? Rs 130. Goodur prend la 2e place à plus de 6 minutes, suivi de Boodhoo, Bonnefin, Hamid Rosun et Jacques Gouges.

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