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La tête haute, le bronze au cou
<B>Par Jean-Hugues OLIVIER</B>
Bruno Julie n?a pas à rougir de ne pas être en finale. Il a livré un combat héroïque en demi, sortant par la grande porte face à Leon Alarcon, représentant de la première nation mondiale de boxe, Cuba. Cela ne sert à rien de pester contre quelques décisions litigieuses des juges qui ont certainement influé sur le résultat du combat.
C?est dur de digérer une telle défaite surtout quand le score est aussi serré que 5-7 et que Bruno Julie a pris plus d?initiatives et y est allé à fond face à un adversaire qu?on présentait comme un monstre. Mais la bonne attitude à adopter est d?oublier vite cet épisode et se réjouir de cette première médaille olympique que le boxeur de Rose-Hill offre au pays.
Bruno Julie vient de faire tomber un interdit. Comme quoi un podium olympique est hors de nos moyens limités. Son parcours pékinois nous rappelle qu?il n?existe pas d?autre secret en sport, outre l?aptitude naturelle, que le travail, un bon encadrement, les sacrifices et une bonne motivation.
La médaille de bronze de Bruno Julie ne s?est pas construite pendant le tournoi en Chine, mais avant. Depuis son retour de suspension en 2005, il a bossé comme un fou pour atteindre l?objectif qu?il s?est fixé. Les trois mois précédant les Jeux de Pékin, il a quitté femme et enfants pour élire domicile au Centre de Tunis, en passant par des tournées en Algérie, en Russie et en Thaïlande. Pas de résultat sans effort, cela se vérifie encore.
Celui qui aura fait rêver tout un peuple revient au pays lundi soir avec la médaille de bronze au cou. Un exploit qu?on ne se lassera pas de rappeler. L?heure n?est pas aux regrets, mais à la célébration. Fêtons comme il se doit Bruno Julie, qui aura réussi, l?espace des Jeux, de faire oublier aux uns et aux autres les soucis quotidiens et qui nous a rendus tous, sans exception, fiers d?être Mauriciens.
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