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La violence domestique abordée à Réduit

25 octobre 2004, 20:00

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De manière simple et marrante, Amnesty International a interpellé hier sur la violence domestique. Il a invité les étudiants de l?université de Maurice et les employés des bureaux aux alentours du campus à badigeonner leur main de peinture et à l?apposer sur un rouleau de tissu avant d?y inscrire leur prénom. Une façon symbolique d?exprimer leur ras-le-bol sur la violence domestique.

Face aux explications de Shakti Callikan, responsable de la cellule ?Aret Violans Kont Fam? d?Amnesty International et de la dizaine de jeunes femmes l?accompagnant, les étudiants se plient à l?exercice. Certains font même preuve de sens artistique, à l?instar de Roy Dew-dhory, 20 ans. Cet étudiant en Information System se fait enduire la main de peinture bleue et tope dans la paume orange de son ami dans le but d?obtenir une empreinte bicolore. De même, il incite ses potes à ?met rouz, ble, zon, ver lor chak lédwa?. Et celui qui signe DJ Darenz laisse alors une empreinte aux couleurs du quadricolore national.

Si Roy est aussi motivé, c?est qu?il a côtoyé la violence domestique. ?Mo ena fami inn pas ladan. Zom, fam, nou tou imin. Sakenn bizin respekte lot. Mo mesaz se lamour pli for.? Binesh Seetanah, 21 ans, étudiant en management, suit l?actualité. Il n?a pas oublié les atrocités subies par feu Vanessa Lagesse et Sandhya Bappoo. D?où sa participation.

Un geste pour sensibiliser

Vanessa Bundhoo, 21 ans, étudiante en ingénierie, réclame, elle, le respect pour les femmes. Idem pour Yasmine Emrith, 19 ans, étudiante en Information System, qui veut ?montrer aux hommes que les femmes n?accepteront plus de subir la violence?.

Des employés de bureau des environs du campus, qui ont eu vent de la campagne, se sont joints aux étudiants. Barath Janhalee, quadragénaire, employé au ministère de l?Agriculture, pense à sa fille de 13 ans. ?Mo pa ti a kontan enn zom bat mo Anjana.?

Brigitte Fayolle, du groupe Food and Allied, joue le jeu car ?il faut que la violence domestique cesse?. Gina Abel, sa collègue, trouve que les pénalités pour la violence ne sont pas assez lourdes mais elle apporte son soutien en espérant que son geste contribuera à sensibiliser la population sur ce fléau social.

Pour ce premier jour à l?université, la cellule Aret Violans Kont Fam, parrainée par Mauvilac et le groupe CIEL, a recueilli 650 empreintes. La campagne continue demain au même endroit, avant de se poursuivre dans des lieux publics. Il s?agit de recueillir un maximum d?empreintes jusqu?au 10 décembre. Ainsi, en cette Journée des droits de l?homme, ces rouleaux de tissus recouverts d?empreintes, de même qu?un rapport sur les lacunes dans la prise en charge des victimes de violence domestique à Maurice, actuellement en compilation, seront remis au chef du gouvernement.

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