Publicité
La semaine qui a coûté Rs 1 milliard au pays...
Par
Partager cet article
La semaine qui a coûté Rs 1 milliard au pays...
La richesse peut appauvrir ! Si les trois jours de congé public de la semaine écoulée témoignent du patrimoine culturel et religieux du pays, ils coûtent cher à l?économie. Et encore plus lorsque certains en profitent pour faire le pont. A raison de Rs 300 millions par jour, ces jours fériés représentent au total un manque à gagner de Rs 900 millions dans les revenus nationaux.
Les salariés ont été gâtés durant cette première semaine de novembre : trois jours fériés, sans compter les ponts (une pratique qui consiste à s?absenter du travail les jours qui entrecoupent deux congés) que de nombreux employés se sont octroyés. Les patrons, eux, froncent les sourcils. Ils ne souhaitent pas se retrouver devant une telle situation souvent.
De manière générale, l?activité économique tourne à 40 % de sa capacité normale les jours de congé. L?économie peut-elle se permettre de rouler au ralenti pendant pratiquement toute une semaine? «Ce ne sont pas des congés publics additionnels, mais des congés publics normaux. Les entrepreneurs ont eu le temps de se préparer. La seule chose gênante est que les trois jours fériés sont tombés durant la même semaine. Les jours de congé public existent dans tous les pays et on n?y peut rien. Il faudrait toutefois éviter d?en ajouter d?autres à Maurice», affirme Gérard Garrioch, le président de la Mauritius Employers Federation.
<B>Rattraper les retards</B>
Les entreprises doivent faire des heures supplémentaires pour pouvoir rattraper les retards, même si elles ont prévu les perturbations de la semaine. «Nous avons dû faire des heures supplémentaires la semaine dernière et nous avons prévu d?en faire autant la semaine prochaine afin de rattraper les retards accumulés dans la production. Les heures supplémentaires représentent un coût additionnel de 50 % sur les salaires pour ces trois jours», explique Dick Li Wan Po, assistant managing director de Food Canners. Cette société agro-industrielle emploie quelque 200 personnes.
Mais il faut également compter avec les ponts. «Nous avons dû travailler avec un effectif réduit lundi et jeudi, alors qu?il n?y avait aucun congé» précise Dick Li Wan Po.
Anne-Christine Lévigne-Fletcher, directrice de Hémisphère Sud, fabriquant des accessoires en maroquinerie estime, elle, qu?une bonne prévision permet d?atténuer les inconvénients. «Cela fait 30 ans que nous sommes à Maurice. Nous avons appris à vivre avec ce type de situation. Certes, il y a un coût économique évident. Mais cela aurait été le même si les congés étaient répartis sur plusieurs semaines. Nous nous étions organisés et nous avions prévenu les clients.»
L?entreprise, qui emploie plus de 300 personnes, a néanmoins dû gérer les ponts. «Nous sommes un peu fâchés avec ce petit jeu. Nous estimons que l?employé qui s?adonne à cette pratique abandonne l?entreprise qui passe par une semaine difficile», se plaint-elle.
Certains secteurs d?activité sont plus affectés que d?autres. Une journée d?inactivité complète dans la zone franche coûte Rs 40 millions. Mais les usines qui ont des commandes pressées à respecter restent en opération, même si c?est avec un effectif réduit. Si l?on applique le taux moyen de l?inactivité économique en général (40 %), ces trois jours fériés ont fait perdre aux entreprises du secteur manufacturier d?exportation plus de Rs 45 millions de valeur ajoutée. Suivant la même logique, ces trois jours représentent un manque à gagner de Rs 35 millions dans le secteur de la construction et de Rs 12 millions dans l?industrie sucrière.
<B>Activité réduite à néant</B>
Dans d?autres secteurs, tels les services financiers, l?activité aura pratiquement été réduite néant, dans la mesure où les banques, les maisons d?assurance et autres prestataires financiers restent fermés les jours de congé public. Les revenus générés par les services financiers en une journée de travail sont de Rs 50 millions, soit pratiquement le même montant auquel contribue l?immobilier à l?économie nationale. La contribution journalière des autres secteurs au produit intérieur brut est la suivante : administration publique, Rs 40 millions ; secteur éducatif, Rs 25 millions ; hôtels et restauration, Rs 40 millions ; santé et services sociaux, Rs 20 millions ; transport, entreposage et communication, Rs 70 millions.
Des secteurs telle l?administration publique (à l?exception des services essentiels), ont un fonctionnement très minime durant les congés. Alors que d?autres, telle la restauration, opèrent généralement à plein régime durant les jours de fête.
Publicité
Publicité
Les plus récents