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La violence au sein de la famille

1 janvier 2006, 20:00

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par Shirin Aumeeruddy-Cziffra

Après tous les cas de violence atroces que nous avons constatés en 2005, nous apprenons à la fin de décembre, qu?une fille de 12 ans accuse sa mère de l?avoir poussée à s?asperger d?un liquide inflammable. La fille, a moitié brûlée, a été sauvée de justesse. ça nous rappelle aussi le cas du petit garçon qui a eu les mains brûlées pour avoir pris des bonbons à la tabagie d?une tante. Le constat est dur mais la famille, qui a la vocation de protéger les enfants, n?est certes pas toujours le lieu le plus sûr pour eux.

Dans la série d?articles que je vous avais proposée l?année dernière, nous avions abordé les différentes sortes de violence contre les enfants : physique, sexuelle, psychologique. Nous avions aussi parlé de la négligence et de la privation de soins. Ces articles qui visent à sensibiliser le public dans le cadre de notre campagne nationale de prévention de la violence contre les enfants sont désormais sur notre site web http://oco.gov.mu

Dans cette deuxième série d?articles, nous changeons d?angle pour voir ensemble quels sont les lieux où la violence s?exerce et pourquoi ? Il faudra déboucher sur ce que chacun de nous peut faire pour prévenir la violence et pour aider les victimes.

L?étude du Secrétaire général de l?Organisation des Nations unies sur la violence contre les enfants examine la violence commise à la maison, à l?école, dans les institutions, au travail et dans la communauté. Voyons d?abord la violence dans la famille.

Selon le préambule de la Convention relative aux droits de l?enfant, la famille est l?unité fondamentale de la société et le milieu naturel pour la croissance et le bien-être de tous ses membres, et en particulier des enfants. Elle doit donc recevoir la protection et l?assistance dont elle a besoin pour pouvoir jouer pleinement son rôle dans la communauté. La Convention reconnaît aussi à l?enfant, pour l?épanouissement harmonieux de sa personnalité, le droit de ?grandir dans le milieu familial, dans un climat de bonheur, d?amour et de compréhension.?

Rappelons qu?un enfant est âgé de 0 à 18 ans sauf s?il est marié avant et est émancipé par mariage. L?âge de mariage à Maurice est de 18 ans, mais on peut se marier avec l?accord de ses parents à partir de 16 ans. Selon le Code civil, jusqu?à sa majorité ou son émancipation par mariage, l?enfant, donc le mineur, est sous la responsabilité de sa famille. Les père et mère exercent à son égard, l?autorité parentale ?pour protéger l?enfant dans sa sécurité, sa santé et sa moralité? et ils ont ?droit et devoir de garde, de surveillance et d?éducation?

La loi prévoit les cas qui permettent de déroger à ces principes fondamentaux. Il s?agit notamment de la séparation ou du divorce des parents lorsque le juge peut être saisi pour déterminer qui des deux aura la garde et les conditions de droit de visite et/ou d?hébergement de l?autre parent. Il y a aussi les cas ou l?enfant est en danger dans sa propre famille et doit être enlevé par les autorités et être placé dans un lieu sûr, soit une institution soit une famille d?accueil. Les enfants en conflit avec la loi sont eux placés dans soit le Rehabilitation Youth Centre soit, s?ils ont commis des délits d?ordre pénal, dans le Correctional Youth Centre.

La loi prévoit aussi les cas ou le ou les parents sont déchus partiellement ou totalement de l?autorité parentale. A Maurice, on a peu recours à cette procédure. Malheureusement, il faut reconnaître qu?il y a de nombreux cas de parents incapables ou qui ont abandonné leur enfant mais ces derniers n?étant pas déclarés abandonnés, ne peuvent pas être adoptés. Ils sont souvent ballottés d?institutions en institutions jusqu?à leur majorité lorsqu?ils se retrouvent seuls sans famille, sans emploi et sans toit.

Il n?existe malheureusement pas de registres et de statistiques pour montrer combien d?entre eux se retrouvent plus tard dans la drogue, la petite et plus tard encore la grande criminalité.

La loi prévoit la déchéance ou le retrait partiel de l?autorité parentale des parents condamnés comme auteurs, coauteurs ou complice d?un crime ou délit commis sur la personne de leur enfant. ?Elle parle aussi de ces pères et mères qui ?soit par des mauvais traitements, soit par des exemples pernicieux d?ivrognerie habituelle, d?inconduite notoire ou de délinquance, soit par défaut de soins ou un manque de direction, mettent manifestement en danger, la sécurité, la santé ou la moralité de l?enfant.?

Quant aux parents qui négligent leur enfant et le privent de ses droits fondamentaux, l?Etat a le devoir d?aider ces familles à s?en sortir. Elles sont souvent considérées comme étant victimes de la pauvreté, du chômage. D?où la nécessité d?une politique qui se fonde sur l?aide matérielle immédiate, suivie d?une aide pour permettre à ces familles de retrouver leur dignité en leur permettant de trouver un emploi.

Le ministère chargé des Droits de la femme et du développement de l?enfant et du bien-être de la famille fait beaucoup d?effort dans ce domaine pour former les femmes et les aider à mettre sur pied des petites entreprises. Les efforts pour éduquer et réhabiliter les parents doivent être multipliés. L?aide aux enfants, et notamment la mise sur pied d?un système de mentors pour aider chaque enfant dans des familles vulnérables est aussi indispensable. Ces mentors feraient le lien avec les autorités et, sans se suppléer à la famille, aideraient ces derniers à mieux assumer leurs responsabilités vis-à-vis de leurs enfants.

Avec la mise sur pied d?un tribunal de la famille, on pourrait voir la lumière au bout du tunnel. Le juge pourrait intervenir pour qu?il y ait un suivi de tous les cas ou il y aurait dysfonctionnement familial dès lors qu?une affaire est portée devant cette Family Court donc la vocation serait plus sociale et humaine, tout en gardant le cachet juridique qui permet de donner la solennité nécessaire à toutes les décisions.

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