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?La régionalisation : une question de temps?
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?La régionalisation : une question de temps?
Mahen Purbhoo , ancien senior sports officer au ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS), a tiré sa révérence , en août dernier, après 26 années de service.
Homme de principe, il était aussi connu pour sa très grande discrétion. Sollicité souvent par les journalistes pour des informations, il nous renvoyait toujours, très poliment, vers l?attaché de presse du ministre ou encore vers le Permanent Secretary. « Ou conné, pas bizin encolère, mo pas capave dire ou grand-chose lor la vaut mieux ou appel attaché de presse ou PS », répondait-il.
Mais ce n?est pas pour autant que Mahen Purbhoo a été la proie des journalistes. Au contraire, de par son sérieux et son sens de responsabilité, il a toujours inspiré le respect dans le mileu sportif.
Cet ancien fonctionnaire nous fait le récit de son parcours : « J?étais enseignant de langues dans le secondaire avant de me joindre à la fonction publique en 1973 comme trainee teacher pour le primaire. J?avais été approché pour travailler au School Campus d?Anse-la-Raie. En 1977, sous l?encouragement de mes amis, je me suis envolé pour Gwalior, Inde, pour des études en éducation physique au Luxmibhai National College of Physical Education. Je suis revenu en 1980 où j?ai rejoint le ministère de l?Éducation. Mais quelques mois plus tard, j?ai été affecté à National Sports Traning School. Depuis ce temps, la formation était une condition sine qua non pour réussir», raconte-t-il.
<B>Bagarre au stade Anjalay</B>
En 1981, avec la « décommunalisation » du sport, Mahen Purbhoo est appélé à assumer d?autres fonctions au sein du MJS. « Dans le cadre des 2es Jeux des îles en 1985, Maurice était dotée pour la première fois d?une piste synthétique à Réduit. Je devais assurer le suivi et la gestion du stade. C?est ainsi que j?ai créé un fort lien d?amitié avec les dirigeants de l?Association mauricienne d?athlétisme amateur. J?ai vu défiler des athlètes tels que Sandra Govinden, Richard Duval et Judex Lefou, entre autres », poursuit-il.
Il est ensuite muté au stade de Belle-Vue au début des années 90. « Avec le Français Philippe Dupont, nous nous occupions de l?aspect financier des événements », souligne-t-il.
Mais son passage à Belle-Vue sera marqué par de tristes incidents survenus le 14 novembre 1993. « C?était à l?occasion d?un match de football entre Maurice Espoir et le Cadets Club. Une bagarre avait éclaté à la suite d?une faute qu?aurait commise l?arbitre. Les spectateurs avaient saccagé et incendié le stade. Il avait fallu solliciter l?intervention de la police pour protéger le site. C?est la première fois que je voyais une bagarre ?live? », se souvient-il.
En 1996, Mahen Purbhoo est transféré au Mauritius Sports Council (MSC) où il assumait les fonctions de Managing Secretary jusqu?à l?an 2000. Il avait ensuite été muté au head office du MJS à Port-Louis. Il avait été appelé à travailler sur plusieurs dossiers importants dont celui de la régionalisation.
« C?est quoi la régionalisation ? Au lieu d?aller vers le centre, la régionalisation permet à chacun, à sa façon, de pratiquer un sport de son choix avec l?encadrement voulu dans sa région », explique-t-il. Et de poursuivre : « La régionalisation a été appliquée dans tous les domaines. Est-ce qu?elle a été un succès où pas ? Dans le cas de l?éducation, je dirai qu?il a été un demi succès et un demi-échec. Les villages sont désormais doté des mêmes infrastructures avec les mêmes facilités que dans les villes. Dans le secteur de la santé, avec l?ouverture des Health Centres à travers l?île, les personnes malades ne doivent plus aller dans les hôpitaux pour se faire soigner. La régionalisation a, donc, été une réussite dans ce secteur. Même les commerces ont été régionalisés. Pourquoi pas le sport ? Certaines personnes ont accepté de jouer le jeu, d?autres essayent de le faire. Je pense que la culture viendra. C?est tout simplement une question de temps », estime-t-il.
