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La Russie enterre Boris Eltsine

25 avril 2007, 20:00

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La Russie a enterré hier son ancien président Boris Eltsine et les Russes ont observé à cette occasion une journée de deuil national à la mémoire de l’homme qui a démantelé l’Union soviétique et qui est décédé lundi.

Signe que les temps changent, Eltsine n’a pas été inhummé sur la Place rouge comme l’ont été pendant des décennies les chefs du Kremlin. Il a été porté en terre au cimetière de Novodiévitchi, où reposent nombre de gloires de Russie et de l’ex-Union soviétique, de Gogol à Eisenstein et Maïakovski ou Chostakovitch.

Un ancien dirigeant soviétique y repose aussi : Nikita Khrouchtchev, renversé et tombé en disgrâce en 1964, et décédé en 1971 sans avoir les honneurs du mur du Kremlin.

Les funérailles ont débuté vers 8h00 GMT en la cathédrale du Christ-Sauveur, une église que Josef Staline avait en son temps faite détruire, mais qui avait été reconstruite à la demande d’Eltsine, en symbole de la renaissance de la Russie.

L’ancien président russe est ainsi décédé lundi à 76 ans. Son successeur, Vladimir Poutine, a décidé d’organiser des funérailles d’Etat. Des milliers de Russes ont continué avant-hier soir de défiler devant le cercueil ouvert de Boris Eltsine et rendu hommage à ce personnage haut en couleurs qui fut le premier président démocratiquement élu de la Russie post-soviétique.

Cette personnalité complexe laisse l’image d’un réformateur fossoyeur de l’URSS, mais associé aussi au désastre de la première guerre de Tchétchénie (1994-96) et aux conditions troubles de la privatisation de l’économie.

Deux anciens présidents américains, Bill Clinton et George Bush père, feront aussi le déplacement. Le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy représentera la France.

Chantre d’une accentuation des réformes sous la perestroïka, Eltsine connut son heure de gloire pendant les journées du putsch avorté d’août 1991 quand il grimpa sur un char pour haranguer la foule des manifestants refusant le coup de force des conservateurs qui venaient de déposer Mikhaïl Gorbatchev.

Par la suite, la “thérapie de choc” administrée à l’économie russe jeta des millions de ses concitoyens dans la pauvreté tandis que ses proches se partageaient les dépouilles de l’ancienne économie collectiviste du pays.

La première guerre de Tchétchénie, en 1994-96, et l’humiliation de l’ex-armée rouge, de même que son penchant marqué pour la boisson, allaient également entacher sa stature.

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