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La station de Saint-Louis opérerait dans l?illégalité
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La station de Saint-Louis opérerait dans l?illégalité
?EK SA TAPAZ-LÀ, tension ek nerfs monté ène sel coup.? Exaspérée, Swaleha Burkutoolla, l?est certainement. Couturière de profession, elle s?affaire à terminer ses commandes avec pour compagnie? le roulement infernal des machines de la station d?électricité de Saint-Louis. Elle n?est d?ailleurs pas la seule à s?en plaindre. Au quotidien, les habitants de Camp-Chapelon se réveillent avec cette pollution sonore à laquelle s?ajoutent fumées et odeur de mazout lorsque la centrale brûle la bagasse.
Dans la cuisine de Swaleha, les rideaux tremblent et même toute la maison vibre. Le vent ? Non, le coupable c?est le grondement des machines de la station. Des fêlures dans les murs et le plafond témoignent également de l?intensité du bruit. Çà et là, des traces de ciment tentent de cacher ces fissures. Mais en vain. ?Kan nou finne dire ça central, finn répone nou ki contracteur ek maçons ine mal construire lacaz?, explique Swaleha.
Ce calvaire, sa voisine Fahima Ghoora le vit également. Elle doit même ouvrir ses portes pour les empêcher de vibrer. ?C?est ène cauchemar. Nou tous nou pé vinne sourd. Kan ou lévé gramatin couma dir ou la tête pé éclaté. Famille réfiz vinn guette nou à coz tapaz-là.?
Si au départ la centrale faisait des pauses et laissait aux habitants un moment de répit, le bruit est maintenant continu ?Ça bruit-là extra déranz nou. Plis li alé plis li vine pli fort. Kan dimoune cozé, nou bizin diman zot coze pli for parski nou pa tendé?, ajoute Noorbanu, la fille de Swaleha.
Et s?il n?y avait que la pollution sonore ! Quand la bagasse est brûlée dans la station, la poussière s?envole et tache les vêtements alors qu?une odeur de mazout flotte dans l?air. ?Ek l?odeur mazout plis la fimé, la gorge brilé et gratté?, raconte Fahima Ghoora. ?Bizin ferme la fenêtre.? Las de cette situation, les habitants de Camp-Chapelon ont signé une pétition et l?ont envoyée à la station. Mais ?pa pé écoute nous?, s?insurge Swaleha.
Farook Burkutoolla, au nom de l?association de football du quartier, a tenté de référer le cas aux autorités. ?Mo finn dire députés nou circonscription ek ministère banne problèmes-là, mais personne pas finn vinni pou guetté.? Seul James Burty David, quatrième député de la circonscription, est venu constater la situation, dit-il.
Désireux d?installer trois nouveaux moteurs dans la station, le Central Electricity Board (CEB) a convoqué James Burty David, Farook Burkutoolla et quelques habitants de Camp-Chapelon au siège du ministère de l?Environnement hier.
A l?issue de la réunion, James Burty David a déclaré que ?le représentant du CEB a clairement avoué que la centrale de Saint-Louis opère dans l?illégalité en émettant une intensité sonore de 75 décibels le jour et de 55 décibels la nuit. Avant qu?une licence ne soit octroyée au CEB, il faut trouver une solution à court terme concernant la pollution sonore?. Et d?ajouter qu?une visite sur le terrain s?impose d?urgence car ?il faut que le CEB prenne ses responsabilités?.
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