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La région fait une mise au point sur les enjeux des médias

13 mai 2004, 20:00

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L?autorégulation de la presse, pour ou contre ? C?est là une des questions qui déclenchent des passions en ce moment parmi les gens des médias. Des débats passionnés, le Dr Roukaya Kasenally, responsable de la faculté de communication, espère que la conférence régionale qui se tient lundi et mardi prochains à l?université de Maurice en sera l?occasion. Elle y réunit chercheurs et spécialistes de la région sur la question des médias.

Media and Democracy in an age of transition, c?est le thème de la rencontre. Les intervenants, au nombre d?une trentaine, sont universitaires, chercheurs, gens de métier et autres sommités des Comores, de l?Inde, de Madagascar, de Namibie, de la Réunion, des Seychelles, d?Afrique du Sud et du Congo. Une dizaine d?intervenants et de participants aux tables rondes sont des Mauriciens : Vinesh Hookoomsing, Shakuntala Boolell, Ramesh Seegobin, Jean-Claude de L?Estrac, Gilbert Ahnee, Palmesh Cuttaree et Yvan Martial, entre autres.

Divisée en quatre panels, la conférence permettra d?aborder plusieurs facettes des thèmes suivants : le rôle des médias en démocratie et la liberté d?informer, la manière d?informer et la régulation, les relations entre l?Etat et la presse, les nouveaux médias, la question des langues, la responsabilité en milieu pluriethnique. La conférence est organisée par l?OSSREA Mauritius Chapter (voir hors-texte).

Enfermés dans une tour d?ivoire

Les deux tables rondes qui clôtureront les journées promettent un riche débat. L?une est Broadcasting in a liberalised environment : the way forward. Dans ce contexte le Dr Kasenally explique que ?les incidents récents impliquant les radios privées prouvent qu?il faut mettre des paramètres à toute liberté?.

L?autre sujet est The emergence of an ethnic press.. ?Nous ne disons pas que cette émergence existe. Nous posons une question. Nous invitons les gens à venir en discuter?, dit le Dr Sheila Bunwaree, également organisatrice de la conférence. ?Jusqu?ici Maurice a fait du très bon travail dans la gestion de sa diversité. Il est impératif que cela ne change pas?, ajoute-t-elle. ?S?il y a effectivement émergence, il faut en analyser les raisons et décider comment les gérer?, dit-elle.

Quelles sont les raisons à l?origine de cette conférence ? ?Pour mettre en perspective la pertinence de l?OSSREA, pour mettre en contexte (notre) lutte? et aussi pour ?conscientiser ceux qui ne sont pas convaincus de la validité de (notre) démarche?, répond Sheila Bunwaree. Elle ajoute que trop souvent les intellectuels sont accusés d?être enfermés dans leur tour d?ivoire, d?être en déphasage avec la réalité. ?Or, nombre d?entre nous ont pris conscience de nos difficultés présentes et à venir et nous voulons conscientiser les gens?, dit-elle.

Cette conscientisation devrait aider les décideurs, souhaitent les deux organisatrices. ?Du moins nous aurons fait ce qu?il faut pour cela?, ajoute Roukaya Kasenally.

ASSOCIATION

Les chercheurs ?régionalisent? leur réflexion

  • Maurice a intégré depuis quelques mois seulement l?Organisation for Social Science Research in Eastern and Southern Africa (OSSREA). Créé dans les années 80, cet organisme a pour but d?encourager les chercheurs et enseignants africains en sciences sociales à réaliser des études sur les réalités propres à la région.

Un constat est à l?origine de l?OSSREA : les études entreprises dans les pays du Nord ne sont pas pertinentes pour l?Afrique subsaharienne. ?Or, l?influence du Nord dans nos recherches et solutions à des problèmes sociaux n?a pas diminué depuis l?ère de la colonisation?, explique le Dr Sheila Bunwaree de l?université de Maurice. ?Au contraire, renchérit sa collègue le Dr Roukaya Kasenally, elle s?est fait de plus en plus en sentir depuis la décolonisation des territoires africains allant même jusqu?à devenir la référence dans les cours dispensés dans toutes les universités à travers l?Afrique de l?Est et l?Afrique australe.?

Au sein de cette organisation régionale, ses adhérents veulent donc encourager les intellectuels de ces pays, à enseigner à la lumière de nouvelles recherches, à se rassembler pour avoir une influence plus importante sur les stratégies politiques des décideurs locaux.

Vingt et un pays font partie de l?OSSREEA. Sous la houlette du Dr Kasenally, l?OSSREEA Mauritius Chapter ? composé de 25 entités, universitaires, ONG ou autres associations ? travaille sur un ouvrage qu?elle compte publier à la fin de l?année : Mauritius at the Crossroards : continuity and change.

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