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La tête d?Ashok Radhakissoon offerte à Ramgoolam
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La tête d?Ashok Radhakissoon offerte à Ramgoolam
«Ena latet pou tombe. » Une menace qui a été si souvent brandie ces derniers temps, que l?on n?a rien entendu lorsque la tête du président de l?Independent Broadcasting Authority (IBA) a roulé à terre.
En effet, il y a eu d?abord la menace venant du Premier ministre et proférée à l?encontre de Navin Beekharry, commissaire de l?Independent Commission against Corruption. Puis est arrivée celle d?Ivan Collendavelloo contre le personnel du bureau du Directeur des poursuites publiques pour la façon dont il a géré l?affaire Hurnam. Enfin il y a eu les invectives de Navin Ramgoolam contre le ministre du Tourisme parce que ce dernier avait émis un communiqué sur l?explosion de Grand- Baie, et ce sans passer par le bureau du Premier ministre.
Or, personne n?a prêté attention lorsque la tête d?Ashok Radhakissoon est tombée, à la suite d?une objection du leader de l?opposition. En effet, Navin Ramgoolam n?a pas donné son accord pour le renouvellement du contrat de l?actuel président de l?IBA. Le mandat de trois ans accordé à Ashok Radhakissoon est arrivé à expiration le 10 avril dernier.
Le gouvernement cherche l?oiseau rare
Selon les dispositions de la loi, la State House est tenue de consulter le Premier ministre et le leader de l?opposition avant de nommer le président de cet organisme. Mais approché à ce propos, Navin Ramgoolam n?a pas donné son accord.
Invité à se prononcer sur le bien-fondé de cette information, le leader de l?opposition s?est cependant refusé à tout commentaire. Son entourage confirme toutefois que tel a bien été le cas. Le Parti travailliste reproche en effet à Ashok Radhakissoon « de manquer d?indépendance par rapport à la majorité gouvernementale ».
Une explication qui tranche avec les premiers échos murmurés autour de ce dossier. D?aucuns prétendent en effet que l?hôtel du gouvernement en veut aussi au président de l?IBA et lui reprocherait sa souplesse par rapport à « certains dérapages radiophoniques ». Or, lors de sa conférence de presse d?hier, le Premier ministre a soutenu le contraire.
« La vérité, c?est que ce n?est pas moi qui souhaite ce départ. J?ai même donné mon feu vert au maintien de Me Ashok Radhakissoon à la tête de l?IBA, mais il n?y a pas eu de consensus », a expliqué Paul Bérenger.
Toutefois à tendre l?oreille dans les couloirs de l?IBA, on s?aperçoit que l?organisme régulateur et l?hôtel du gouvernement ne conçoivent pas les choses de la même manière, notamment en ce qui concerne les paramètres à introduire pour sanctionner certains manquements. Le gouvernement a récemment institué un comité de haute instance pour se pencher, entre autres, sur les mesures à prendre contre les abus des opérateurs de radios privées.
Si Ashok Radhakissoon se montre avare de commentaires, ses proches avancent qu?il aurait à maintes reprises souhaité apporter des amendements à la loi régissant l?audiovisuel. Il aurait, selon ces mêmes sources, voulu la création d?un tribunal de l?audiovisuel avec le pouvoir d?infliger des peines à ceux qui ne respecteraient pas la déontologie. Une telle instance existe ailleurs. Mais l?IBA et l?hôtel du gouvernement n?ont pas pu accorder leurs violons.
À ce jour, ceux qui se sentent lésés à cause d?une émission radiophonique peuvent en appeler au Complaints?Co-mmittee, établi en vertu de l?article 30 de l?Independent Broadcasting Authority Act. Toute plainte doit être déposée dans les six mois qui suivent l?émission incriminée. Ce comité n?a toutefois aucun pouvoir de sanction.
Quoi qu?il en soit, le président de l?IBA reste de facto membre de cet organisme parce qu?il est aussi président de l?Information & Communication Technology Authority.
Entre-temps l?hôtel du gouvernement est à la recherche de l?oiseau rare dont la candidature est susceptible de faire l?unanimité à la tête de l?État, tout en maîtrisant un secteur aussi complexe.
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