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La société civile exprime ses attentes
Jusqu?ici, ce sont principalement des mouvements dits socioculturels qui se sont fait entendre. Les uns appelant à soutenir ou à rejeter tel ou tel bloc politique. A chaque élection, ces groupes socio-religieux ne se privent pas de marchander avec les politiques pour leur accorder leur soutien. 2005 ne fait pas exception à la règle. Religion et politique flirtent ainsi indécemment dans une République dite citoyenne mais qui, en fait, travestit l?esprit séculier. L?Etat voit ses bras séculiers de plus en plus fragilisés dans ce contexte.
Pourtant, il existe une électricité contraire qui met en scène une aspiration profonde de salubrité de la vie politique. Ces jours-ci, elle prend la forme de mouvements divers qui rappellent à la société politique, mais aussi aux citoyens, leurs responsabilités. C?est cet effort de responsabilisation de l?électeur qui est quelque peu nouveau dans le processus en cours, tant son idéalisation ne permettait pas une quelconque mise en relief de ses travers.
C?est ainsi que le Conseil des religions de l?île Maurice, composés de dignitaires des grandes religions de l?île, a ouvertement invité à n?entreprendre aucune action qui puisse remettre en question l?unité du pays. ?Notre unité nationale demeure notre bien le plus précieux?, font-ils ressortir.
Dans le même souffle, Alix North-Coombes, de l?association Les Colombes, affirme ?qu?il est grand temps d?entreprendre des actions significatives en vue de promouvoir une culture de paix, facteur d?épanouissement, pour contrer l?actuelle culture de violence, facteur de régression?. L?appel de cette association s?adresse autant aux politiques qu?aux agents en passant par les journalistes à qui elle fait remarquer que ?le passé nous a démontré qu?un dérapage verbal, écrit ou gestuel, aussi insignifiant qu?il puisse paraître au départ, peut dégénérer et engendrer des violences en tout genre?.
Les fossoyeurs de la République sont prévenus. La société mauricienne, des plus jeunes aux plus âgés, n?est pas dupe des man?uvres empreintes de sectarisme et potentiellement porteuses de violence auxquelles certains sont prêts à céder, juste pour assouvir leur soif du pouvoir.
Outre les mouvements susmentionnés, il existe d?autres associations et individus qui oeuvrent en faveur de cette société libérée des démons du communalisme. Il existe une aspiration profonde pour un débat d?idées qui rend compte de la maturité du personnel politique. C?est désormais de la responsabilité des politiques, mais aussi du citoyen-électeur, d?incarner cet espoir qu?on peut sortir de cette logique de sectarisme. Les enjeux de cette élection ne se limitent pas à savoir qui va occuper le pouvoir, mais consistent surtout à prendre pleinement conscience de notre capacité à nous réinventer en tant que nation, sans cette quête obsessionnelle de différenciation ethnique.
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