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La solution
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
Si nous voulons vaincre la pauvreté, la passion ne suffit pas. Ni les discours enflammés rabâchés par les populistes. C?est pour cela qu?il faut saluer la prise de position de l?Eglise catholique énoncée dans une lettre adressée à la presse hier par l?Evêque de Port-Louis. Son analyse fait avancer efficacement le débat sur une question à laquelle l?ensemble du pays souhaite apporter une réponse. Il s?agit de comprendre pourquoi un groupe ethnique est beaucoup plus touché par la pauvreté que d?autres.
Pour mieux saisir la portée de l?analyse que fait le dirigeant religieux, il faut séparer les questions de fond des problèmes internes de l?Eglise catholique. Car, la lettre de l?Evêque traite de la cause créole, bien entendu, mais elle contient également des allusions au problème posé par Jocelyn Grégoire au sein de l?Eglise catholique. Quand Mgr Maurice Piat écrit qu?il est «souhaitable qu?un maximum de groupes et de personnes s?expriment (sur la cause créole) afin d?éviter que tout le poids ne repose sur les seules épaules d?un leader, ou de quelques responsables», il y a une volonté à peine dissimulée de diluer le rôle joué par le flamboyant leader de la Fédération des créoles mauriciens.
Il n?empêche qu?au-delà du contentieux entre Jocelyn Grégoire et sa hiérarchie, la question créole est traitée avec sérieux dans la lettre de Mgr Maurice Piat. Celui-ci fait le constat d?une «vraie pauvreté chez les créoles» mais refuse d?en imputer la responsabilité exclusivement aux autres groupes. Il réclame une «saine autocritique par rapport à certaines façons de faire ou certains traits de la culture créole».
Poussant plus loin sa réflexion, Mgr. Piat met le doigt sur le problème majeur : «de l?avis de tous, le fer de lance de la promotion de la cause créole reste l?Education ? formelle ou informelle, du pré-primaire à l?université?» Encore une fois, il précise que la solution doit «provenir d?une prise de conscience chez les créoles eux-mêmes» tout en souhaitant un engagement des politiques.
L?Evêque prend ainsi le contrepied de ceux qui, comme Jocelyn Grégoire, réclament l?instauration d?un système de quotas. De toute façon, les mesures de discrimination positive se sont avérées contre-productives dans les pays qui ont tenté l?expérience. Ces mesures, jugées inefficaces et stigmatisantes, n?ont jamais duré longtemps.
Chaque enfant doit pouvoir s?élever, par son propre mérite, dans l?échelle sociale. Là où l?Etat peut intervenir, c?est dans le domaine de l?Education. Il doit compenser les handicaps de départ de l?enfant défavorisé et s?assurer que chacun ait les mêmes chances dé réussite scolaire.
Les bases d?une scolarisation accélérée des enfants issus des cités ouvrières sont jetées depuis quelques années avec les écoles ZEP. Toutes les ressources doivent maintenant être canalisées vers la consolidation de ce projet si l?on tient à corriger les inégalités de fait qui perdurent dans notre société. L?Evêque de Port-Louis vient de cautionner cette voie.
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