Mais, iniste-t-il : « Il faut que chacun apporte sa contribution. Que ce soit à Rose-Hill, à Grand-Gaube, à Grand-Sable ou à Grand-Baie, tout le monde à le droit de pratiquer le sport. Les infrastructures sont construites après tout avec l?argent des contribuables. »
Mahen Purbhoo s?est également appesanti sur l?évolution du sport à Maurice. « La formation est désormais le maître mot dans le sport. Un athlète ne peut pas émerger seul, il a besoin d?un encadrement de qualité, que ce soit sur le plan physique, technique, psychologique, ou diététique, pour réussir. Le suivi médical est également important quoique cet aspect soit quelque peu négligé à Maurice », note-t-il.
Ce manquement peut-être comblé, selon notre interlocuteur. « Nous avons une structure qui existe déjà. Je pense que l?on devrait tout simplement augmenter le personnel. Ce faisant, on pourrait éviter les risques de blessures chez nos athlètes », dit-il.
Selon notre interlocuteur, les autorités dont le MJS, le Comité national olympique mauricien, le Mauritius Sports Council et les fédérations investissent gros pour assurer le bien-être des athlètes. Sans compter l?aide précieuse provenant des institutions étrangères, à savoir la CJSOI, la CONFEJESS et le Comité international olympique.
<B>Des idées plein la tête</B>
Par ailleurs, ajoute-t-il : « Nous devons être fiers car le savoir-faire mauricien est reconnu ailleurs. Je pense ici à Joël Sévère et Georges Appadoo, entre autres, qui sont souvent appélés à animer des stages à l?étranger. »
Mahen Purbhoo est d?avis que la technologie a également contribué à l?évolution du sport à Maurice. « L?internet est un atout majeur en sport. Vous pouvez y trouver des conseils voire même des programmes d?entraînement », souligne-t-il. Selon lui, Maurice a tout pour réussir au plus haut niveau mais, dit-il : « Il faudrait identifier les disciplines où nous avons plus de potentiel et surtout de chance d?exceller. À mon avis, on devrait concentrer nos efforts et nos moyens sur les sports tels que le kick-boxing, la boxe française, la boxe et l?haltérophilie. Nous devons également étendre l?exercice de talent spotting à Rodrigues et, pourquoi pas, à Agalega. » Des idées, Mahen Purbhoo en a plein la tête.
Mais pour l?instant, il préfère profiter pleinement de la vie. « Je peux désormais lire les journaux, m?occuper de mon jardin et bavarder avec mes amis », conclut-il.
INFRASTRUCTURES
<B>L?entretien, l?affaire de tous</B>
Mahen Purbhoo est l?un des rares officiers du ministère de la Jeunesse et des Sports à avoir suivi une formation en gestion et maintenance des installations sportives en France. « L?État dépense des sommes exorbitantes pour la construction des infrastructures sportives. Il faut, donc, essayer dans la mesure du possible de les pérenniser. »
« La maintenance ne devrait pas être que l?affaire du gouvernement car il ne faut pas oublier que les utilisateurs sont les fédérations, les entraîneurs et les athlètes. Chacun doit prendre ses responsabilités. À ma connaissance, 10 % du budget de la construction sont consacrés à la maintenance », précise-t-il.
Un code de conduite est important, estime Mahen Purbhoo, pour responsabiliser les utilisateurs. « Quand vous allez dans un surpermarché, si jamais vous cassez un produit, vous devez rembourser. Pourquoi ne pas appliquer le même principe dans le cas des infrastructures sportives ? Nous en avons, d?ailleurs, fait l?expéreince avec le complexe de Pointe-Jérôme. Au départ, après chaque stage, nous notions des dégâts assez considérables. Mais depuis que nous avons introduit un système de dépôt où l?argent est retourné aux participants uniquement s?il n?y pas de dégâts, les choses se sont améliorées », note-t-il.
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