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La tranchée retranchée !
Un petit morceau d?enfer en moins. On devrait se réjouir mais non, les amateurs de la chose cycliste, qui peuvent être parfois un peu vicieux, prennent ça pour une mauvaise nouvelle. La tranchée d?Arenberg ne sera pas en effet au menu de Paris-Roubaix en 2005. Le mythique tronçon pavé est jugé trop dangereux par les organisateurs de la reine des classiques en raison d?un affaissement de la chaussée sur 200 mètres. Mais la course, précise ASO, comptera néanmoins en 2005 deux kilomètres de pavés en plus par rapport à 2004. Ouf !
Si Paris-Roubaix est une « cochonnerie », ainsi que l?avait un jour affirmé Bernard Hinault dans un accès de fureur, la tranchée d?Arenberg y est pour beaucoup. Sur 2400 mètres, la Drève des Boules d?Hérin, son nom officiel, offre en effet, à proximité de Wallers, la quintessence de ce qu?est Paris-Roubaix.
Un passage, souvent décisif considéré comme le juge de paix, où les coureurs, lancés à pleine vitesse dans ce goulet d?étranglement, sont comme des funambules au sommet des pavés, entourés par une foule compacte et hurlante. Un passage où la puissance le dispute à l?adresse, où bien des légendes se sont bâties. Un passage qui fut aussi parfois tragique.
Ainsi, en 1998 et en 2001, quand respectivement, Johan Museeuw et Philippe Gaumont semblaient filer vers la victoire, une chute avec fracture à la clé, ruina tous leurs espoirs.
Inaugurée en 1968, la trouée d?Arenberg avait déjà été bannie de 1974 à 1984. Depuis, elle était empruntée chaque année, en général, dans le sens de la descente et s?était imposée comme un monument dans le monument. Ce ne sera pas le cas en 2005.
Jean-François Pescheux, responsable du parcours chez ASO, estime que l?état de la chaussée ne garantit pas la sécurité des coureurs. Un affaissement long de 200 mètres, dû aux galeries minières, provoquerait une humidité constante sur cette portion au point de rendre le pavé aussi glissant qu?une patinoire. C?est donc tranché, pas d?Arenberg en 2005 !
<B>Une chance pour Armstrong ? </B>
Sage décision pour les uns, choix typique d?une époque où le sport devient de plus en plus aseptisé pour les autres, le retrait d?Arenberg n?est pas, semble-t-il, inscrit dans le marbre. « Il ne s?agit pas de retirer à jamais la trouée d?Arenberg du parcours », indique-t-on chez ASO.
Le mythique tronçon pourrait être de retour dès 2006 si des travaux sont entrepris d?ici là en bonne entente avec les collectivités locales qui considèrent à juste titre Arenberg comme faisant partie du patrimoine local.
Sans Arenberg, Paris-Roubaix perd forcément un peu de sa saveur et les tenants de la tradition, coureurs ou spectateurs, peuvent probablement légitimement s?offusquer de sa disparition, même temporaire. Amputée de ce passage de bravoure, la course est privée d?un tronçon stratégique essentiel et se jouera donc en 2005 à d?autres endroits. Jean-François Pescheux indique que la prochaine édition, le 10 avril prochain, comptera « 2 kilomètres de pavés en plus qu?en 2004, un total de 53,2 kilomètres ». Un nouveau secteur, à Avesnes-le-Sec, long de 2700 mètres a même été déniché. Reste à savoir si celui-ci a l?étoffe pour s?inscrire dans le mythe...
Quoi qu?il en soit, la disparition de la tranchée d?Arenberg, qui intervient au moment où Lance Arsmtrong se pose la question de sa participation ou non à Paris-Roubaix, pourrait être susceptible d?infléchir la position de Johan Bruyneel, le directeur sportif de l?Américain, pas très chaud jusque-là pour voir son poulain sur les pavés...
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