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La veuve Dookhit ignore comment payer les arrérages du prêt de sa maison

18 juillet 2005, 20:00

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Les Dookhit tiraient déjà le diable par la queue depuis que Mohabeer, le chef de famille, avait perdu son emploi de vigile. Elle survivait toutefois tant bien que mal. Mais Mohabeer disparaît brutalement dimanche. Il a été victime d?un accident de la route, avec délit de fuite. La situation s?est aggravée. Dewantee, sa veuve, ne sait comment payer les arrérages du prêt pour la maison.

Dewantee Dookhit n?a pu exposer le corps de son époux en leur domicile trop exigu. Il s?agit d?une ancienne maison du ?camp sucrier? de Solitude. Mohabeer et elle l?avaient rachetée grâce à un prêt de la Mauritius Housing Company, contracté il y a une dizaine d?années. La dépouille a donc été exposée au domicile de Kalaowtee, la vieille mère de Mohabeer, à 200 mètres de là. Le défunt a été entièrement recouvert de plusieurs draps pour masquer le fait qu?il ait eu la tête écrasée dans l?accident.

Une foule immense est venue rendre un dernier hommage à Mohabeer. Même si la maison de la septuagénaire est nettement plus grande que celle de feu son fils et de sa bru, on peine à y circuler. Indira, une des s?urs du défunt, noue un rakhi au bras raide et glacé du mort. Elle ne peut retenir des sanglots déchirants. Attitude en net contraste avec celle de Dewantee, la veuve assise, immobile, sur une chaise non loin de la dépouille.

Dewantee a le regard fixé sur le cadavre enveloppé dans son linceul improvisé. Ses pensées vont de son mari, qui gît là, à cet ignoble chauffard qui l?a heurté la veille et qui n?a même pas daigné s?arrêter pour lui porter secours. Elle n?a plus de larmes à verser, tant elle a pleuré la veille. Mais, même si elle a l?esprit encore embrumé par le chagrin, des bribes de réalité font surface. Elle s?interroge sur son avenir, sur celui de leurs cinq enfants. Elle se demande comment ils s?en sortiront, financièrement.

L?hypertension l?empêche de travailler

Sailesh, l?aîné a 22 ans, il a un emploi saisonnier. Sudesh, le cadet de 17 ans, végète à la maison, après un échec aux examens de fin d?études primaires. C?est aussi le cas de Sushita, la fille de 15 ans. Sarita et Soorya, les deux benjamines, sont encore trop jeunes pour quoi que ce soit. La première va concourir au Certificate of Primary Education à la fin de l?année et la dernière n?a que sept ans?

Quant à Dewantee, cela fait sept ans qu?elle ne travaille plus comme machiniste. Les douleurs répétées au dos et l?hypertension dont elle souffre l?en empêchent. A l?époque, cet arrêt de travail ne prêtait pas à conséquence car Mohabeer gagnait bien sa vie comme vigile. Mais les choses ont bien changé depuis qu?il a perdu son emploi voilà trois ans. Leur niveau de vie a connu une baisse drastique. ?Mohabeer ti travay manev me sa pa enn travay fix. Kot nou ti pe gaygn enn Rs 4 000 kan li ti pe fer gardien, ler linn perdi travay nounn viv lor Rs 1000?, explique-t-elle.

Depuis, les Dookhit n?arrivent pas à honorer les mensualités à la Mauritius Housing Company. ?Nou dwa Rs 25 000 arieraz. Pliss nou ena encor dizan o moin pou repaye. Mo kapav konsidere rekomans travay. Me ki sannla pou le pran enn fam 49 ans pou travay ? Kouma nou pou fer pou viv?, se demande-t-elle.

Ses beaux-frères Ram et Lutchman en appellent à leurs députés, en particulier au Premier ministre, Navin Ramgoolam. ?Li (NdlR : Dewantee) ena kat ti zenfan pou soigne. Si gouvernma ti kapav fer enn ti kitsoz pou li pou li pa perdi so lakaz.? Message transmis?

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