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La vente illicite de médicaments fleurit au grand jour

3 mai 2007, 00:00

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Certains quartiers de la capitale sont connus pour être truffés d?officines illégales de médicaments. Les pharmaciens se plaignent à plusieurs reprises de cette concurrence déloyale et qui met en danger la santé.

Ils agissent au grand jour. ?Voulez-vous acheter du médicament ? Je peux vous en proposer à un prix abordable?, insistent les intermédiaires des officines illégales d?Ambohipo, dès que les passagers débarquent du terminus du taxi collectif.

Ils prient leurs clients d?attendre quelques minutes pour rapporter les médicaments génériques ou les spécialités demandées. Mais avant, il y a eu bien sûr un âpre marchandage, comme s?il s'agissait de banales marchandises.

En fait, les habitués empruntent sans hésitation les venelles pour s?adresser directement aux tenants d?officines. Ils se passent alors des services des intermédiaires.

Les quartiers d?Ambohipo et d?Ambolokandrina sont connus par la présence de vendeurs illicites de médicaments. ?A ma connaissance, il existe au moins une trentaine d?officines assurant presque le rôle de grossiste pharmaceutique. Les familles des hospitalisés, ainsi que les jeunes sortants de la Faculté de médecine à l?installation leurs cabinets médicaux en brousse sont leurs principaux clients?, affirme une personne ayant l?habitude de fréquenter ces endroits.

Les officines de la rue sont une véritable gangrène pour la filière pharmaceutique à Madagascar. A maintes reprises, les spécialistes des médicaments se plaignent du tort qu?ils subissent à cause de la concurrence déloyale de ces pharmacies illicites.

Lors du dernier atelier de l?Association des pharmaciens de Madagascar (APM) à l'hôtel Panorama, diverses questions ont été abordées. Leurs thèmes ont porté sur l?inspection pharmaceutique, les enregistrements des médicaments, le contrôle de qualité et la pharmacovigilance. Le problème de la vente illicite de médicaments n?a pas été occulté à cette occasion.

Le président de l?APM, Jean Rojo Rabemanantsoa a énuméré toutes les provenances de ces médicaments : dons auprès des oeuvres de bienfaisance ou des Ong, stocks périmés des grossistes, des pharmacies ou des dépôts de médicaments.

Ce constat est unanimement accepté par l'assistance et de plus regretté. D?autant que la loi du silence semble protéger la filière. ?Dès qu?on annonce une descente des forces de l?ordre, les vendeurs plient bagage et plus personne ne sera inquiétée?, a remarqué un médecin travaillant comme agent médical.

Pendant ce temps, les quartiers semblent plus calmes car tout le monde se fait plus discret. ?Tant que la population n?est pas consciente du danger de ces médicaments de provenance douteuse, cette filière s?épanouira toujours?, note Jean-Pierre Randriasamimanana, directeur de l?Agence de Médicament de Madagascar (AMM). Mais certaines personnes n?ont pas vraiment le choix.

?À Ambohipo je peux acheter les médicaments à moitié prix par rapport à ceux affichés en pharmacie?,commente une mère de famille désespérée.

Des principes actifs sous dosés

Madagascar n?est pas à l?abri des médicaments de contrefaçon et mal façonnés, comme tous les pays en développement d?ailleurs.

L?AMM détermine la teneur des médicaments, ?notamment des médicaments génériques utilisés généralement par la majorité de la population selon la politique du gouvernement?, affirme son directeur.

Il s?agit d?une analyse basique des quelque 200 génériques pour évaluer la qualité des médicaments. Les résultats ont permis de savoir que les médicaments mal façonnés sont les plus nombreux. Généralement, ils contiennent des principes actifs mais sous de doses faibles, voire infimes.

Le problème de stabilité apparaît aussi. En effet, lorsque les médicaments sont restés plusieurs mois en stockage, les principes actifs se dissolvent progressivement.

Mais il est rassurant de savoir que tant qu'un médicament contient 80 à 100 % de sa composition principale, il ne met pas en danger la vie du patient.

Depuis la mise en exécution de ce processus d'analyse, l?agence a découvert une seule fois un médicament où les compositions principales sont décalées par rapport à la notice. Cette anomalie pharmaceutique a été immédiatement signalée auprès du laboratoire de fabrication.

Dans tous les cas, l?AMM reste vigilante, car d?autres pays ont rencontré des problèmes graves mettant en danger la santé publique.

© L?Express de Madagascar

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