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La privatisation de France Télécom finalisée
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La privatisation de France Télécom finalisée
Il y a quatre ans, France Télécom participait à la privatisation de Mauritius Telecom en achetant 40 % de l’actionnariat de l’Etat. Aujourd’hui, c’est au tour de l’opérateur français d’être privatisé. Le gouvernement français avait tout prévu mais il restait à savoir quand et comment.
Le ministère français de l’Economie a mis fin au suspense hier en annonçant une opération de cession de 9,6 % à 12,1 % du capital qu’il détient dans France Télécom. Au cours actuel, ce placement va lui rapporter entre Rs 168 milliards et Rs 212 milliards. Cet argent sera affecté au désendettement de l’Etat français et des administrations publiques.
“L’Etat réalisera une plus-value. Cela lui permettra de rembourser sa dette, de désendetter la France et de donner à l’entreprise la souplesse de gestion dont elle a besoin”, a expliqué Nicolas Sarkozy, ministre français de l’Economie.
La privatisation de France Télécom ne devrait pas changer ses relations avec Mauritius Telecom. Le partenariat stratégique franco-mauricien est régi par un accord en béton signé en novembre 2000. L’opérateur français veut toutefois augmenter sa participation dans Mauritius Telecom.
Frôler la faillite
France Télécom compte 40 % des actions de l’opérateur mauricien. Elles ont été acquises de l’Etat en novembre 2000 pour Rs 7,3 milliards. Les autres actionnaires sont l’Etat mauricien avec 41 % (en incluant les 6,55 % du National Pension Fund) et la State Bank of Mauritius (19 %).
A l’heure de la privatisation de Mauritius Telecom, France Télécom était l’entreprise la plus endettée au monde. Une situation occasionnée par la fin du boom technologique. En 2002, elle a même frôlé la faillite avec des dettes totalisant 75 milliards d’euros et une perte record de 20,7 milliards d’euros.
Depuis sa nomination au poste de président-directeur général, Thierry Breton a rétabli la santé financière de la société. A tel point que la presse économique internationale le qualifie de “magicien de la restructuration”. L’Etat français, qui a grandement aidé à remettre la société sur de bons rails, veut maintenant capitaliser sur ses investissements.
Contraintes budgétaires
A l’issue de l’exercice de privatisation, la participation de l’Etat français dans France Télécom passera sous la barre symbolique de 50 %. Nicolas Sarkozy a justifié cette cession qui était anticipée depuis la suppression, à la fin de l’année dernière, de la disposition législative qui interdisait à l’Etat de détenir moins de 50 %. La compagnie était déjà une société anonyme de droit privé depuis sa privatisation partielle en 1997.
Désormais, le gouvernement français détiendra directement et indirectement entre 41 % et 43,5 % du capital de France Télécom. Les analystes financiers, interrogés par Reuters hier, ont été surpris par la rapidité de la cession. “C’était attendu mais le gouvernement a profité de la première fenêtre disponible pour se lancer. Cela veut dire que les contraintes budgétaires de l’Etat ont été prioritaires”, a dit un expert d’une banque française. Les syndicats représentants les salariés de France Télécom ne sont guère impressionnés par la décision de l’Etat français. “Quand la crise financière a secoué tout le secteur, France Télécom, potentiellement en faillite, n’a résisté que par la présence de l’Etat. La situation est déjà difficile pour les salariés : conditions de travail aggravées, stress, maladies, désespoir, du fait des suppressions d’emploi, des restructurations incessantes, des mobilités forcées. La privatisation totale ne peut qu’aggraver cette situation”, a déclaré un délégué du syndicat Sud-PTT.
Après tout, la société de télécommunications est un véritable symbole en France. Tout changement au statut des employés ou à leurs conditions de travail se retrouve au centre de controverses. Une fois n’est pas coutume, ce sont les hauts cadres de Mauritius Telecom qui assisteront aux vifs échanges prévus. Avec le sourire et aux premières loges.
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