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?A la Réunion, on a plus de liberté pour dire les choses?

20 août 2005, 00:00

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Ce n?est pas la première fois que vous venez jouer sur les planches mauriciennes ?

C?est la deuxième fois que je viens pour jouer, après Architruc. Je viens cette fois avec ma petite troupe, ou plutôt ma grande troupe puisque le Téat La Kour a récemment fêté ses dix ans. C?est la première fois que Téat la Kour vient jouer à Maurice.

Pourquoi n?êtes-vous pas venu plus tôt ?

Bonne question. On avait pour conviction de conquérir notre île d?abord, ou comme on dit chez nous, nettoie devant ta porte avant de nettoyer celle des autres. Et on ne savait pas trop à qui s?adresser.

Comment s?est faite la rencontre avec les Komiko ?

En juin 2004, j?ai rencontré Miselaine Soobraydoo au Centre Dramatique. On a découvert que l?on faisait le même travail, chacun dans son île. Et l?on s?est dit que ce serait bien de faire quelque chose ensemble, un jour.

Parlez-nous de ce que vous avez présenté au théâtre de Port-Louis...

On a présenté des sketches, de 5 à 15 minutes environ, des saynètes de la vie de tous les jours, des jeunes du quartier face aux forces de l?ordre, les jeunes face aux parents... On veut dire par exemple, sur les jeux video, que tout est devenu virtuel, les jeunes ne s?amusent plus. Il y a aussi un sketch sur un mari et sa femme et un autre sur le touriste perdu à l?aéroport. On essaie de parler de tout ça en disant que les problèmes sont un tout.

Quel est votre but en vous engageant ?

Faire un théâtre de proximité, traiter la vie avec dérision. On n'a pas de message, mais à travers notre jeu, on amène les gens à réfléchir.

Comment s?est passé le choc des humours ?

On a rajouté quelques trucs à la Mauricienne, tout en respectant notre créole, parce que c?est important pour nous. On est prêt à partager. Entre Créoles on se comprend.

Y a-t-il une différence entre l?humour réunionnais et celui de Maurice ?

La plus grande différence c?est la langue. Ensuite, peut-être qu?à la Réunion, on a plus de liberté pour dire les choses. On est plus social. Les Komiko traitent aussi des problèmes sociaux. La rencontre ne s?est pas faite pour rien. L?humour est universel.

Les Komiko mettent un point d?orgue à suivre des formations dans tous les arts de la comédie. Est-ce aussi le cas du Téat La Kour ?

Oui, on a fait beaucoup de stages. On a même plus de chances de pouvoir faire des stages car des compagnies viennent à La Réunion. On en a fait pas mal, même si on était un peu réticent au début.

Pourquoi ?

Parce que l?on a commencé avec nos tripes, nos idées, pas avec la technique. Mais finalement, c?est toujours bien d?apprendre. Personnellement, j?ai pu jouer avec d?autres compagnies, Talipot, Vollard, et cela nous a enrichis. Les autres membres de la troupe ont fait un stage de théâtre de rue. On a eu plein d?opportunités.

L`INSAISISSABLE MISELAINE

A l?île Maurice, il existe quelqu?un de plus rapide que Stephan Buckland. Miselaine Soobraydoo, médaille d?or de l?heptathlon théâtral. Une discipline en plusieurs actes. Difficile à rattraper lorsqu?elle a pris son élan, elle part comme une fusée aux 100 mètres, explose de rire à la longueur, reste sérieuse quand elle prend de la hauteur, main de fer au lancer, concentration dans l?endurance. En une seule semaine, Miselaine est animatrice, présidente de jury, comédienne, metteur en scène. Miselaine est une épreuve de force qui jongle, avec beaucoup d?aisance et un minuscule grain de fatigue, avec les fonctions. Imaginez un podium olympique, avec trois marches et voilà le tableau.

En troisième position, Miselaine Soobraydoo, animatrice de B the nxt Star, aux côtés d?Odile Halbwachs, chaque semaine à la radio, la dame présente les candidats de la Star Ac locale. Médaillée d?argent, Miselaine Soobraydoo, membre du jury de Ti Mambo, dont la finale aura lieu ce soir sur la MBC. Elle a sûrement besoin de courage pour chaque semaine faire un choix si difficile entre les rêves des adorables mini-stars. Enfin, le titre de championne du monde du saut en hauteur, parce qu?elle surpasse ses limites, la metteur en scène, directrice et comédienne de la troupe Komiko, qui joue, depuis le milieu du mois de juillet, au théâtre de Port-Louis et organise les Komiko Folies, presque tous les soirs. A ce rythme-là, même Buckland y laisserait des plumes. Et l?insaisissable Miselaine n?est pas prête de s?arrêter là puisque dès ce soir, les Komiko poursuivent leur festival avec Kafouyaz, toujours au théâtre de Port-Louis.

BLAGUE À PART

La troupe Téat La Kour, vient du Chaudron, un quartier de Saint Denis à La Réunion. Dirigée par le comédien intermittent Eric Isana, la troupe existe depuis une dizaine d?années et est constituée d?une petite équipe dynamique, Annie Hoareau, Tiéri Alba, Laurent Boisedu et Lino Rasolonirina, se partagent les rôles et les devoirs.Ils ont aussi amené un Dallon, le chanteur James. Il a débuté en même temps que la troupe et s?est même fait une place dans la chanson à La Réunion. Donc, la troupe l?emmène aujourd?hui dans ses valises, histoire de faire d?une pierre deux coups, de s?entraider entre artistes, pour mieux oublier l?époque où personne ne leur tendait la main.«On vient avec des sketches de 100% La Kour, qui décrit un peu ce qui se passe autour de nous, et pour de vrai». Une phrase à plusieurs voix mais un même mot d?ordre, «dire ce que l?on pense,» bien doser la dérision.

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