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La République malmenée
Dieu est partout, dit-on. Mais, les politiciens le sont également. On n?arrête pas de les voir à toutes les fêtes à caractère religieux. En outre, ils n?hésitent pas à prendre la parole à ces occasions pour faire passer des messages religieux. Du coup, les repères s?estompent. La confusion est totale entre religion et politique.
Ce mélange entre le spirituel et le temporel est contraire aux valeurs d?une République laïque. Une République ne fait pas de différence entre les citoyens. Pour tendre vers cet idéal, il faut d?abord que la pratique des religions relève strictement du champ privé. En particulier, les dirigeants de la nation devraient prier dans l?intimité de leur foyer et pas devant les caméras de la télévision nationale.
Le refus de mélanger la religion et la gestion des affaires publiques n?a rien à voir avec un quelconque positionnement anticlérical. Il repose sur un principe simple : Dieu et la politique ne font pas bon ménage. Pour garantir l'égalité des droits de tous les citoyens de la République, les dirigeants politiques doivent se garder d?afficher en public leurs appartenances religieuses.
S?il y a un personnage de la République qui souscrit réellement au principe de la séparation entre la religion et les affaires de l?Etat, c?est bien le président Anerood Jugnauth. Le chef de l?Etat a mis fin, une année après son installation à Réduit, à la tradition d?adresser un message de fin d?année à la population le 25 décembre. Celui qui a permis à Maurice d?accéder au statut de République est resté cohérent avec ses positions antérieures. Il a refusé de s?exprimer à l?occasion d?une fête religieuse, la Noël. Il a également été le premier politicien d?envergure à prendre ses distances avec les mouvements socioreligieux, toutes confessions confondues.
De même, la volonté de maintenir une certaine distance entre les politiques et les religieux a incité l?Eglise catholique à adopter des pratiques très saines. Le vicaire général, Jean Maurice Labour, rappelait récemment que «l?Eglise catholique n?offre jamais le micro aux politiciens quand ceux-ci assistent aux célébrations religieuses. Jamais aucun politicien d?aucun gouvernement n?a siégé sur un comité interministériel pour organiser les fêtes religieuses catholiques?»
D?ailleurs, Somduth Dulthumun, président de la fédération des temples hindous ne dit pas le contraire. Dans une interview à «l?express», il annonçait ceci : «Les grandes associations religieuses hindoues n?inviteront plus les politiciens aux célébrations religieuses? ça ne sert à rien d?inviter les politiciens tout le temps? la majorité des gens n?apprécient pas leur présence lors d?une fonction religieuse? les personnages politiques profitent des plateformes de sociétés religieuses pour faire de la politique. Les dirigeants de sociétés religieuses profitent de la situation pour que les politiciens travaillent dans leur intérêt.» Ces propos ont été tenus en novembre 2003. Hier, le même Somduth Dulthumun a enguirlandé Navin Ramgoolam à Ganga Talao avant de l?inviter à prendre le micro.
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