Publicité

La réduction du cess et la révision du prix du sucre examinées

27 juin 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

La réduction du cess et la révision  du prix du sucre examinées

«Nous sommes en train d?examiner ces deux questions, le prix du sucre sur le marché local et la réduction du cess.» C?est ce qu?affirme le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell. Une réplique qui se veut rassurante à l?égard des sucriers.

Thierry Merven, élu hier comme le nouveau président de la Chambre d?agriculture lors d?une assemblée générale explique: «Il faut que la réforme réussisse car des gros investissements ont été consentis. Nous allons tout mettre en ?uvre afin de la faire aboutir surtout avec l?échéance de 2009. Nous ne sommes pas au bout de nos peines. Il y a encore de gros efforts à faire pour amener la réforme à bon port», dit -il.

De son côté, Arvin Boolell ajoute «l?accord conclu en décembre fait provisions pour une révision du prix du sucre sur le marché local. Une décision sera prise incessamment à ce sujet.»

Le ministre fait ressortir que les recommandations faites par le cabinet d?experts comptables KPMG au sujet du reclassement des employés et de fusions de certaines institutions financées par le «cess» ont été prises en considération par tous les partenaires afin d?assurer la continuité des services accordés à la communauté des planteurs et à l?industrie sucrière.

Jean Ribet, le président sortant de la Chambre d?agriculture, consent que d?énormes progrès ont été réalisés depuis la signature de l?accord entre le gouvernement et la MSPA en décembre dernier.

«Mais le plan de réforme se doit d?être mis en ?uvre dans son intégralité. Ces différentes composantes sont totalement imbriquées et ne peuvent pas être considérées de manière indépendante ou isolée. Tout retard dans la mise en ?uvre de l?une ou l?autre de ces composantes aura un impact direct sur l?ensemble du plan», estime Jean Ribet.

Une des stratégies clé du projet de réforme concerne la réduction et la rationalisation des coûts, dont deux actions principales portent sur l?ajustement du prix du sucre sur le marché local afin qu?il ne soit plus une subvention nationale au détriment des producteurs, et la réduction du cess.

<B>«Assurer la sécurité alimentaire»</B>

Le sucre consommé localement est importé depuis des années et son coût a été plus élevé que son prix de vente. Le Syndicat des sucres relève des «subventions involontaires» des producteurs locaux à hauteur de Rs 1,1 milliard de 2006 à 2008, et de Rs 315 millions durant l?année à venir, si rien n?est fait. Cette dernière estimation équivaut à une perte de près de Rs 650 par tonne de sucre produit.

Car le prix de sucre acheté par les pays de l?Union européenne sera réduit de 17 % dans trois mois et de 36 % en octobre de l?année prochaine. Ce qui fait que le prix du sucre pourrait baisse Rs 12 500 la tonne l?année prochaine, contre Rs 18 200 l?année dernière.

Autre préoccupation des producteurs est la nécessité de réduire le cess- un prélèvement direct sur les revenus des producteurs. Le «cess» représentait une ponction de Rs 580 millions en 2007-2008 et devrait atteindre un peu moins de Rs 640 millions cette année. Cette somme équivaut à Rs 1 300 de perte de revenu par tonne de sucre produit.

Thierry Merven ajoute : «Nous allons aussi participer à l?effort national pour assurer la sécurité alimentaire, notamment l?augmentation de la production de denrées alimentaires. Mais en même temps il est indispensable que ces activités soient économiquement viables.» L?accent sera mis sur l?augmentation de production de la pomme de terre et d?autres denrées.

Un autre axe prioritaire du mandat de Thierry Merven est d?explorer les possibilités d?un partenariat régional sur la question de production agricole.

Une mission dirigée par Rama Sithanen, ministre des Finances, se rendra à Madagascar incessamment, pour explorer les possibilités de coopération dans le secteur de la sécurité alimentaire.

Le secteur privé sera aussi représenté. Ce déplacement a pour objectif de finaliser un accord qui permettra aux Mauriciens, petits planteurs et au secteur corporatif, d?investir dans la production alimentaire à Madagascar.

PARCOURS

<B>Thierry Merven, un passionné de la nature et de plantes tropicales</B>

■ Thierry Merven se joint au secteur sucrier en 2004 en tant que directeur général de Cie de Beau-Vallon Ltée, qui gère l?établissement sucrier de Riche-en-Eau. En 2006, il est nommé «Chief Executive Officer». Il a occupé successivement le poste de manager de la Société de traitement et d?assainissement des Mascareignes Ltée et celui de manager d?«IBL Environment Ltd», avant de s?investir dans le monde agricole. Très actif dans le développement économique de la région sud, Thierry Merven siège au conseil d?administration de plusieurs compagnies engagées notamment dans des activités de production agricole, d?usinage de sucres et de génération d?énergie électrique. Il est un passionné de la nature et de plantes tropicales. Il s?intéresse tout particulièrement aux espèces endémiques de l?île.

Publicité