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La révolte des sans-grade
«Je ne suis ni un opportuniste, encore moins un homme déraisonnable. J?ai soutenu le leader du Mouvement républicain (MR) pendant 11 ans et nous avons connu des moments difficiles. Nous avons travaillé dur afin que l?Alliance sociale remporte les dernières élections. J?ai sillonné le pays et j?ai participé aux négociations menant à la concrétisation de cette alliance. Je ne suis pas enn roder boute, mais j?espérais une certaine reconnaissance par mon leader et les dirigeants de l?Alliance sociale », déclare Renga Soopramanien, le secrétaire général du MR, qui a soumis, cette semaine, sa démission de toutes les instances du parti.
Le cas de cet activiste n?est pas isolé. En effet, la grogne gagne les rangs des partenaires minoritaires de l?Alliance sociale depuis quelques mois. Certains activistes ne cachent pas leur exaspération, car ils attendent depuis deux ans une nomination sur un conseil d?administration ou encore un poste de responsabilité dans un organisme parapublic.
« Aster bef travay bef manzé »
Un conseiller municipal connu pour sa sensibilité rouge, ronge son frein, car il attend depuis quelques mois des signes de soutien de son chef de parti. Après avoir parcouru l?île pour battre le rappel des activistes timorés pour le meeting du 1er Mai, il n?a pas eu la partie facile avec certains qui sont très remontés contre leurs députés et ministres. Toutefois, ils se sont ralliés autour du parti en espérant des signes de soutien à une quelconque nomination.
« Bizin arrété bef travay souval manzé. Aster bef tavay bef manzé », avait déclaré le Premier ministre lors de ses meetings publics pendant la campagne électorale. Ces activistes déçus répètent inlassablement cette phrase comme pour faire bien comprendre à leurs dirigeants, que d?autres ? entendez, les ennemis d?hier ? ont été nommés à des postes de responsabilités et que jusqu?ici, eux, sont laissés sur la touche.
Au sein des différentes composantes de l?Alliance sociale, la même frustration a gagné les rangs non seulement des activistes, mais aussi ceux des dirigeants. Ainsi, si au niveau du parti d?Anil Bachoo, Noel Ng Cheong Lem, a été nommé comme Trade Adviser, à Bruxelles et le Dr Jyaneshwur Jhurry comme Special Adviser au bureau du Premier ministre, Anil Bachoo attend que certains de ses proches collaborateurs soient promus au cours de cette année.
Le même scénario au sein du MMSM de Madun Dulloo, qui a pu faire nommer Rashid Soobadar, au Caire. Depuis, certains activistes du parti jaune attendent d?être nommés. « C?est un véritable casse-tête, car il n?est pas évident de satisfaire tout le monde. Certains ne comprennent pas qu?ils n?ont pas les compétences requises et qu?il faut nommer des personnes de calibre à certains postes », déclare un ministre.
Ennemis d?hier, amis de demain?
« Les nominations sont faites par le Premier ministre en accord avec le cabinet », explique un apparatchik rouge. « Certes, c?est une manière de voir les choses, mais pourquoi nommer des gens qui, hier encore, nous tombaient dessus et qui aujourd?hui se trouvent à l?avant-plan. Où est la méritocratie ? Et nous, qui sommes-nous ? », déclare un des agents d?un ministre d?une circonscription rurale. Et de fustiger ses représentants en déclarant que des nominés apparentés du MSM ou du MMM sont aux commandes de certaines institutions.
Une autre composante de l?Alliance sociale a depuis longtemps tiré l?échelle. Les Verts Fraternels, lassés d?attendre que certains du parti soient nommés, déclarent qu?ils ont cessé d?évoquer la question avec le Premier ministre. Mais la déception est manifeste au sein de ce parti.
Dans certains milieux de l?Alliance sociale, on laisse entendre que les dirigeants sont conscients que cela pourrait faire mal aux prochaines échéances électorales. « Ne comptez pas sur nous pour les prochaines élections générales ou tout autre élection partielle. Je vais rester chez moi, cette fois-ci », nous déclare un grand activiste dans la circonscription de Piton-Rivière-du-Rempart. Mais en politique, s?empresse-t-il d?ajouter, tout est possible. Les ennemis d?hier ne sont-ils pas les amis de demain ?
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