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La pêche se cherche de nouvelles zones

3 décembre 2007, 00:00

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La pêche sur les bancs est saturée. Du coup, les compagnies mauriciennes s?apprêtent à pêcher dans de nouvelles zones. Elles élargissent également leurs horizons : la pêche au thon est convoitée dans le sillage des énormes opportunités que représente le développement du secteur seafood, en l?occurrence, la pêche, la transformation et l?exportation des produits de mer.

IKS Fishing Co. Ltd (IKSFC) a acheté deux anciens bateaux de pêche japonais avec l?intention de pêcher au thon dans les eaux mauriciennes. Les prises seront exportées vers le Japon qui n?impose aucun quota sur le thon en provenance de Maurice. Mais une partie des prises pourra aussi être écoulée sur le marché local, dépendant de la demande et du prix.

«Cela fait presque trente ans que nous sommes engagés dans la pêche sur les bancs. Mais, aujourd?hui, cette activité est limitée, avec pour résultat qu?il n?y a pas eu d?augmentation dans le nombre de bateaux opérant dans ce secteur», explique Ah Kin Ip Kwok Sheung, directeur général de IKSFC. «Avec le quota de pêche à être désormais partagé avec un plus grand nombre d?opérateurs, notamment avec le Fishermen Investment Trust (FIT), il nous faut diversifier nos opérations même si nous continuons nos activités de pêche sur les bancs. Ce trust permettra à la communauté des pêcheurs de bénéficier d?un quota d?environ 1 000 tonnes de poisson», ajoute-t-il.

«Pourquoi pas des thoniers mauriciens»

Aujourd?hui, plus de 200 bateaux de pêche, européens, taïwanais, japonais et coréens ont obtenu des permis de pêche dans les eaux mauriciennes, contre paiement de droits de pêche.

Les bateaux de pêche faisant escale à Port-Louis ont rapporté au pays environ Rs 3,5 milliards en 2006. Sans compter que le secteur de traitement de poissons a contribué l?année dernière quelque Rs 6 milliards à l?économie mauricienne. Il s?agit en particulier des exportations faites par Princes Tuna Mauritius Ltd et Thon des Mascareignes Ltée (TDM), compagnie du groupe Ireland Blyth Ltd (IBL). Avec TDM, Froid des Mascareignes Ltd (FDM), qui fait aussi partie du groupe IBL, est également un des plus gros opérateurs du seafood. La production locale de poisson se chiffre à Rs 700 millions annuellement. Le secteur de la pêche emploie environ 12 000 personnes. «Il y a tant de thoniers étrangers qui opèrent dans nos eaux. Pourquoi pas des thoniers mauriciens ? Le secteur de la pêche au thon est porteur. Il serait souhaitable d?avoir aussi des compagnies mauriciennes. Nous, à IKS, avons acheté deux anciens thoniers japonais pour faire de la pêche au thon, ce qui témoigne de notre confiance dans ce secteur», souligne Ah Kin Ip Kwok Sheung.

Mais, à son avis, il y a beaucoup de contraintes, notamment au niveau des conditions imposées par les autorités pour pouvoir obtenir le certificat de navigabilité et l?embauche de la main-d??uvre étrangère. A un certain moment, l?IKSFC avait sept bateaux opérant sur les bancs. Aujourd?hui, elle n?en a que deux à cause de ces contraintes, sans compter les deux achetés pour la pêche au thon.

«Sur les bateaux japonais, par exemple, il y a des équipages indonésiens, philippins et sri lankais. Ces conditions sont bien trop rigides. Il y a des équipements que les autorités nous demandent d?installer sur les bateaux, et qui ne seront peut-être jamais utilisés. Il faut beaucoup plus de souplesse de la part des autorités.»

Mais du côté des autorités, pas question de transiger quand il s?agit de la sécurité à bord des navires. Surtout en raison des drames survenus en mer à bord de bateaux de pêche mauriciens, causant des pertes en vies humaines.

«Nous ne sommes pas contre les études. Mais la lenteur administrative nous décourage parfois. Cela fait presque un an que mes deux bateaux attendent en rade pour pouvoir commencer leur campagne de pêche. Mais, avec tous ces problèmes, il se pourrait qu?un des deux bateaux batte pavillon étranger. C?est regrettable. Or, si ces contraintes sont enlevées, d?autres compagnies n?hésiteront pas à s?adonner à la pêche au thon », fait ressortir Ah Kin Ip Kwok Sheung.

Une opinion que partage Hemraz Ghina, directeur général du National Cold Storage et propriétaire de trois bateaux de pêche opérant sur les bancs. Alors que Christophe Talbot, directeur de la Compagnie thonière de l?océan Indien (CTOI) ? compagnie qui est un partenariat entre le groupe Ireland Blyth et la famille Talbot ? compte plutôt rester dans la pêche de poissons des grands fonds, le sacréchien et la gueule pavée. La CTOI est propriétaire d?un bateau et assure la gestion d?un autre. Ses prises sont destinées en partie à l?exportation alors qu'une autre partie est écoulée sur le marché local.

«Mais nous pouvons imaginer combien le secteur seafood pourrait rapporter à l?économie du pays s?il y avait davantage d?entrepreneurs mauriciens qui s?adonnaient à la pêche au thon, surtout si nous faisons de la valeur ajoutée», dit Hemraz Ghina.

«L?intérêt d?investir est là, ajoute-t-il. Nous avons l?idée d?acheter un quatrième bateau, mais, pour cela, il nous faudra de la main-d??uvre qualifiée pour les thoniers afin d?assurer la viabilité de l?entreprise. Cette main-d??uvre, on n?en trouve pas à Maurice.»

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