Publicité
A la veille de l?ultimatum des squatters résistent
Par
Partager cet article
A la veille de l?ultimatum des squatters résistent
Des rideaux de fortune sont encore accrochés aux barreaux des fenêtres. La porte, entrouverte, laisse entrer une légère brise. Penchée sur son plan de travail, Cindy s?affaire à la préparation du dîner. Ses deux enfants, pieds nus, s?amusent à se poursuivre entre les monticules de terre. A moins de 24 heures de l?expiration du sursis accordé par le gouvernement aux squatters, rien ne semble venir troubler les scènes de la vie quotidienne des occupants illégaux des maisons de la National Housing Development Company (NHDC) de Camp-Levieux. Le ministère du Logement et des Terres réaffirme de son côté sa volonté de les déloger dès l?ultimatum passé.
?Mo pa kroir ki nou pou ale. Nou pena auken lot place pou ale?, dit Steward Labonté, sous le regard approbateur de son épouse. Agé d?une trentaine d?années, ce maçon explique qu?il a occupé une des maisons NHDC de Camp-Levieux car ils vivaient à douze dans une pièce chez sa mère. ?Dilo ti pe tonb lor nou la tet, mo zenfan ti pe koumans malad dan sa kondision la?, explique ce père de famille. Il ne veut plus de cette vie. Même si ces habitations, dont les travaux ne sont pas encore terminés, sont dépourvues d?eau et d?électricité, les squatters de Camp-Levieux disent vivre dans de meilleures conditions qu?auparavant. ?Mem si bann zenfan bizin al caca dan karo kann et beyn dan la rivier, nou le kontinie rest isi. Gouvernma bizin trouv enn solusion pou nou?, lâchent-t-ils, en c?ur, déterminés.
Une situation similaire prévaut à Cité-la-Cure et à Camp-la-Boue, Terre-Rouge. ?Nou na pa pou sorti tan ki gouvernman pa donn nou enn plas kot nou pou kapav reste?, lance un occupant illégal sur un ton de défi. Mike, employé comme aide-chauffeur, tente de justifier sa position : ?Mo ena konte Plan Epargne-Logement depi sink an ek mo ankor pe atan enn repons ar NHDC. Sel solision ki monn trouve, se kass enn lakaz rentre.? Assise sur le pas de sa porte, Marilyne, 34 ans, dit pour sa part attendre mercredi avant de décider quoi faire. ?Si les policiers reçoivent des instructions pour nous déloger, ils feront leur boulot, on ne peut pas leur en vouloir?, lâche-t-elle, résignée.
Réunions quotidiennes
D?autres, conscients de la menace qui pèse sur eux, ont préféré quitter les habitations avant d?en être évacués de force. ?Mo ena enn fam ek trois zenfans. Mo tou sel travay dan lakaz, alors, mo na pas kapav pran risk gayn enn problem ar la polis?, explique Rico, venu récupérer quelques effets personnels laissés après son départ. En attendant de trouver un toit, sa petite famille et lui sont retournés vivre chez sa mère, qui habite non loin du complexe de la NHDC.
Tout comme de nombreux squatters dans son cas, Rico s?est fait inscrire dans les Citizens Advice Bureaux ces derniers jours. L?enregistrement des squatters, une initiative conjointe du ministère du Logement et des Terres et le Trust Fund for the Integration of Vulnerable Groups, avait pour objectif de produire ?une base de données? afin de connaître l?étendue de la situation.
Les squatters de Camp-Levieux, Terre-Rouge et Cité-la-Cure ont organisé, ces dernières semaines, de nombreuses réunions quotidiennes pour décider de la marche à suivre. Elles visaient à prendre connaissance des décisions prises à l?issue des rencontres entre le ministre du Logement et des Terres et les représentants des squatters des diverses régions. ?Nou ti dir ki nou ti pou aksepte ale si gouvernman donn nou enn lendroi pou reste, me ziska ler, nou pa enkor trouv nanrien?, déclarent-ils, unanimes.
La décision du ministère du Logement et des Terres se veut sans appel. ?Nous prendrons, à l?expiration de l?ultimatum, les mesures appropriées selon les dispositions de la loi pour déloger les squatters. S?ils restent dans les maisons, ils devront pleinement assumer les conséquences de leur irresponsabilité?, fait ressortir Asraf Dulull, ministre de tutelle. Il ajoute que le délai accordé aux squatters passé, ?ils devront s?attendre à toute action pour être délogés.?
Publicité
Publicité
Les plus récents