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La réforme du transport freinée par le péage

4 novembre 2006, 00:00

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Cela roule très lentement sur la voie de l?amélioration du transport de masse et du trafic routier. Le gouvernement a décidé de créer une institution qui chapeautera tous les organismes du transport et agencera les éventuels changements au système, Land Transport Authority (LTA). Mais le péage pour les véhicules venant à Port-Louis est un obstacle sur la route de la lutte contre la congestion routière. Le ministère des Infrastructures publiques et du Transport se penche actuellement sur cette LTA.

Jonathan Richmond, un expert en transport sollicité par le gouvernement, propose le bus way et toute une série de mesures autour de cette option. L?autre composante clé de cette suggestion est la mise en place d?un système de péage pour les véhicules qui entrent dans la capitale.

Les voitures qui arrivent à Port-Louis entre 7 et 10 heures le matin devront débourser Rs 100. Les véhicules à marchandises payeront Rs 200. Les autres mesures préconisées concernent l?élimination des parkings dans les rues de la capitale, l?imposition d?une parking taxe aux opérateurs de parkings privés à Port-Louis et la possibilité pour les autobus de déposer leurs passagers dans le centre-ville de la capitale près de leurs bureaux (cela présuppose l?interdiction de plusieurs rues aux autres véhicules pour laisser la voie libre aux autobus).

La création d?un bus lane sur l?autoroute entre St.-Jean et Port-Louis, un nouvel accès liant le Nord et le Sud de la capitale pour éviter le centre-ville et la révision du système de taxis sont aussi au menu. Il ne faut d?ailleurs pas confondre le bus lane avec bus way, qui lui, suit le trajet de l?ancienne voie ferrée, de Curepipe à Port-Louis.

Mais le péage est très contesté. Le gouvernement n?affiche pas la cohésion sur ce point. En conséquence, le projet avance lentement.

<B>Coût plus élevé</B>

Pourtant sans le péage, le bus way n?apportera pas de grands remèdes aux problèmes de congestion. «L?investissement dans de nouvelles infrastructures dont le bus way n?est qu?un aspect d?un grand programme. Il faut une gestion de la demande de l?utilisation des voitures ensemble avec les infrastructures. Nous avons déjà fait beaucoup d?investissements dans le passé, mais les choses ont empiré. Singapour a réussi parce qu?il a su combiner la gestion de la demande et les infrastructures», explique un haut officiel du gouvernement.

Bref, il faut encourager les gens à voyager par autobus ? en leur donnant un meilleur service de transport de masse ? et en même temps les décourager à se servir de leurs voitures pour venir à Port-Louis - en rendant le coût d?utilisation plus élevé. Ces disincentives comprennent des tarifs de stationnement plus élevés, la réduction significative du nombre d?aires de stationnement disponibles en ville, en sus du péage pour y pénétrer.

En contre-partie à ce coût élevé, les utilisateurs auront droit à une circulation beaucoup plus aérée et passeront moins de temps sur les routes.

Toujours est-il que les décisions touchant à l?utilisation des voitures demeurent très impopulaires. D?où l?hésitation des décideurs à les appliquer.

Face au peu de progrès enregistré jusqu?ici sur le dossier du transport, le gouvernement a donc décidé d?activer la création de la LTA. Celle-ci est une des 18 mesures suggérées par l?expert Jonathan Richmond. Cette nouvelle agence devra regrouper tous les organismes publics concernés par le transport dont la National Transport Authority, la Road Development Authority et la Traffic Management & Road Safety Unit.

La LTA sera dotée d?une capacité de planification et de pouvoir pour mettre en ?uvre et piloter les réformes. Par exemple, c?est elle qui aura la responsabilité de déterminer le tracé du bus way et de prendre les dispositions nécessaires pour sa réalisation.

«Cela apportera une plus grande synergie. C?est cette agence qui coordonnera les éventuelles réformes. A Singapour, la LTA a permis d?agencer les changements aux systèmes de transport et de trafic routier. Nous voulons aller vite avec ce projet», indique le chief executive du ministère des Infrastructures publiques, Krish Ponnusamy.

Le dossier sera soumis pour examen au parquet le mois prochain. Le Conseil des ministres se penchera sur le texte de loi avant que l?Assemblée nationale ne l?adopte.

La solution au problème de la congestion routière est un des nombreux chantiers de réforme auxquels le gouvernement s?est attaqué dans le cadre de son vaste projet de restructuration économique. Le dossier du transport figure parmi les requêtes de financements formulées auprès des bailleurs de fonds potentiels.

Certains, dont la Banque mondiale et l?Union européenne sont prêts à mettre de l?argent sur la table. Mais encore faut-il leur présenter des solutions globales et non uniquement des projets d?investissement dans de nouvelles infrastructures.

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