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La vie privée des dauphins de l?île Maurice (II)
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La vie privée des dauphins de l?île Maurice (II)
● Voyages? voyages
Les mâles adultes, toujours regroupés en duo, trio ou quadruplet, effectuent peu à peu des voyages de plus en plus longs, qui les mènent parfois à des centaines de kilomètres de chez eux, à la rencontre d'autres tribus et de leurs jolies femelles. Ces Don Juan insatiables quittent alors leur famille pour de longues périodes. Les «fiancées» croisées en cours de route les accompagnent un moment, avant de revenir bien vite chez leur maman, avec un futur bébé dans le ventre dont toute la famille prendra soin.
Loin des côtes, les dauphins s'orientent en se fiant aux courants marins et magnétiques, aux vents et fort probablement, en observant dans le ciel certains mouvements d'étoiles et de constellations qui les aident à se guider. Ils s?amusent en pleine tempête de la colère des flots et surfent avec bonheur sur des vagues monstrueuses. Néanmoins, lorsque l'océan se déchaîne à l?excès, la nage en surface exige plus d'habilité, car l'air se trouve alors saturé de vapeurs d'eau et devient difficilement respirable.
Même après leur séparation, l'enfant et sa mère gardent des contacts réguliers. En Floride, le fait suivant a été rapporté : un mâle adulte, parti au loin depuis un an ou deux, est retourné visiter sa mère le jour de la naissance de son nouveau petit frère ! Il semble que ce comportement ne soit pas rare et que l'on puisse même parler de «fête» chez les dauphins.
Une vidéo montre, par exemple, comment quatre ou cinq «sentinelles» parviennent à repousser vers les fonds un squale gigantesque. Plusieurs fois, des renforts doivent être appelés à la rescousse mais la lutte se passe sans morsure ni combat, juste par menaces de rostres ou de caudales et par une pluie d?ultrasons insupportables au grand prédateur. Dépité, le requin blanc se résout enfin à disparaître en grondant vers l'abysse. À cet instant, la caméra saisit une scène étonnante : tous les dauphins de la tribu s'empressent autour des vainqueurs et les acclament à grands coups de cliquetis et de sifflements, pour les féliciter en dansant autour d?eux !
● Vie sexuelle
La vie sexuelle des dauphins est une relation de promiscuité, permettant par exemple des coïts à plusieurs et d'incessants échanges de partenaires, à n'importe quel moment de l'année.
Cette dernière caractéristique (l'indépendance du plaisir par rapport à la reproduction) est le seul fait de l'homme, de certains grands singes et des cétacés. Même si des cycles existent ? les enfants naissent à la belle saison ? la vie sexuelle joue manifestement un rôle social essentiel chez les dauphins. Caresses et séduction sont d'excellents moyens de résoudre les conflits mais aussi, puisque chaque dauphin peut potentiellement être le père de chaque enfant, d?assurer à n?importe à quel petit une protection rapprochée.
L'accouplement ressemble en revanche à une sorte de «viol simulé». Sous l'eau, on n'est jamais de trop pour stabiliser une delphine et se livrer aux jeux de l'amour. Une fois ceux-ci lancés, néanmoins, l'imagination des dauphins ne connaît plus de limites et la sensibilité extrême de leur peau rend leurs échanges extatiques. Les préliminaires amoureux se prolongent souvent des heures avant qu'un double ou triple coït (chaque mâle succédant l'un à l'autre) ne conclue le rapport en quelques brèves et acrobatiques secondes.
● Chasse et cueillette
Il existe une infinité de techniques de chasse en fonction du milieu marin et des traditions locales, qualifiées de «carrousel horizontal», «carrousel vertical», «bouilloire», «technique du mur», etc. Leur point commun est de rassembler à coups de sonars tous les poissons d'un banc vers un centre afin de constituer une «boule de viande» où chacun vient picorer à son tour. Certains dauphins chassent également le poisson jusque sur la rive, en le poussant à s'échouer. L'exercice est plus périlleux, puisque le dauphin risque également de s'échouer en récupérant sa proie. D?autres enfin soulèvent des nuages de sable pour aveugler le poisson, d?autres encore repoussent les bancs contre une falaise.
Des groupes entiers s'en vont aussi en file indienne puis gagnent le large pour de plus vastes randonnées, qu'encadre une armada de «scouts» dépêchés aux alentours afin de repérer les meilleures zones de pêche. Lorsque ces scouts reviennent, ils se placent face au groupe, leur indiquent en cliquant-sifflant le nombre de proies disponibles et tout le monde se dirige vers l?endroit désigné.
Les mères et grands-mères affligées de leur marmaille se contentent pour leur part de fouiller les fonds sableux ou les rochers à la recherche de menu fretin : coquillages, crevettes, raies, petits requins, céphalopodes, poissons plats, etc.
Le sonar est constamment utilisé pour repérer l?animal niché dans sa cachette puis pour le débusquer d'un coup sec, d'un seul «clic» si massif et perçant qu'il assomme la petite proie. Certains dauphins protègent leur rostre avec une éponge creuse, de sorte qu'ils peuvent fourrager sans se blesser dans les fonds caillouteux.
● La semaine prochaine : Troisième et dernière partie
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