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La priorité, créer une plateforme pour attirer les investisseurs
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La priorité, créer une plateforme pour attirer les investisseurs
?<B> Comment jugez-vous la performance de l?économie en 2004? </B>
Les derniers chiffres ne sont pas encore sortis mais on prévoit un taux de croissance de 4 à 4,5 %, soit un taux inférieur à ce qui avait été initialement prévu au début de l?année dernière.
Dans le contexte économique actuel, c?est assez honorable. Mais à l?avenir, il faudra trouver de nouveaux créneaux pour propulser la croissance à des niveaux plus importants.
?<B> Quels sont ces créneaux qui sont les plus porteurs ? </B>
Même parmi les secteurs traditionnels, il y en a ceux qui ont un potentiel plus important. Le tourisme en est un exemple. 2004 avait démarré laborieusement pour ce secteur mais à partir de septembre les choses sont allées nettement mieux. Je suis confiant qu?avec la récente construction des nouveaux hôtels, le tourisme pourra contribuer davantage à la croissance.
Sans vouloir paraître cynique, je pense que Maurice pourra bénéficier de l?impact du raz-de-marée en Asie. Nous avons déjà enregistré une demande plus importante. Cela pourrait durer sur le premier semestre au moins.
Pour en revenir à la question, je pense qu?il faut se dire qu?on ne va pas créer un nouveau secteur capable à lui seul de créer 10 000 emplois. Il n?y aura pas de nouvelle zone franche. Mais il y a des opportunités dans beaucoup de créneaux liés aux technologies de l?information, et des communications (Tic). Il n?y a pas que les centres d?appels. L?externalisation peut donner des débouchés dans des domaines comme la médecine ou l?éducation.
Il faut identifier les créneaux où nous avons une certaine compétence et créer une plateforme compétitive pour attirer les investissements locaux et étrangers. Il faut mettre sur place une plateforme qui permet de faire avancer et aboutir les projets.
?<B> La politique d?octroi de permis fait toujours obstacle?</B>
Nous avons un problème de bureaucratie. Il y a un champ trop large de pouvoirs discrétionnaires. Un investisseur ne peut pas savoir d?avance s?il va avoir son permis et dans quel délai. Les pouvoirs discrétionnaires génèrent de l?incertitude.
Il convient d?éliminer au maximum les règlements qui ne sont pas nécessaires. Il faut des policy guidelines qui soient claires. Un investisseur doit au départ même savoir ce qui est requis et ce qu?on attend de lui. Il doit pouvoir se dire que s?il remplit les conditions préalables, il aura son permis. Si nous réussissons cela, ce n?est pas juste le climat d?investissement qui s?améliorera. Il fera beau en plus.
?<B> Comment se présente 2005 ? </B>
Sur le plan mondial, la croissance sera meilleure qu?en 2004. Sur une base sectorielle, le textile va connaître une année difficile. Quel sera l?impact de l?abolition des quotas ? Difficile à dire. Toutefois, je pense que si l?impact devait être très négatif, on l?aurait déjà senti. J?espère que nous n?aurons pas de mauvaises surprises. La dérogation à la clause du third country fabric est un sursis. D?un autre côté, l?euro est à un bon niveau.
Au niveau des Tic, on voit un momentum se développer. La cybertour est déjà quasiment remplie et d?autres bâtiments similaires seront construits. Si les investissements locaux et étrangers continuent à affluer, cela peut faire boule-de-neige.
?<B> Craignez-vous que l?ambiance des élections générales pèse sur l?activité économique cette année ? </B>
J?espère que non. Mais c?est vrai que dans une année électorale, il y a certaines décisions qui prennent plus de temps. Il faut que le débat politique et économique reste positif. De toute façon, sur le plan économique, Maurice n?a pas beaucoup d?option. N?importe quel parti qui arrivera au pouvoir sera obligé de poursuivre sur la voie tracée. On peut au moins être d?accord là-dessus.
?<B> Quel sera le principal message du Joint Economic Council lors de la première réunion de l?année vraisemblablement au début de février avec le gouvernement ? </B>
Nous préparons justement un agenda sur ce que nous pensons être les priorités économiques et sur lesquelles il faudrait un consensus.
Le document n?est pas finalisé encore mais comme je l?ai dit plus haut, une des priorités est de créer une plateforme efficiente pour attirer les investisseurs qui ont un savoir-faire. Il nous faut attirer les compétences d?où la pertinence du débat sur l?ouverture de Maurice au reste du monde. Il faut faciliter l?accès aux entrepreneurs et aux compétences.
Il est important de trouver de nouvelles raisons pour attirer les investisseurs. Il faut développer de nouveaux arguments. Pour atteindre un taux de croissance de 7 à 8 %, il faut une vision différente basée sur l?ouverture.
Les locomotives de la croissance cela n?existe plus. Il faut une plate-forme pour attirer les investissements dans tous les domaines. Cette plateforme générique d?incitations inclus des aspects comme une fiscalité allégée, un système régulateur, indépendent et efficient, et des coûts de télécommunications compétitifs.
Bref, il faut vendre une plate-forme efficiente et compétitive, pas un secteur comme on l?a fait jusqu?ici. Les incitations sectorielles sont dépassées.
?<B> Il y a de fortes résistances à cette ouverture que vous prônez?</B>
C?est une attitude d?îlien. Ce n?est pas évident pour un étranger d?avoir un permis de travail. Il est plus facile d?avoir un permis pour des low skills jobs que pour les high skills jobs. Ce n?est pas normal. Il n?y a aucune raison d?être méfiant. Si on fait venir un étranger c?est parce qu?il a des compétences qui n?existent pas à Maurice. Si on les fait venir c?est parce qu?on ne peut pas faire autrement.
Nous sommes condamnés à changer d?attitude. Le flux de ressources humaines va être critique pour notre développement futur qui dépendra sur de nouvelles investissements dans le secteur des services. Si n?avons pas les compétences, il faudra les faire venir. On ne peut pas limiter notre croissance économique aux compétences et ressources humaines disponibles localement aujourd?hui.
?<B> Où en est-on avec la restructuration de notre économie? </B>
C?est un processus permanent. La réussite de cette restructuration dépendra de la vitesse à laquelle on développera de nouveaux secteurs et une nouvelle génération d?entrepreneurs. En Europe 65 % des nouveaux emplois ont été créés dans les petites et moyennes entreprises (PME). A Maurice également, le potentiel de création d?emplois se trouve dans les PME. Mais tout dépend de ce qu?on veut faire pour aider ce secteur. Je pense qu?avec la création d?Enterprise Mauritius il y aura un soutien accru pour les PME.
On peut également imaginer de cibler les PME étrangères et les inviter à s?installer à Maurice. Mais il ne faut pas les effaroucher avec notre bureaucratie. Une PME n?a pas les moyens pour passer des mois et des mois dans les couloirs de notre administration.
Maurice a beaucoup d?attraits non économiques aussi surtout pour des petits investissements dans le secteur des services. Il y a des activités qui peuvent se faire partout mais Maurice peut mettre en avant son cadre de vie pour attirer ce type d?investissement.
?Il est important de trouver de nouvelles raisons pour attirer les investisseurs. Il faut développer de nouveaux arguments. Pour atteindre un taux de croissance de 7 à 8 %, il faut une vision différente basée sur l?ouverture.?
<I> Propos recueillis par</I> <B>Stéphane saminaden</B>
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