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La relance de l?emploi au c?ur du prochain budget de Sithanen
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La relance de l?emploi au c?ur du prochain budget de Sithanen
Le retour au plein emploi d?ici trois à quatre ans. C?est la mission que s?est donnée le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen. L?effort pour résorber le chômage sera au c?ur du budget qu?il présente ce vendredi à la nation. Le grand argentier dit vouloir surfer sur une activité économique qui gagne en dynamisme. Les faiblesses structurelles de l?économie, dont une situation budgétaire peu reluisante, peuvent toutefois compromettre sa démarche.
Le prochain exercice budgétaire devrait poursuivre les efforts de restructuration enclenchés l?année dernière pour remettre l?économie sur les rails. ?Grâce aux réformes, nous avons pu renverser le déclin économique. Nous aurons une croissance de 5 % cette année-ci. L?investissement est en hausse. Nous voulons surfer sur cette vague pour que le pays puisse atteindre le plein emploi d?ici trois à quatre ans. L?investissement aujourd?hui, c?est la croissance et l?emploi de demain?, commente Rama Sithanen lors d?un entretien avec l?express à son ministère, hier.
Si la création d?emplois reste une priorité, il faut aussi trouver des solutions spécifiques au problème de chômage de longue durée qui se manifestent surtout chez ceux qui n?ont pas un niveau d?instruction élevé. ?Nous aurons dans les prochaines années beaucoup de nouveaux jobs dans le tourisme, la construction, le développement immobilier, et dans le seafood hub, entre autres. Ces nouvelles opportunités permettront à nos compatriotes qui n?ont pas eu la chance d?avoir un niveau d?éducation adéquat, d?intégrer le marché du travail si nous leur offrons une formation.?
Le budget mettra aussi beaucoup d?accent sur le problème d?inadéquation qui touche le marché de l?emploi. Le profil de beaucoup de chômeurs ne correspond pas aux attentes des entreprises qui embauchent. ?J?ai consacré beaucoup de temps pour trouver des solutions à ce problème. J?ai eu beaucoup de consultations à ce sujet à la fois avec des spécialistes et avec des gens qui sont sur le terrain?, explique le grand argentier.
Mais les perspectives d?une reprise forte sont entravées par l?existence des déséquilibres structurels (déficit fiscal et des dettes publiques élevées, balance extérieure déficitaire et faiblesses sur le plan de la productivité et de la compétitivité) affirme reconnaître le ministre.
Le chômage préoccupe aussi le monde des affaires. ?Les réformes enclenchées l?année dernière commencent à rapporter quelques résultats. Toutefois, le problème du chômage persiste encore. Il y a, d?autre part, un problème d?inadéquation entre les jobs que les entreprises proposent et ceux qui sont à la recherche du travail?, souligne Jacques de Navacelle, le président du Joint Economic Council (JEC).
<B>?Actions ciblées?
Celui-ci s?inquiète surtout de la prévalence du chômage dans des régions défavorisées du pays. Le secteur privé, dit-il, doit jouer un rôle plus actif à ce niveau. ?Il y a des poches de pauvreté qui méritent des actions plus ciblées. L?Empowerment Programme prévoit plusieurs initiatives pour trouver des solutions à ce problème. Les entreprises devront s?engager dans certaines actions concrètes. Beaucoup de gens n?arrivent pas à comprendre comment des entreprises puissent recruter de la main-d??uvre étrangère alors qu?il existe un niveau élevé du chômage dans certains quartiers de l?île?, dit le président du JEC.
La principale organisation du secteur privé compte réunir ses membres dans les semaines à venir pour réfléchir sur un plus grand engagement des opérateurs contre le chômage.
Agences parapubliques
<B>De nouveaux ?squelettes? au coût de plus de Rs 1 milliard</B>
■ A la veille du budget, les livres de l?État décèlent encore ?des bombes à retardement?. Les agences parapubliques sont une fois de plus dans le collimateur. Rama Sithanen avance que le gouvernement doit trouver plus de Rs 1 milliard pour absorber de ?nouveaux squelettes dans les placards?, laissés, allègue-t-il, par l?ancien régime : ?Ils ont agi de manière criminelle.? Le prochain budget doit trouver des ressources additionnelles pour venir à la rescousse de la Mauritius Revenue Authority (MRA), le Business Parks of Mauritius Ltd (BPML) et la Mauritius Housing Company (MHC). ?L?ancien gouvernement n?a fait aucune provision pour la pension des employés de la MRA lorsqu?il a créé cet organisme. Il nous faudra trouver quelque Rs 700 millions à cet effet?, s?inquiète le ministre. BPML, de son côté, n?est pas au bout de ses peines après un bilan financier peu flatteur l?année dernière. Selon le ministre, celui-ci serait en faillite et n?arrive pas à honorer ses dettes. ?Tous les jours, ils (la direction du BPML) sont sur mon dos pour que le gouvernement central paye ces dettes. Je dois trouver encore de l?argent pour combler ces trous?, se lamente Rama Sithanen. La MHC subit les effets collatéraux des déboires de BPML. Sa participation au projet de logement cyber village d?Ebène lui a coûté très cher. ?La MHC éprouve aujourd?hui des difficultés à accorder des prêts à des gens pauvres parce qu?elle doit gérer ce problème financier?, s?indigne le grand argentier. Mais il n?y a pas que les ?nouveaux squelettes dans le placard? qui préoccupent le grand argentier. La dette publique et le déficit budgétaire sont toujours dans le rouge malgré quelques légères améliorations. Le service de la dette va mobiliser à lui seul près d?un quart des dépenses. ?Le remboursement des dettes et les pensions représentent 38% de nos dépenses?, fait ressortir le ministre.
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