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La santé des Aborigènes est en retard de cent ans

31 mai 2007, 00:00

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L’Australie a fêté récemment les 40 ans du référendum de 1967 qui accordait aux autochtones le statut de citoyen, mais sur le plan sanitaire le constat est saisissant : un enfant aborigène né aujourd’hui vivra en moyenne dix-sept ans de moins qu’un non-Aborigène. Dans certains villages, il n’y a plus d’anciens âgés de plus de 60 ans.

Penny Abbott est médecin au centre médical pour Aborigènes de Mount Druitt, dans la grande banlieue de Sydney. Lorsqu’elle a commencé à y travailler, il y a quinze ans, elle a été frappée par la façon dont les Aborigènes acceptaient leurs maladies. “Je me souviens avoir dit à un patient que ses parents, décédés à 50 ans, étaient morts jeunes. Il était surpris car, pour lui, c’était normal”, explique-t-elle. Depuis, Abbott ne s’étonne plus de voir des patients autochtones victimes de crise cardiaque dès l’âge de 35 ans.

Fondé il y a vingt ans, le centre de Mount Druitt accueille gratuitement une population régulière de 1 200 patients aborigènes. Depuis, les institutions communautaires de soins ont essaimé ; il en existe désormais plus de cent dans le pays, pour une population estimée à 500 000 personnes (2,4 % de la population totale).

Cela n’aura pourtant pas suffi à résorber les graves problèmes de santé des Aborigènes. Un récent rapport réalisé pour l’Organisation mondiale de la santé par des chercheurs australiens explique même que “les maladies comme la lèpre, la tuberculose, ne touchent plus les populations blanches depuis des décennies, mais on les rencontre toujours dans certaines communautés aborigènes”. “La santé des Aborigènes est en retard de cent ans”, précise le rapport.

“Il existe un ensemble de maladies liées à la pauvreté”, explique à ce propos Abbott. La population souffre d’un taux de chômage élevé, vit dans des maisons surpeuplées. Sa situation serait pire que celle des autochtones des autres pays, dénoncent les organisations communautaires.

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