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La terre de Nadal !
La puissance a eu raison de l?élégance. Ils avaient rendez-vous avec l?histoire, hier après-midi à Roland-Garros, mais Roger Federer a encore trébuché face à sa bête noire, Rafael Nadal, l?ogre de la terre ôcre, en quatre sets (6-3, 4-6, 6-3, 6-4) et en trois heures et 10 minutes.
L?Espagnol est devenu le premier tennisman à remporter le titre suprême sur terre battue trois fois d?affilée depuis le Suédois Björn Borg de 1978 à 1981 (vainqueur quatre fois de suite) et s?inscrit même pour dépasser ce dernier puisque Nadal n?a jamais perdu un match aux Internationaux de France depuis ses débuts en 2005 !
Alors que la MBC est brusquement sortie de son sommeil hier pour offrir à ses téléspectateurs une parcelle de l?incontournable rendez-vous sportif de Roland-Garros (alors que bon nombre de nos compatriotes avaient suivi cette quinzaine avec bonheur sur Tempo et Eurosport), la super finale que tous attendaient n?a pas été aussi accrochée qu?on pouvait le croire, Federer n?ayant, hélas, pas fait le poids.
Le temps d?un match, l?extraterrestre suisse est redevenu ce qu?il y a de plus humain, bien qu?il soit en passe de devenir le plus grand joueur de tous les temps dans un proche avenir. Crispé, il a commis trop de fautes directes pour apprivoiser cette terre battue qui n?a jamais été sa surface de prédilection.
Celui qui est appelé à battre le record de Pete Sampras (13 titres du Grand Chelem) souffre toujours du même syndrôme de Roland-Garros que l?Américain, même si Roger Federer s?emploie chaque année à trouver la faille dans l?armure du guerrier de Majorque. Espérons qu?il écrira l?histoire un jour, mais il faudra repasser?
Il faut se rendre à l?évidence : hier, Nadal était plus solide, meilleur tactiquement, et n?a jamais tremblé au moment de convertir ses balles de break contrairement aux innombrables occasions gâchées par le Suisse.
Si les deux premiers sets étaient accrochés et nous ont offert le combat et l?opposition de styles que l?on attendait, le suspense n?a guère duré. Le scénario s?était dessiné en début de match lorsque Federer rate une balle de break pour mener 3-1. Dès lors, la foudroyante machine espagnole se met en marche (6-3).
Federer remporte le second set 6-4, mais il semble trop tendu, trop timide face aux avalanches de Nadal, qui retrouve ses violents coups qui débordent le numéro 1 mondial. Sans pitié, Rafael Nadal accélère et expédie les deux derniers sets sans demander son reste 6-3, 6-4.
?Je pense au premier set avec les occasions ratées. Et j?ai mal commencé le troisième. J'ai fait trop de fautes. Je suis un peu triste. Là j?ai toujours été derrière au score, plus que l?an dernier?, expliquera Federer.
?Je suis extrêmement content mais vraiment très triste pour Roger. C?est un très grand champion, qu?il gagne ou qu?il perde. Mais je suis heureux, j?ai beaucoup travaillé pour ça?, triomphe Nadal.
Si certains sont réticents à son style expéditif ?pim, pam, poum : jeu, set et match?, il porte en lui les gènes du tennis moderne, de plus en plus athlétique et qui privilégie de moins en moins les échanges comme on l?a aussi vu chez les filles ou Hénin et Ivanovic se sont illustrées dans le rôle de cogneuses expéditives de la quinzaine.
Le dénouement de ce Roland-Garros 2007 ressemble à s?y méprendre aux éditions 2005 et 2006. Les triplés de Nadal et de Hénin sont incontestables. Chacun a dégagé un sentiment d?invincibilité tout au long du tournoi, ce qui leur permet de s?incrire en favori pour un quatrième mandat parisien l?an prochain. ?J?étais face à un grand joueur. Je reviendrai ici pour gagner?, tempère toutefois Roger Federer?
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