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La victime du viol de Sodnac identifie son agresseur

5 juin 2008, 00:00

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Soulagée, elle esquisse un sourire en sortant de la Criminal Investigation Division (CID) de Quatre-Bornes. Cette jeune femme de 22 ans, étudiante à l?université de Maurice, a formellement identifié l?auteur présumé de son viol. Celui-ci a été commis sur un terrain broussailleux au matin du vendredi 23 mai.

Le suspect, 17 ans, a été arrêté à Pointe-aux-Sables, hier matin, chez sa concubine. Cela après que deux de ses demi-frères ont été appréhendés la veille.

Cette affaire a été élucidée grâce à un Judge?s Order pour permettre à la CID de la Western Division de suivre les appels effectués à partir du portable de la victime, volé le jour du viol. Un premier suspect a été appréhendé à Petite-Rivière, mardi après-midi. Il s?agit d?un maçon de 23 ans, demi-frère de l?adolescent. La carte SIM de ce maçon avait été utilisée sur le téléphone de la victime. Ce maçon a expliqué n?être nullement impliqué dans cette affaire. La carte en question, a-t-il dit, appartient à son frère, le présumé violeur. Comme ce dernier est mineur, c?est lui qui avait enregistré la SIM sur son nom.

Un autre numéro de carte SIM utilisé sur ce téléphone est celui d?un autre demi-frère du suspect. Cet homme de 26 ans qui habite Ollier, Quatre-Bornes, est garde de sécurité. Il a été arrêté sur son lieu de travail mardi. Il affirme avoir acheté ce portable à son petit frère pour Rs 500.

Il est 10 heures, hier. Une équipe de la CID de Rose-Hill se rend à Pointe-aux-Sables. Elle arrête l?adolescent et le conduit au bureau de la CID de Quatre-Bornes. Il est soumis à un interrogatoire serré. Le jeune homme ne tardera pas à avouer être l?auteur de ce viol.

Avec moult détails, le suspect fait le récit de ce vendredi 23 mai. Ce matin-là, il a quitté la maison de son frère à Quatre-Bornes. L?idée lui est venue d?aller «tras enn lavi». Il a emprunté la route à l?arrière du marché de Quatre-Bornes pour se rendre à l?avenue Sodnac. Il dit être sorti sur l?autoroute à proximité d?un arrêt d?autobus à la recherche d?une proie, mais cette démarche se révéla infructueuse. L?adolescent s?est alors embusqué dans le bois. Après avoir vu la victime traverser, il dit l?avoir suivie dans ce sentier avant de tenter d?arracher son sac à main. Comme la jeune femme résistait, elle a chuté en cherchant à s?enfuir. A ce moment, le suspect l?a maîtrisée au sol. Il a fouillé le jean de la jeune fille, et est tombé sur Rs 25 et son téléphone portable. Il a utilisé un foulard qu?elle portait au cou pour la bâillonner. Comme sa main droite était sur la bouche de la jeune fille, celle-ci l?a mordu. Le suspect a affirmé aux enquêteurs qu?il n?avait aucune intention de violer la victime. C?est au moment où cette dernière l?a mordu qu?il est devenu furieux et a lancé : «aster la? ».

<B>«Tifi la finn mari soulaze»</B>

Peu avant 13 heures hier, la victime est convoquée au bureau de la CID. Elle est appelée à identifier le suspect. Ce n?est qu?aux alentours de 14 heures qu?elle descend d?un véhicule tout-terrain pour se diriger à l?intérieur du bureau. Quelques minutes après, elle est confrontée au suspect. Sans hésitation, elle désigne son agresseur et esquisse un sourire. Un policier ajoute : «Tifi la finn mari soulaze.»

Il est 14 h 30 lorsque le suspect quitte le bureau de la CID de Quatre-Bornes sous forte escorte de la Special Supporting Unit (SSU). L?adolescent, qui porte un gilet pare-balles, est emmené sur le lieu du délit. Le terrain a depuis été défriché.

Une foule de badauds est déjà sur place. La présence des policiers à cet endroit comme éclaireurs avait suscité la curiosité. Des proches de la victime présents au moment de la reconstitution des faits ne cachent pas leur indignation. Au moment où l?adolescent descend du véhicule de la police avec un casque, une voix dans la foule lance : «Kit li are nou, sa move?»

Tout au long de cet exercice, la SSU a eu fort à faire pour contrôler la foule. Des policiers ont été eux aussi insultés par certains proches de la victime : «Ki zot pe protez li, li premye minis ?» s?exclame une jeune femme. Le photographe de la police Harry Mootoosamy et le dessinateur Navin Appanah étaient à Sodnac pour cette reconstitution des faits. Le constable Ravin Gunputh, du Scene Of Crime Office, également.

Le présumé violeur comparaît au tribunal de Rose-Hill ce matin. En fin d?après-midi hier, le Dr Satish Boolell, chief police medical officer, l?a examiné. Ce dernier a relevé la trace de morsure à la main droite. Le médecin légiste n?a recommandé aucun examen psychiatrique pour ce suspect vu qu?il jouit d?une bonne santé.

Le présumé violeur vient d?être libéré du Children Youth Centre pour une affaire de drogue, en octobre 2007. La dernière fois, il s?était même évadé de ce centre de détention. Sa concubine, enceinte, était également présente à Quatre-Bornes hier.

Cette enquête, placée sous la supervision du surintendant de police, Mario Larue, et de l?assistant surintendant de police, Sohawon, était menée par des policiers de la CID de Quatre-Bornes et Rose-Hill, dirigés respectivement par le chef inspecteur, Ravin Chundurdeep, l?inspecteur Jheengut pour Quatre-Bornes et l?inspecteur Roland Dabeesing pour Rose-Hill.

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